Archive pour le 12 avril, 2015

Les quatre saisons

12 avril, 2015

« Je ne suis pas tellement favorable au printemps. »

« Pourquoi ? C’est curieux comme position. Le printemps est une saison agréable. Il marque la fin des mauvais jours. On respire. La nature verte reprend ses droits. Les petits oiseaux sont heureux, eux, de chanter et de folâtrer entre les arbres. »

« Peut-être, mais je n’aime pas les choses mi-figue mi-raisin. Au printemps, je ne sais jamais comment je vais me fringuer. Un jour il fait beau, le lendemain il pleut sans prévenir ! »

« C’est normal, c’est le moment où les plantes se régénèrent. Il leur faut donc du soleil et de la pluie. N’oublions pas que le printemps fait partie d’un cycle. »

« Euh… peut-être, mais quand il fait beau, on est sur le point de croire que les vacances ne sont pas loin, ce qui est trompeur. Il faut encore bosser dur jusqu’au mois de juillet. »

« Donc vous préférerez directement vous retrouvez en été ? »

« Bin… à condition qu’il ne pleuve pas tous les jours, auquel cas je serai obligé de déclarer la saison pourrie. Ni qu’il fasse trop chaud parce que tout le monde va s’effondrer en disant : quelle chaleur ! Ce qui m’énerve prodigieusement puisque je suis au courant. »

« Mais enfin, l’été c’est le temps des vacances, la liberté… »

« Justement… Ce qu’il y a de plus douloureux dans l’été, c’est sa fin. Vous aimez vous le mois de septembre qui sonne la fin de votre espace de liberté ? »

« Euh… non pas tellement ! Mais ce n’est pas une raison pour sacrifier l’été ! J’ose à peine vous parler de l’automne. »

« C’est encore pire que le printemps. En automne, le temps est encore doux, pour vous narguer : vous n’êtes plus en été, mais on essaye de vous le faire regretter. Et puis, comme si ça ne suffisait pas, la nature dépérit. On a l’impression qu’un monde s’en va. Vous ne pouvez pas vous imaginez le cafard que j’ai. »

« Si, si, je commence à comprendre. Mais enfin l’automne fait naître des couleurs flamboyantes dans nos campagnes. Qu’est-ce que ça vous inspire ? »

« Pas grand-chose. C’est comme un dernier soupir avant la fin. C’est plutôt triste. Sans compter le boulot que se tapent les agents municipaux pour ramasser les feuilles mortes. Et les gamins qui ont de la peine à retrouver le chemin de l’école après que l’été leur ait fait croire à une liberté éternelle. »

« Bon, je m’attends au pire pour l’hiver. »

« Non l’hiver, j’aime bien. C’est la saison la plus pourrie, mais au moins elle ne vous trompe pas. Vous vous pelez de froid et rien n’y fera, c’est comme ça. Je peux rester tranquille sous ma couette sans culpabiliser comme en été. Plus personne n’a besoin de ramasser les feuilles mortes enfouies sous la neige. Certes les agents de voirie ont du boulot, mais les gamins peuvent jouer à se lancer des boules dans la figure en poussant des cris joyeux. A part ça, la saison ne vous laisse rien espérer d’agréable. »