Archive pour juin, 2014

Histoire de boites

6 juin, 2014

Jean écrivait à Jeanne dans sa boîte mail

Elle préférait son PC à sa boîte aux lettres

Jean travaillait dans une boîte à bachot.

Un soir, il a invité Jeanne, ils ont dégusté une boîte de conserve

Puis, ils sont sortis en boîte.

Il aimait la mettre en boîte.

Mais Jeanne s’aperçut que Jean était boiteux

Et qu’il savait tout juste manipuler un ouvre-boite

Elle referma aussitôt cette boîte de Pandore.

La finance nous envahit

5 juin, 2014

« Vous avez remarqué ? Nous employons fréquemment le vocabulaire de la finance dans la vie courante. »

« Pourquoi me dites-vous ça ? C’est sans intérêt. Je reviens tranquillement du marché avec mon sac rempli de provisions et vous me parler de vocabulaire. »

« Je trouve qu’on ne se rend pas assez compte de la manière dont on parle. C’est une composante essentielle de notre culture. »

« Si vous pouviez m’épargner trop d’introspection… Pour moi, ce qui compte, c’est ce qui reste dans ma bourse à la fin du mois. »

« Peut-être, mais vous avez l’obligation de vivre en société. Et pour être intégré, il faut avoir du crédit auprès de vos contemporains. »

« Vous empruntez un drôle de langage vous ! Bien sûr qu’il faut parler avec les autres clairement, on ne peut pas donner le change éternellement. »

« Alors, êtes-vous prêt à une autocritique ? »

« Non, je n’aime pas m’attaquer moi-même, j’ai besoin de reconnaissance de la part des autres. »

« Mais même si vous n’analysez pas votre expression, vous êtes bien obligé d’admettre que notre langue est un capital de grande valeur. »

« Certes, mais, en général, ce n’est pas le souci qui me préoccupe quand je reviens de mes commissions. »

« A court terme vous avez peut-être raison. Mais avez-vous la garantie de toujours être compris par ceux qui vous entourent ? »

« Vous êtes obstiné. Bien sûr qu’on me comprend ! La preuve, c’est que lorsqu’il y a un conflit familial, on se tourne vers moi pour assurer l’arbitrage. »

« Donc vous êtes content de vous ? »

« Tout à fait. Je ne suis pas comme ces espèces d’écervelés qui ont inventé une langue monosyllabique à laquelle personne ne comprend rien. »

« C’est juste, de temps en temps, j’essaie de parler avec mon gamin sans succès. Le résultat, c’est que je devise avec moi-même. »

« Il faut dire qu’ils déploient des trésors d’imagination pour ne pas parler comme nous. Ce serait dommage de faire comme les anciens. »

« Bon, je suis ravi d’avoir discuté avec vous au titre de nos relations de bon voisinage. J’en ai eu pour mon argent. »

« Je vous offre un liquide anisé ? »

Notre rayon mobilier

4 juin, 2014

La Marquise a fait table rase du passé

Ce n’est pas une boudeuse,

Plutôt une causeuse

Son mari, le Marquis était une armoire à glaces.

Il chantait bien, il avait du coffre.

Leurs enfants allaient au bahut.

Ils avaient une secrétaire

Qui n’était pas une pouf.

Elle organisait des soirées avec un buffet

Et des canapés à volonté

Sans oublier beaucoup de glaces.

Les invités s’en mettaient plein la lampe.

Inversons la courbe

3 juin, 2014

« J’ai une solution pour résoudre le problème du chômage. »

« Ah bon ? Laquelle ? »

« Il faut que vous arrêtiez de faire votre jardin. Chaque fois que vous faites quelque chose gratuitement, pour votre plaisir, ça fait un boulot en moins pour un chômeur. »

« C’est pas nouveau. Par exemple, maintenant, il y a des gens qui font mes courses à ma place. Il suffit de passer prendre le paquet final et de payer. Ça s’appelle un drive ou quelque chose comme ça. »

« C’est exact, mais il faut pousser le système beaucoup plus loin. Arrêtez de conduire votre gamin à l’école ou de lui raconter des histoires le soir avant qu’il ne s’endorme. »

« Euh… oui, mais il y a quand même un problème : quand je fais quelque chose pour mon gamin, c’est que j’en espère un retour affectif. Je ne vais tout de même pas abandonner l’affection de mon gamin pour créer un emploi. Il n’y a pas que le marché du travail, il y a aussi la vie, les liens entre personnes…. »

« Euh, il faut tout de même savoir ce qu’on veut. Donner à manger à votre chat, ce n’est pas quand même une marque d’affection… »

« Si justement, il est très content et puis, moi, ça me fait plaisir de l’entendre ronronner. Et puis, pour tout vous dire, j’adore flâner dans les rayons de l’hyper marché. Bref, votre politique de l’emploi va supprimer tous mes petits plaisirs. »

« Ne craignez rien, il y aura encore des zones d’activité privées. Par exemple, personne ne pourra partir en vacances à votre place. »

« Ce n’est pas sûr. Il va sûrement se trouver des gens qui vont inventer de vous transporter sur le lieu de vos congés en hélicoptère, pour vous éviter les inconvénients de l’autoroute. Je ne pourrai même plus pester contre les attentes au péage. C’est important de s’énerver de temps en temps contre les petits tracas de la vie ! »

« Il faudrait quand même manifester un peu de solidarité. Ce n’est pas compliqué, il suffit de ne rien faire. Quelqu’un pourrait passer l’aspirateur chez vous, par exemple. »

« Si je comprends bien, vous réinventez la domesticité comme au  XIX ème siècle. Je pourrais aussi avoir un cocher, un palefrenier… »

« Non, car il faudra respecter la dignité de ces travailleurs… »

« Je vais commencer par montrer de la considération à moi-même en évitant de sombrer dans la paresse. Et puis, introduire des gens dans mes petites affaires, ça ne m’emballe pas ! J’aime bien vivre dans le bazar, je n’ai aucune envie qu’on me le fasse remarquer. »

« Bon, je vois… Monsieur est contre le développement de l’emploi dans les services à la personne. »

On se fait un double

2 juin, 2014

Pour vivre, Riri

Vendait des babas au rhum

Et des noix de cocos

Il a eu un bébé

Avec une nana

Dont il était gaga.

Elle s’appelait Lulu.

Riri peignait, c’était son dada

Son pépé et sa mémé

Disaient qu’il n’était pas un gogo

Et que son avenir n’était pas riquiqui.

C’était un peintre de l’école rococo.

Vive novembre !

1 juin, 2014

« Moi, j’aime bien le mois de novembre. »

« C’est curieux comme goût. Le mois de novembre, c’est triste. Le temps  est  triste, les jours fériés sont tristes. »

« Et bien justement. On n’est pas obligé de s’amuser sur commande, comme à Noël ou au jour de l’an, ni de se précipiter dans le bouchons de l’autoroute comme au mois de juillet. En novembre, je suis morose et personne ne me demande pourquoi, puisque tout le monde est morose. »

« Vous ne déprimez pas ? »

« Non, c’est mieux qu’en février où il faut absolument aller au ski, pour avoir l’air de quelqu’un d’actif. Vous ne pouvez pas savoir ce que ça me gonfle d’organiser tout une expédition pour monter dans une station et plastronner en haut des pistes. »

« Et le mois de mai, c’est bien, non ? Tous les bourgeons s’ouvrent au printemps, l’air est léger, les femmes portent des robes courtes… »

« Euh, non plus, c’est le moment où il faut organiser des barbecues pour être bien vu. Moi, je n’aime pas : je me brûle, les merguez ne sont jamais cuits et je n’aime pas le rosé… Ne me parler du mois de juin non plus, il fait trop chaud et en outre, il faut que j’aille chez la belle-mère pour fêter la Pentecôte ! »

« Vous n’aimez pas septembre, je suppose… »

« C’est le pire. L’atmosphère de rentrée scolaire me rend malade. Il faut que je prenne de bonnes résolutions en sachant très bien que je ne les tiendrai pas. Bref, j’arrive complètement stressé en octobre. A propos, octobre serait un mois qui pourrait me plaire aussi. Il n’y a strictement aucun rituel social. A part Halloween peut-être, mais on peut snober ce jour-là en disant que c’est juste bon pour les américains. Non, le seul reproche que je fais à octobre, c’est d’arriver après septembre : il me faut bien un mois pour récupérer des emmerdes de la rentrée. »

« Avril pourrait faire l’affaire ? »

«  Les années où Pâques est en mars seulement. Sinon il faut se coltiner du chocolat, des week-ends à rallonge, des gamins en vacances etc… »

« Je suppose qu’il vaut mieux ne pas parler de décembre, vous êtes obligé de sourire et de faire des cadeaux, ni du mois d’août où vous devez attraper des coups de soleils obligatoires sur des plages marocaines… »

« Absolument. Allez, je vais faire un effort : à la rigueur je pourrais me laisser tenter par janvier ou février, mais uniquement les années où il n’y a pas de neige. Comme ça, j’aurais une excuse valable  pour ne pas aller au ski. Je pourrais même me plaindre du temps trop clément… »

« Bon… bin, bon mois de novembre. Ennuyez-vous bien ! »

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