Archive pour juin, 2014

On ne perd pas son latin

18 juin, 2014

Le cardinal Marius voyage incognito

Il est habitué à Internet et surtout aux forums

Son agenda est très rempli

A priori il donne des conseils

Gratis à tous.

Il ne fait pas le distinguo entre riche et pauvres.

Il ne renvoie personne sine die.

En son absence, c’est le père Georges qui assure l’intérim.

C’est l’alter ego de Marius.

Ils sont comme le recto et le verso d’une même page.

Marius et Georges donnent le maximum

Dans le minimum de temps

Dialogue difficile

17 juin, 2014

« Je n’arrive pas à me fâcher. »

« Comment vous faites ? Parce que moi quand on me contrarie, j’aime autant vous dire que ça part au quart de tour ! »

« Quand je suis contrarié, j’ai toujours tendance à prendre en considération les arguments de mon interlocuteur, ce qui fait que je ne peux pas me fâcher ! »

« Quelle erreur ! Il ne faut absolument pas l’écouter ! Il faut partir en vrille tout de suite, en partant du principe que vous avez obligatoirement raison ! »

« Et si j’ai tort ! Je passe pour un imbécile qui s’énerve à la moindre objection. »

« Vous êtes peut-être un imbécile, mais un imbécile qui sait se faire respecter. »

« Euh, je préfèrerais avoir une réputation d’homme fin et intelligent. »

« Alors, il faut vous fâcher en ayant la certitude d’avoir raison. On reconnaitra alors non seulement votre compétence, mais votre caractère aussi. L’ennui, c’est qu’on est rarement sûr d’avoir raison, moi je préfère faire comme si… »

« Et si j’essayais de me fâcher contre vous. C’est vrai, vous m’énervez avec vos raisonnements tordus. »

« Bin… non ! Ce n’est pas possible ! Vous n’avez pas la physionomie du type qui s’énerve pour n’importe quoi. »

« Parce qu’il faut avoir une tête spéciale… »

« Oui, il faudrait que j’ai la trouille rien qu’en vous regardant. Avec votre visage sympathique, ce n’est pas possible de vous fâcher, je n’y croirais pas une seconde. »

« Alors comment puis-je m’en sortir pour vous faire part de l’irritation qui me saisit dès que je vous aperçois ? »

« Je ne sais pas. Essayez l’ironie froide et mordante, peut-être… »

« Pff…. c’est plus compliqué que de vous crier dessus ! Ce n’est pas juste ! Vous vous avez le droit de vous emporter en hurlant n’importe quoi. Avec votre face renfrogné et rougeaude, ça a l’air naturel, mais moi avec mon air distingué, je ne peux même pas vous insulter tranquillement. »

« Il faudrait travailler un peu. Picolez, n’allez pas chez le coiffeur, ne vous rasez plus, travaillez votre répertoire d’insultes…. »

« Y’a du boulot ! Avec la bonne éducation que j’ai reçue, ce n’est guère facile ! »

« Je compatis ! On pourrait essayer un truc : je vais me crier dessus et il vous suffira de reprendre toutes les insultes que je m’envoie à moi-même. Je ne peux pas faire mieux. Je ne peux tout de même pas me casser la figure ! »

 

Hier et aujourd’hui

15 juin, 2014

« Je sais, je ne suis pas à la mode. Je suis peigné avec une raie sur le côté, comme il y a quarante ans. Je n’ai pas suivi mon coiffeur lorsqu’il a voulu me faire une crête rouge et bleue sur le sommet du crâne.

-          C’était pour faire plus jeune…

-          Bof, il fait accepter son âge. J’ai même une montre à gousset que je glisse dans la poche de mon gilet avec une chainette qui barre ma panse proéminente.

-          Eh bin… on n’est pas sorti de l’auberge…

-          Je me réveille au son d’un réveil à ressort…

-          Vous savez que vous auriez la possibilité de vous éveiller en douceur en utilisant un radioréveil programmé sur de la musique classique…

-          Je sais, mais je n’ai pas eu une vie facile, j’ai l’habitude de la douleur et même une certaine affection pour elle … Et ce n’est pas fini : savez-vous que je rédige mes cartes à la main pour le Nouvel An ?

-          C’est complet ! Avec un clic sur Internet, vous inondez le monde entier de vœux standard, c’est tout de même moins fatigant !

-          Euh… tout de même, vos procédés sont un peu méprisants, moi je porte une réelle attention à ceux à qui je souhaite la bonne année…

-          Bon, admettons, vous en avez beaucoup comme ça ?

-          Oui, je fais mes courses chez les petits commerçants…

-          Mais c’est beaucoup plus cher !

-          Peut-être, mais enfin on peut parler. Je n’ai pas encore rencontré une caissière de supermarché qui me demande des nouvelles de mes rhumatismes ni de mon neveu parti étudier en Amérique.

-          En effet, c’est important. Et pour la culture, vous faites comment ?

-          Pas de problème, j’ai encore les trente-trois tours de Georges Brassens. C’est bien, je comprends toutes les paroles de ses chansons. Et puis je lis…

-          Vous lisez ? Des livres ? Des vrais livres ?

-          Plusieurs fois, pour  certains…

-          Alors là… Alors là… Il faut que je twitte cette nouvelle… Et puis laissez-moi votre adresse mail, je ne veux pas rater la suite.. 

-          Euh…. Voilà l’adresse postale. La seule que je connais. C’est là que le facteur dépose le courrier. C’est Monsieur Gérard, le facteur. Vous verrez, il est très gentil. Sauf que dans le temps, il passait deux dois par jour.

-          C’est vrai que la Poste a rentabilisé ses effectifs…

-          Comme les banques…. Je ne peux même plus aller chercher de l’argent au comptoir où je pouvais parler avec Albert, le guichetier…

-          C’est vrai aussi que les distributeurs automatiques n’ont pas beaucoup de conversation, mais je crois qu’Albert est parti en retraite, il y a quinze ans…

-          Ah bon ? De toutes façons, je ne vais plus à la banque, je préfère garder mes économies sous mon matelas, avec toutes leurs histoires de finances pourries, c’est plus sûr !

-          Euh… l’économie nationale a besoin de financement…

-          Ah bon ? Mais c’est mon argent, tout de même !

-          Euh…Je vous dépose chez vous, j’aurais besoin de vous emprunter votre vélo, celui d’avant-guerre, ça revient à la mode. Et puis votre télé m’intéresse aussi, je peux la placer chez un antiquaire… »

Allez !

14 juin, 2014

Ah ! Les français !

Ils ont égalé leurs ancêtres les gaulois.

Ils pleurent la défaite d’Alésia

Ils font souvent des allers-retours dans le Midi

Pour avoir le visage hâlé.

Ils jouent souvent au loto, en comptant sur l’aléa.

Ils aiment les frites salées,

Mais pas le fromage allégé.

Ils ne manquent jamais de crier : « Allez la France ! ».

Les chats

12 juin, 2014

« Moi, j’ai croquettes libres et à volonté toute la journée. »

« Je me disais aussi…. Votre embonpoint ne vous gêne pas pour jouer ? Moi, je n’ai rien dans ma gamelle tant que je n’ai pas couru après le bout de ficelle qu’ils me tendent. »

« Les gens sont incroyables. Où ont-ils pris qu’on puisse s’intéresser à un bout de ficelle. Les idées reçues ont la vie dure. Moi, je dois ronronner, c’est obligatoire. Dès que j’oublie de ronronner… Hop ! visite chez le vétérinaire. Vous savez  comme c’est désagréable ! »

« Ne m’en parlez pas ! On ne peut plus faire ce qu’on veut. Je suis obligé de me cacher pour me rouler parterre dans la poussière. Vous vous rendez compte ! »

« Je sais, je sais. Moi, j’ai droit à un shampoing qui sent mauvais toutes les semaines, sans parler d’un rendez-vous chez la toiletteuse pour chats qui s’entête à me faire une couette ridicule qui me fait ressembler à un perroquet ambulant. »

« En effet, ça ne vous pas du tout. Mais ce n’est rien à côté de ce pauvre Rodolphe qu’ils ont peint en bleu-blanc-rouge après la qualification des bleus pour la coupe du monde. Il n’ose plus sortir. Même les souris rigolent. »

« Vous pouvez sauter encore sur les meubles, vous ? Moi, c’est interdit depuis que j’ai envoyé valsé un vase de Chine. »

« Moi, je ne saute plus, il vaut mieux, ça fait des histoires à n’en plus finir. Heureusement, il reste les siestes. Je tourne à trois ou quatre sieste par jour. Les gens sont contents. Dans leur esprit, les chats, ça dort. Roulés en boule si possible. C’est comme ça. Ils ont l’impression d’avoir un chat normal. »

« Pour moi, c’est dur. Il y a toujours un gamin qui se précipite en hurlant comme un sauvage qu’il est mignon, le minet ! A mon âge ! Mignon ! »

« Allons en faire un tour, ça nous détendra. J’aime bien montrer ma démarche souple et féline en passant devant chez Mélanie. Je ne veux pas me flatter, mais je crois que selon ses copines, elle m’a remarqué. Mon pelage mordoré et mon allure noble la rende folle d’impatience. »

« Il faut être prudent, personne ne peut l’approcher sans recevoir un seau d’eau sur la figure. Hector a essayé. Mélanie ne peut plus sortir après six heures du soir. Elle est obligée de regarder la rue depuis la fenêtre de la cuisine. »

« Quand j’aurais fini de draguer, on pourrait peut-être organiser une bagarre, sinon on s’ennuie. Les tigrés du lotissement voisin me narguent en envahissant mon jardin. Une bonne raclée s’impose. »

« Moi aussi, j’ai horreur de leur regard en biais. C’est un mauvais regard. On va régler cette affaire en moins de deux. » 

« D’accord ! »

« Euh… il faudra peut-être faire attention de ne pas finir chez le vétérinaire ! »

L’aquarium

11 juin, 2014

Jean est un mal aimé roux

Monique aime circuler en roulotte

L’élu Victor ne marche pas vite, c’est un maire lent

Le mari de Solange est superbe, c’est un Arthur beau

Ginette et le tsar dinent

Fernand tombe de son siège, Fernand choit

Gérard a un aigle intelligent, un aigle fin

Don Giovanni est un vrai caïd, n’est-ce pas Don ?

Il dit à l’âne de donner des coups de pieds, il lui dit un seul mot : rue !

Quand nous serons grands

10 juin, 2014

« Quand je serai grand, je serai homme politique. Comme ça, je ne paierai pas d’impôts. »

« C’est du propre ! Tu seras chassé du pouvoir comme un bandit ! Moi, je ferai journaliste et je m’occuperai de faire un tas de salades à propos de tes malversations. »

« Je m’en fous, je me draperai dans ma dignité en stigmatisant vous journaux qui ne recherchent que le scandale. »

« Ah bon ? Fais attention pace que je serai un journaliste d’investigation, un dur de dur, qui aurait des indics partout, même aux iles Caïman pour débusquer tous les comptes bancaires off-shore ! J’aime autant te dire que ça va faire mal ! »

« Bon, alors d’accord ! Je serai un homme politique avec impôts. Il faut quand même un peu de moralité dans ce monde de brutes. Mais je ferai plein de promesses électorales que je ne tiendrai pas du tout. »

« Très bien ! Moi, je serai un interviewer féroce qui ne reculerait devant rien pour mettre les élus en contradiction avec eux-mêmes. Je ne serai pas du genre à faire des cadeaux ! Avec moi, pas de baratin ! Des réponses précises et concrètes ! »

« Très bien ! Dans ces conditions, je participerai à des débats télévisé parce que moi je n’ai pas peur de discuter avec l’opposition. »

« Tu ne crains pas d’être mis en difficulté devant les caméras ? »

« Non, pas du tout parce que dans les débats, tout le monde parle en même temps, on ne comprend rien, donc je pourrai dire n’importe quoi en toute tranquillité. »

« Euh… ce n’est pas faux. Je vois que tu seras un homme politique qui saura très bien se servir des médias. Et je suppose que tu voudras que je fasse un reportage sur ta vie familiale dans ta propriété de de cinquante hectares dans le Limousin ? »

« Si ce n’est pas trop te demander, ce serait bien. De toute façon, si tu ne me fais pas passer dans les médias bling-bling, je m’arrangerai pour te griller dans toutes les rédactions. »

« Euh… On peut peut-être s’arranger… sans parler de collusion entre les pouvoirs médiatiques et politiques, bien entendu. Qu’est-ce qui te ferait plaisir ? Je peux faire courir une rumeur sur le dos du Grand Jacquot, par exemple. »

« C’est vrai que le Grand Jacquot veut faire le Révolution, ça ne me plait pas beaucoup. Si ça se trouve, les hommes politiques seraient obligés d’aller travailler en usine dans son système. Tu pourrais laisser entendre qu’il achète ses devoirs de français à Morissot qui, d’ailleurs les vend au plus offrant. »

« Ce serait pas mal. On se débarrasse de deux futurs adversaires politiques en même temps. D’une pierre deux coups ! On peut commencer le travaildans le journal du lycée. Après je t’interviewerai. Il faudra juste me passer les questions que tu veux que je  te pose. »

« D’accord, et quand je serai homme politique, je te prends dans mon cabinet. »

S’en payer une bonne tranche

9 juin, 2014

Jules était revenu chez lui

Il avait le titre de consul honoraire de Papousie

Il arborait toujours un sale air.

Son médecin lui avait donné un traitement

A base de cachets

Mais Max se payait sa tête

Quand il allait aux commissions.

En représailles, Jules donna un gage à Max.

Mes petits bobos

8 juin, 2014

« Je ne sais pas ce que j’ai. J’ai eu mal au dos en me levant ce matin. »

« Hier, c’était le genou qui n’allait pas. Avant-hier, vous aviez la grippe. La semaine dernière, une petite gastro. Décidemment…vous êtes une petite nature. »

« Oui, il ne faut pas me bousculer et prendre soin de moi. A partir du moment où j’arrive en me plaignant de ma santé, il faut prendre l’air préoccupé. Si vous pouviez m’interroger plusieurs fois dans la journée sur ce sujet, ça m’arrangerait. »

« Je vais essayer, mais j’ai beaucoup d’affaires en cours, alors n’hésitez pas à me rappeler que vous n’allez pas bien. »

« C’est sympa. Tout le monde ne fait pas l’effort de prendre l’air contrit comme vous. J’ai vraiment l’impression que je peux mourir, tout le monde s’en fout. »

« Mais non, mais non… On vous aime bien, Dugenou. Si vous voulez qu’on s’occupe de vous, vous devriez prendre des nouvelles des autres. »

« Mais les autres vont bien. Ce n’est pas possible autrement ! Et puis j’ai déjà fort à faire avec ma santé. Alors celle des autres… »

« Euh… je vous signale que j’ai mal aux dents. Là, maintenant ! Quand je vous parle. »

« Non, non ! Vous n’avez rien ! Vous vous écoutez trop. De toute façon, à coté de mon mal de dos, ce n’est rien. »

« Euh, oui, mais je souffre un peu. Je sais mieux que vous si j’ai mal. »

« Euh, non. Et puis, de toute façon, vous n’avez qu’à aller au dentiste. Votre douleur disparaitra. Tachez d’être en forme demain pour vous préoccuper davantage du problème de santé qui m’affectera. »

« Je compte sur vous pour le signaler. »

« Si vous pouviez aussi admirer mon courage et mon abnégation. Je viens tout de même travailler tous les jours, en dépit de toutes mes douleurs. »

« Vous avez raison. Les gens ne compatissent pas assez. Je vais donner des instructions pour qu’on diffuse votre bulletin de santé, chaque matin, dans tous les bureaux. Avec interdiction d’avoir des souffrances supérieures aux vôtres. »

« Il faudrait aussi interdire les pathologies rares. Le mois dernier, Mollard a eu une maladie que personne ne connaissait, je n’ai pas pu m’exprimer sur mon état de santé à la cantine. C’est très frustrant. Mon travail s’en ressent. »

« Je vais prendre des mesures. Il faut qu’on vous comprenne mieux. On dirait que certains font exprès d’être malade pour vous contrarier. Un peu de solidarité ne ferait pas de mal. »

« Je vois que nous nous comprenons. Bon … dans ces conditions, je vous concède que votre mal de dents, même si ce n’est pas grand-chose, c’est intéressant. Pas autant que celui que j’ai eu la semaine dernière, mais c’est quand même un début… »

Nos mauvais poèmes

7 juin, 2014

Hector,

Tu as tort

De m’espionner derrière tes stores.

Tu es un retors.

Je me tors

De rire avec Nestor

Ton mentor

Quand tu dis de ta voix de stentor

Que tu n’es pas un menteur.

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