Archive pour le 19 janvier, 2016

Evitons les soucis

19 janvier, 2016

« Je me cherche un nouvel amant ? Est-ce que ça vous intéresse ? »

« Non, pas vraiment. »

« Dites tout de suite que je suis moche. »

« De toute façon, le problème n’est pas là. Le problème, c’est que les trucs à 3, ça se finit toujours mal. Je n’ai pas envie de me retrouver aux assises pour avoir massacré votre mari dans une crise d’énervement, ni l’envie d’être massacré non plus d’ailleurs. »

« Euh… on est pas là… »

« Peut-être, mais je préfère anticiper les ennuis. Vous allez me demander de choisir entre vous et ma femme. Choisir, c’est un truc qui me fatigue, rien que d’y penser. »

« Je vois ce que c’est … un petit peu lâche, comme tous les hommes ! »

« Si éviter les problèmes sentimentaux, c’est de la lâcheté, je veux bien. En attendant, je préfère ma tranquillité d’esprit. D’autant plus que je me culpabilise très vite. »

« Pff… vous n’êtes pas marrant. Vous ne pourriez pas vous ficher de tout, comme tout le monde ? »

« Euh, je veux bien m’en foutre…. Mais en gardant ma sérénité. »

« Bon… alors vous allez m’obliger à chercher un autre amant. Vous vous rendez compte, vous condamner ce pauvre homme à beaucoup d’ennuis. Vous pourriez être solidaire et vous dévouer. »

« Demandez donc aux autres de se dévouer pour moi, je n’y vois aucun inconvénient. »

« Vous savez que la fidélité est un très vilain défaut. Vous risquez d’être surpris quand un autre homme se dévouera pour être l’amant de votre femme.»

« Vous avez peut-être raison, mais j’ai le sens du devoir. »

« Vous avez fait le compte de tous vos devoirs : vous devez être un bon mari, un bon père, un bon employé, un bon citoyen, un bon consommateur… Vous n’avez pas envie d’être un peu mauvais de temps en temps. »

« J’avoue que ça m’intéresserait, je ne l’ai jamais fait. Finalement, j’ai eu une enfance dure, on ne m’apprenait qu’à faire des choses bien. »

« Et voilà ! C’est comme ça qu’on rate sa vie. Comment peut-on distinguer le bien du mal, si on n’expérimente jamais le mal ? »

« C’est intuitif. »

« Oui, mais du mal peut surgir un bien. Par exemple, si vous mangez trop de chocolat alors que c’est mauvais pour la santé, vous pouvez trouver du plaisir. »

« Pff.. si la vie n’était pas si compliquée, on vivrait moins stressé. Dans le doute, j’applique le principe de précaution : je ne vais pas manger du chocolat avec vous. »