Archive pour août, 2014

Bouts à bouts

11 août, 2014

Nous sommes des bouffons.

Bougeons-nous !

Sinon, nous allons attraper le bourdon

Ainsi que des boutons.

Le printemps est là avec ses bourgeons

Et, sur la route, des bouchons.

Ne boudons pas.

Ne soyons pas bougons.

Sur les CRS, lançons des boulons.

Encore la difficulté de vivre

10 août, 2014

« Vous n’avez jamais un sentiment d’étouffement devant la vie que nous menons ? »

« Euh… parfois, mais si vous commencez à vous laisser impressionner par toutes les petites choses emmerdantes de l’existence, vous ne vivez plus. »

« Vivre c’est aller de compromis en compromis. Par exemple, tous les matins, vous êtes obligé de vous serrer dans le bus ou le métro contre un individu que vous ne connaissez pas ou qui sent éventuellement mauvais. »

« Vous n’avez qu’à la haïr à cet instant. D’ailleurs, il est probable qu’il vous hait aussi en cet instant. Il faut rendre coup pour coup. »

« Et quand votre chef de service rabroue toutes vos initiatives, vous n’avez pas cette sensation de suffocation qui vous prend à la gorge ? Moi c’est l’impression que j’ai quand j’ai Dumolard sur le dos. »

« Là, on n’est même plus dans le compromis, on est dans la soumission bestiale. »

« Oui, vous avez raison. Il faut au moins conserver sa faculté à passer des compromis. Vous n’avez que deux solutions si vous ne voulez pas sombrer dans l’animalité : assassiner votre chef de service ou bien accepter les règles de la société pour devenir chef à votre tour et torturer vos subalternes. »

« C’est gai, votre truc. Moi, j’aime mieux tuer personne et passer des compromis sans me rendre compte que ce sont des compromis. Il peut y avoir aussi des compromis heureux. Quand j’ai épousé Ginette, j’ai abandonné ma liberté de jeune homme, mais j’étais content de le faire. »

« Et ça n’a pas duré…»

« Non. Il faudrait passer des compromis révisables. Sinon, ça s’appelle un piège. »

« Moi, j’ai du mal à faire semblant de ne pas m’apercevoir que je passe mon temps à faire des compromis, c’est de là que me vient cette sensation d’étouffement.. »

« Essayez de vous dire que vous vous en fichez complètement. Par exemple, quand votre chef vous casse les pieds, vous mettez en marche votre pilotage automatique et vous faites ce qu’il veut en pensant à quelque chose qui vous fait plaisir. C’est très important d’avoir un pilotage automatique… Si vous n’en avez pas, c’est que vous volez sur un ancien modèle… »

«Vous avez sans doute raison. Je suis sur un avion du temps de l’aéropostale, tout est manuel, on est seul responsable de ce qu’on fait. C’est pour ça que j’arrive épuisé à destination, enfin quand j’y arrive… »

« Oui, je vais vous donner des leçons de pilotage automatique, c’est très reposant. Vous pouvez aller d’un point à l’autre sans vous poser trop de questions. Vous ne vous fatiguez pas et vous ne fatiguez pas les autres. C’est gagnant-gagnant. »

« Euh… je veux bien piloter un airbus… mais est-ce qu’on est plus heureux dans un airbus que dans un vieux coucou ? »

Nos mauvais poèmes

9 août, 2014

Jules aurait voulu être barbouze

Dans sa ville de Toulouse.

Il avait douze

Epouses

Très jalouses,

Car il aimait les partouzes.

Il portait toujours la même blouse

Pour, dans les prés, ramasser des bouses.

Ses femmes lui disaient : c’est la loose !

Notre rubrique cuisine

8 août, 2014

La chevelure poivre et sel de Maurice est bien connue.

Sa réputation d’excellent cuisinier fait tache d’huile.

Il a remporté beaucoup de lauriers dans des concours.

Ça a mis du beurre dans ses épinards.

Il a désormais beaucoup d’oseille

Pour pimenter sa vie.

Quand on lui en parle : aïe ! aïe ! aïe !

La moutarde lui monte au nez.

Il vaut mieux partir en faisant vinaigre

Car ce n’est pas nos oignons.

Se parler

7 août, 2014

« Vous me parlez là ? »

« Oui, ça vous dérange ? »

« Un peu. Je n’aime pas trop, ça me fait peur. Je n’ai plus tellement l’habitude : même mon voisin de bureau s’adresse à moi par mail. »

« C’est curieux. »

« Non, plus personne ne me parle. Dans la rue, les gens ne me demandent plus leur chemin, ils ont tous un GPS. On ne me réclame plus de feu non plus car il est de plus en plus interdit de fumer. Tout le monde a l’heure sur son téléphone portable, on ne peut même plus aborder les passants pour consulter leur montre. »

« Vous avez raison. J’étais justement en train de me demander ce que je pourrais vous demander. »

« Ne vous donnez pas trop de peine, vous n’avez qu’à consulter facebook ou google, vous saurez tout sur moi. »

« On pourrait se demander réciproquement nos noms et prénoms, ce serait plus facile pour activer les recherches. »

« Oui, c’est une bonne idée. Je pourrais vous dire que vous avez un joli prénom, vous me diriez que le mien n’est pas mal non plus. Nous pourrions avoir cinq minutes de conversation sur cette base. »

« J’espère que vous ne vous prénommer pas Wenceslas, je serais obligé que je n’aime pas les prénoms d’origine étrangère. »

« Bon, alors, on ne peut même pas parler de nous. Pour la météo, c’est râpé, j’ai ma station météo dans la poche et je suppose que vous aussi. »

«Finalement, je n’ai pas grand-chose à vous dire en direct. Laissez-moi votre mail, je suis plus bavard par l’intermédiaire des machines. Comme je ne suis pas obligé de supporter votre regard narquois, j’ai moins peur de vous parler quand je n’ai rien à dire. »

« Très bonne idée, échangeons nos coordonnées, je vous enverrai un mail ou un SMS, vous serez dans toutes mes listes de distribution. Je vous mettrai dans mes amis, même si vous ne m’inspirez pas grand-chose. Comme ça, vous saurez en direct tout ce que je fais. »

« A vrai dire, ça ne m’intéresse pas beaucoup. »

« Peut-être, mais comme ça, vous ne saurez plus tenter de m’adresser la parole. Surtout pour constater que nous n’avons rien à nous dire. »

« Bon, sur ce … il faut que j’adresse un SMS à ma femme et mes gamins pour savoir s’ils existent encore. Je les ai croisés dans la salle de bains ce matin, mais les uns téléphonaient, les autres écoutaient de la musique. Heureusement qu’on peut encore communiquer par SMS. »

Double jeu

6 août, 2014

Lulu s’est fait

Un petit bobo

En montant sur son dada

Pépé en est resté

Baba.

Il faut dire qu’il est gaga.

Mais papa l’a soigné

Avec un mimi

Puis lui a donné du lait de coco

Avant de le mettre au dodo.

Nous sommes poussière

5 août, 2014

« Vous ne vous prenez pas pour quantité négligeable. »

« Non. Je suis quelqu’un, enfin une personne dont il faut tenir compte. J’ai des sentiments, des émotions, une intelligence. J’ai besoin de respect. »

« Euh… il faudrait mieux penser les choses autrement pour ne pas être déçu. Moi, je pense que je suis un tas de poussières parmi sept milliards de tas de poussières. Donc bien peu de choses. Si, par mégarde ou non, quelqu’un me marche dessus, il n’y a pas lieu de s’en étonner. D’ailleurs, je m’attends plus à être foulé au pied qu’à être portée aux nues. »

« Vous manquez sérieusement d’ambition. »

« Oui, mais au moins je suis plus tranquille que vous qui vous donnez tant de mal pour surpasser les autres pour être écrasé comme moi, à la fin des fins. N’oublions pas que notre tas de poussière retournera sous Terre après usage. »

« Peut-être, mais nous pouvons faire quelque chose de notre passage sur cette planète. »

« Je suis d’accord à condition de ne pas se donner l’illusion d’être éternel. Votre présence, votre opinion n’ont aucune espèce d’importance pour les autres. Enfin, sauf pour quelques héros qui se dévoueront pour vous écouter et qui accorderont autant d’attention à vous qu’à eux-mêmes. Finalement, si on existe, c’est dans le regard des autres. Tous les philosophes le savent. »

« Je fais bien de m’admirer souvent dans le miroir parce que le autres ne me dévisagent pas. Ou alors quand ils le font, je ne sens pas beaucoup d’excitation dans leurs yeux. »

« C’est normal, vous êtes trop arrogant. Les gens sont des tas de poussières, ils ont envie de côtoyer des tas de poussières, ça les rassure. »

« Avec ce genre de réflexion, on ne va pas beaucoup s’amuser. Vous n’avez jamais eu envie de faire quelque chose d’original, voire d’exceptionnel ? »

« Si, mais enfin si je rate ou si je n’ai pas le courage, je ne suis pas surpris. On a jamais vu un tas de poussières s’élever jusqu’aux étoiles. »

« Moi, j’y crois, ça m’évite de me morfondre dans un coin attendant benoîtement d’être avalé par le Grand Aspirateur de la vie. »

« Bon d’accord, vous êtes le stade au-dessus du tas de poussières. Mais avouez que vous nous devez une fière chandelle. »

«Ah bon ? »

« Oui, c’est par comparaison avec nous tous, que vous avez l’impression de vous situer au-dessus de la fange. Je vais même vous rassurer : quand vous retomberez dans la boue, on ne vous en voudra pas. Je serai là pour vous accueillir. »

« Merci bien. »

Un joli bouquet

4 août, 2014

Marguerite vivait avec Jules

Il avait une gueule de loup.

Mais il savait lui conter fleurette

Et lire dans ses pensées.

Dan l’iris de son œil,

Elle voyait la vie en rose

Et se croyait immortelle.

Le matin, il lui faisait un petit coucou

Et lui disait de ne pas se faire de souci.

Les choses qui ne servent à rien

3 août, 2014

« Vous vous dévouez pour les autres. Vous êtes toujours volontaire pour faire ce qu’ils ne veulent pas faire. C’est bien. »

« C’est vrai. Je suis sidéré par le manque d’humilité de mes collègues. »

« Oui, mais enfin si vous pouviez éviter de prendre l’air malheureux quand ils vous laissent généreusement leurs corvées… »

« Si je comprends bien, il faut que je tape tout le boulot et en plus, je dois avoir l’air content. C’est bien ça ? »

« Oui, sinon, vos soupirs d’exaspération portent atteinte à notre tranquillité. On est obligé de se demander pourquoi on vous traite en laquais. »

« C’est embêtant, en effet. On pourrait peut-être envisager de répartir mieux le travail, comme ça tout le monde serait dévoué. »

« Euh… non, vous ne voyez tout de même pas Duchemin en train de rédiger un compte-rendu de réunion. Vous faites ça très bien. »

« Personne ne lit mes comptes rendus ! »

« Justement, il n’y a donc aucune difficulté à vous les laisser faire. »

« Si je comprends bien, je fais ce qui ne plait pas aux autres et en plus ça ne sert à rien. »

« Vous n’allez tout de même pas faire une crise. Vouloir servir à tout prix à quelque chose, c’est une preuve d’orgueil. Servir à rien est un travail d’une grande noblesse, vous vous y distinguez à merveille. »

« Et ma créativité ? »

« Personne ne vous empêche de l’exercer dans vos comptes rendus, puisque personne ne les lit. Il y a des choses qui ne servent à rien, mais qui doivent exister. C’est comme votre entretien d’évaluation. De toute façon, pour ne pas avoir de soucis, moi je suis content de tout le monde. Mais il faut quand même qu’on s’entretienne de  ce point, c’est obligatoire. »

«D’accord ! Est-ce que j’ai au moins le droit d’inventer des choses qui ne servent à rien ? On pourrait lutter contre le chômage. Par exemple, faire des photocopies de mes comptes rendus. »

« Euh… non, vous devez faire des choses qui ne servent pas mais dont les autres font semblant de croire qu’elles servent.  Par exemple, rédiger le journal interne. Que chacun raconte ses vacances ou ses week-ends, tout le monde s’en fout, mais chacun est convaincu que c’est important pour le lien social dans l’entreprise. Vous comprenez ? »

« J’essaie. Je vais envoyer les cartes de vœux aux clients pour le nouvel an. C’est complètement idiot puisqu’ils en reçoivent des wagons, mais c’est obligatoire. »

« C’est bien, vous avez compris ! Faites des choses qui ne servent pas, mais qu’on est obligé de faire. »

 

Je suis tout chose

2 août, 2014

En l’état actuel des choses,

Les choses étant ce qu’elles sont,

Par la force des choses,

Il faut appeler les choses par leur nom,

A peu de choses près.

Il faut regarder les choses en face,

Et faire la part des choses.

De deux choses l’une :

Une chose et son contraire !

1234