Archive pour le 3 mai, 2015

Les voyages

3 mai, 2015

« Vous avez remarqué ? Nous sommes dans une société où il faut aimer les voyages. Avoir envie de rester à la maison, c’est mal. »

« Oui, il faut connaître d’autres populations pour s’ouvrir l’esprit. Qu’est-ce que vous voulez apprendre chez vous ? »

« Moi, j’ai une riche vie intérieure que je n’ai pas fini d’explorer. »

« Peut-être, mais en attendant, vous passez pour un benêt. Vous ne connaissez rien d’autre que le canapé de votre salon. »

« Je suis à la recherche des raisons de mon existence. Ce n’est pas en faisant la queue au guichet des gares ou des aéroports que je vais les trouver. »

« Et quand vous aurez découvert le motif pour lequel vos parents vous ont mis sur terre, qu’est-ce que vous comptez en faire ? »

« Je serai content et fier de moi. Enfin…. Plus que de coucher deux ou trois nuits dans un aéroport en attendant la fin de la grève des avions. »

« Certes, il y a des impondérables dans la vie de tous les jours, mais justement, c’est ça la vraie vie. Vous êtes dans le courant d’un fleuve dont vous ignorez l’origine et la destination, et vous n’avez pas d’autre choix que de ramer comme vous pouvez. »

« Euh…moi, je préfère être sur la rive et regarder les autres pagayer. »

« Ce n’est guère courageux. Et puis vous ne favorisez pas l’industrie touristique, ni l’économie de certains pays pauvres qui ont besoin de l’argent des touristes. »

« « Et voilà, j’en étais sûr ! Quand on refuse de s’insérer dans un système mercantile, on a forcément tort. Moi, j’ai des réflexions sur la vie qui n’ont pas de prix. »

« Il y a des philosophes qui voyagent, même en rencontrant des difficultés. Je dirais même que, plus leur voyage est difficile, plus ils sont contents puisque ça leur donne matière à réflexion. Un voyage qui se passe trop bien, n’est pas un vrai voyage. Vous n’avez rien à raconter en rentrant. C’est comme si vous étiez dans votre fauteuil, mais ailleurs. »

« Moi, j’aime autant être dans mon fauteuil, mais chez moi. »

« Vous ne comprenez rien. S’il était possible de découvrir la raison d’une existence humaine, il y a longtemps que ça se saurait. En restant chez vous, vous êtes inutile à la collectivité et à vous-même. Vous ne découvrirez rien du tout, sinon votre profonde affection pour l’oisiveté. »

« Nous y sommes ! Ce que j’aime, c’est l’oisiveté. Le reste me fait mal partout. Pour voyager, il faut penser à beaucoup trop de choses : passeport, billets, vaccins, vêtements chauds, qui va m’emmener à l’aéroport, etc…… Pourquoi les gens aiment-ils se faire du mal ? »

« Parce qu’ils ont envie d’explorer les limites du monde avant de mourir. C’est fatigant, mais c’est enrichissant, on devient plus intelligent. Enfin… plus que vous avec votre vie intérieure. »

« Je peux les inviter sur mon divan, nous pourrions discuter de leur vie. »

« C’est beaucoup moins exotique et excitant qu’une promenade en plein désert à dos de chameau. A portée de fusil des rebelles. »

Leçon de solfège

3 mai, 2015

Malgré son mal de dos,

Maurice vit sur l’île de Ré

Où il nourrit les oiseaux de mie de pain.

Maurice n’est pas un fat.

Parfois, il s’étend sur le sol

Car il est las

De pêcher des poissons-scies

Dans un baquet d’eau.