Archive pour le 16 décembre, 2014

Nous et les robots

16 décembre, 2014

« L’avenir sera rempli de robots. »

« Oui, et sera rempli de chômeurs aussi. Un taux de chômage à 10 % sera considéré comme une bénédiction. »

« Ceux qui sont contre les robots aujourd’hui sont ceux qui jetaient les métiers à tisser dans le Rhône hier. Il y a un truc qui s’appelle le progrès technique, il faut savoir s’adapter, y compris et surtout en changeant ses habitudes.

« Moi, il y a cinquante ans que je m’adapte. Le monde ne s’adapte pas souvent à moi. »

« Si. Vous bénéficiez de nouvelles technologies comme tout le monde : l’écran plat, le robot ménager, le portable… »

« Euh… je ne suis pas sûr d’être plus heureux pour autant. Et avec vos robots presque humains, ça ne va pas s’améliorer. Qu’est-ce qu’il va me garantir qu’ils ne vont pas me maltraiter ? »

« Il faudra leur mettre en place des limites. Peut-être faudra-t-il les élever comme des enfants, les mettre à l’école des robots. »

« Ils vont eux-mêmes faire des enfants. Vous vous rendez compte. Bientôt nous ne serons plus chez nous sur cette Terre. »

« Ne faisons pas de science-fiction. Pour le moment, c’est nous qui les maîtrisons. Et puis, je ne suis pas sûr qu’ils auront un jour notre degré d’intelligence. »

« Vous n’en êtes pas certain, ça ne me rassure pas. Je supporterai assez mal qu’un robot plus intelligent que moi, mette son nez dans mes affaires. Finalement la question c’est de les maintenir en esclavage. Mais en général, ça se termine mal, les esclaves, ça se révolte. »

« Sauf que les robots, ça ne se fatiguent pas. »

« Ah, on a inventé des matériaux qui ne s’usent pas ? Et puis, il y a aussi la fatigue nerveuse. Le jour où mon robot personnel en aura marre de faire mon lit tous les jours, il va me faire des histoires. Je serai obligé de me faire mon petit déjeuner moi-même et peut-être le sien aussi. »

« Allons, allons ! Un robot n’aura jamais d’âme encore moins d’amour-propre. Il faudrait d’abord qu’on réussisse à construire les algorithmes correspondants et par conséquent  qu’on découvre les mystères de l’âme humaine. Si vous relisez tous les écrivains qui se sont penchés sur la question depuis la nuit des temps sans trouver la clé, vous pouvez être tranquille…

« Euh… je ne suis toujours pas rassuré. Les hommes ont une puissance de raisonnement limité, c’est pour ça qu’ils ont deux mille ans à se mettre à l’ère du numérique. Des cerveaux électroniques qui auraient été mis sur terre à l’époque de Jules César auraient été beaucoup plus vite. Nous sommes très lent, moyennement intelligent et c’est tant mieux. »

« On a longtemps patiné, mais tout s’accélère. En 100 ans, on a découvert l’électricité, la voiture, les rasoir électrique, le téléphone portable … »

« D’accord, mais ce sont des choses qui ne sont pas autonomes. On peut encore appuyer sur un bouton pour les mettre hors service. J’ai encore la liberté de marcher à pied au lieu de prendre la voiture ou bien de ne pas me raser. »

« Bon, alors vous me la prenez ma tondeuse à gazon télécommandée. »

« Oui, mais je prends le modèle de base ; celui qui ne replante pas le gazon après l’avoir coupé. »