Archive pour le 18 août, 2015

Vive les vacances !

18 août, 2015

« Dugenou ! Vous devez prendre vos vacances, c’est obligatoire ! »

« Vous n’y pensez pas, avec tous les dossiers que j’ai sur le feu ! « 

« Justement ! Vous allez prendre vos vacances et constater que vos dossiers ne se portent pas plus mal quand vous n’êtes pas là. »

« Si je comprends bien, c’est une menace pour me faire prendre conscience de mon inutilité ! »

« Si vous voulez ! Si ça peut vous rassurer, vous pourrez toujours traiter vos affaires sur la plage avec votre Smartphone, ça va énerver votre famille et bien vous pourrir vos congés. »

« Pff… Je n’aime pas bien vos vacances. Pour ne pas souffrir au bord de l’eau, je vais être obligé de me dépêcher de conclure toutes les affaires avant de partir et je travaille mal dans la précipitation. »

« Je m’excuse de vous payer trois semaines de congés. »

« C’est dur pour moi, en effet. Pendant la première semaine, je vais me demander si je n’ai rien oublier d’important. Et une semaine avant la fin, je vais être obligé de soupirer en pensant à la rentrée. En vérité, pour trois semaines, j’ai peut-être une semaine pour me reposer. »

« C’est déjà pas si mal ! »

« Enfin quand je dis ‘me reposer’…. Ce n’est pas sûr. Avec Chantal, il faut partir loin, visiter des monuments, marcher à pieds… c’est crevant ! »

« Si je comprends bien après vos vacances, il vous faudrait des congés. »

« Oui, d’autant plus qu’en rentrant, je vais être submergé par le travail qui s’est accumulé pendant trois semaines, j’aurais bien besoin d’un peu de repos. Il faudrait respecter un peu mieux mon rythme de travail. »

« C’est tout ? »

« Non, au retour de vacances, il y a aussi un moment que je redoute. Il faut raconter aux collègues ce qu’on a fait pendant trois semaines. En enjolivant un peu, pour qu’ils croient que j’ai passé de bonnes vacances. »

« Dites-leur que c’était des vacances navrantes ! »

« Ils vont me déconsidérer et ne plus me parler. Pour être bien intégré dans l’équipe, il faut forcément passer de bonnes vacances. Très loin. Au Pakistan ou en Patagonie, c’est le minimum. Passer trois semaines au Grau-du-Roi est une grave erreur, rester chez soi est une infamie. »

« Et alors ? C’est bien de voyager ! »

« Non ! Tout ça me stresse ! A quelle heure est l’avion ? Qui nous mène à l’aéroport ? T’es sûre que mes maillots de bains sont dans les valises ? Qui nous attend à l’arrivée ? On a bien réservé ? Et les passeports, on a les passeports ? T’es sûre qu’il n’y a pas de grève des contrôleurs du ciel ? »