Est-ce que je décide encore de quelque chose ?

« Moi, toutes mes dépenses sont mensualisées, gérées par prélèvement automatique.  C’est pratique. »

« Oui, comme ça, vous finissez par oublier ce que vous payez en électricité, en impôts, pour vos vacances, etc… Il n’y a plus que votre banquier qui sait comment vous vivez. »

« Euh… oui, mais je dégage du temps de libre … »

« Pour faire des achats supplémentaires qui sont réglés par votre banquier. En fait, le banquier, c’est votre conscience habillée d’un costard cravate, assis derrière un bureau et qui vous est accessible quand il n’a rien d’autre à faire. »

« Euh… pardon… il y a un service 24 heures sur 24… ; »

« Par des plates-formes téléphoniques qui sont tout le temps embouteillées ou alors qui vous distillent des messages sensés vous orienter sur la bonne solution, mais dont aucun ne correspond à votre problème du moment. Si bien que vous êtes finalement obligé de prendre rendez-vous, sur votre temps de loisirs bien entendu. Je vous dis que c’est votre banquier qui gouverne votre vie par toutes sortes de moyens insidieux. »

« Mon banquier est un homme très affable… »

« Qui sait mieux que vous ce que vous faites. Et comme en plus vous lui avez souvent emprunté de l’argent, c’est lui qui vous tient. C’est votre maitre à penser et surtout à agir. Et en plus, vous le rémunérez largement pour lui abandonner votre libre-arbitre. »

« Euh… n’exagérons pas… »

« Le seul moment où vous pourriez avoir la conduite du débat, c’est quand vous avez – par hasard – un peu d’argent de côté. Mais là, il va vous en prendre la majeure partie pour vous éviter d’en faire mauvais usage. »

« Comment ça ? Mais c’est mon argent ! »

« Euh… non. Il vous propose un placement à un taux d’intérêt ridicule qui devient d’autant plus mince qu’il est diminué des frais de gestion, des impôts et de l’inflation… A la fin, vous ne prêtez pas aux banques, vous leur faites cadeau d’une partie de votre patrimoine. »

« Alors qu’est-ce que je fais ?… »

« Nos ancêtres vivaient en autosubsistance grâce à leur jardin et cachaient leurs économies dans une pile de draps. Bref, ils géraient eux-mêmes leurs existences, comme des grands… »

« Et le progrès ? Qu’est-ce que vous en faites ? »

« Vous avez raison. On a provoqué du progrès et nous vivons mieux sur le plan matériel, mais en contrepartie, il a  fallu abandonner la gestion de nos avoirs aux banques, notre souveraineté populaire aux politiciens, nos opinions aux médias et notre santé aux spécialistes médicaux. C’est à se demander si on peut encore décider de quelque chose nous concernant. »

« Euh… tout de même, je peux encore décider de mon programme de télé ! »

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