Vive la paresse ?

« La flemme est le moteur principal de l’action. C’est parce que les gens sont paresseux qu’on a inventé tout un tas de trucs qui font marcher le commerce. »

« Par exemple. »

« Le post-it qui a été créé pour ne pas se fatiguer à se rappeler un tas de choses plus ou moins utiles : passer au pressing, appeler sa maman, acheter des timbres etc… Et puis il y a pire : le post-it permet de se dispenser de prendre des gants pour communiquer avec autrui. Quand je veux que ma femme me fasse un poulet pour ce soir, je lui laisse un post-it sur la porte du frigo … »

« Ce n’est pas seulement de la paresse, c’est de la lâcheté… »

« Oui, c’est un peu pareil. Pour ne pas être lâche, il faut ne pas être paresseux. Les nouvelles technologies nous évitent très bien ce genre de déboires. Il est bien plus facile d’engueuler quelqu’un par mail qu’en face-à-face. Pour en revenir à la paresse créatrice de nouveaux produits, les exemples abondent. Ainsi la salade en sachet. Il est vrai que laver la salade n’est pas une activité très agréable : l’eau fait froid aux mains et on n’est jamais sûrs d’un résultat impeccable. »

« C’est vrai. Mais s’il s’agit de s’éviter des travaux désagréables, pourquoi devrait-on se plaindre du progrès ? Par exemple, je ne me vois pas revenir aux mouchoirs en tissu avec obligation de les laver quand ils sont bien sales ! »

« Nos arrières grand-mères le faisaient. On pourrait se donner la peine d’entretenir des objets au lieu de les jeter, par exemple les rasoirs jetables. »

« Ah ! Voilà l’écolo ! »

« L’écolo et le gastronome. Je vous passe l’invention du fast-food qui dispense de se faire la cuisine quand on en n’a pas le courage. »

« Là c’est la faim conjugué à la paresse humaine qui sont collectivement responsables. On est aux bords de l’animalité. »

« Euh…  ça va encore plus loin. La paresse atteint notre capacité de réflexion. Si la télé-réalité triomphe sur le petit écran, c’est parce qu’on est sûr qu’il n’y a rien à comprendre. On regarde des images sans avoir à se fatiguer les neurones, puisqu’il n’y a rien qui titille la réflexion. »

« Pour le foot, c’est un peu pareil… »

« Ah, pardon ! Pour le foot, il y a un élément dramatique qui intervient ! »

« Euh… on trouve toujours quelque chose pour justifier sa propre paresse. Par exemple, le téléphone portable ! Les fanatiques estiment avoir quelque chose à dire toutes les cinq minutes à n’importe qui, ça les dispense d’analyser cette nécessité qui les taraude d’avoir des spectateurs de leurs propres états d’âme. »

« C’est vrai qu’il faut du courage pour se demander qui on est, pourquoi on est là et quel est le sens de tout ce qui nous entoure. »

« Heureusement que le progrès nous aide à ne pas nous embêter la vie avec ce genre de questions. Justement, avez-vous reçu mon mail ? »

Une Réponse à “Vive la paresse ?”

  1. 010446g dit :

    VRAI! On trouve toujours quelque chose pour justifier sa propre paresse!

    Dernière publication sur le radeau du radotage : radotage: avant le mariage

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