Archive pour le 8 juin, 2014

Mes petits bobos

8 juin, 2014

« Je ne sais pas ce que j’ai. J’ai eu mal au dos en me levant ce matin. »

« Hier, c’était le genou qui n’allait pas. Avant-hier, vous aviez la grippe. La semaine dernière, une petite gastro. Décidemment…vous êtes une petite nature. »

« Oui, il ne faut pas me bousculer et prendre soin de moi. A partir du moment où j’arrive en me plaignant de ma santé, il faut prendre l’air préoccupé. Si vous pouviez m’interroger plusieurs fois dans la journée sur ce sujet, ça m’arrangerait. »

« Je vais essayer, mais j’ai beaucoup d’affaires en cours, alors n’hésitez pas à me rappeler que vous n’allez pas bien. »

« C’est sympa. Tout le monde ne fait pas l’effort de prendre l’air contrit comme vous. J’ai vraiment l’impression que je peux mourir, tout le monde s’en fout. »

« Mais non, mais non… On vous aime bien, Dugenou. Si vous voulez qu’on s’occupe de vous, vous devriez prendre des nouvelles des autres. »

« Mais les autres vont bien. Ce n’est pas possible autrement ! Et puis j’ai déjà fort à faire avec ma santé. Alors celle des autres… »

« Euh… je vous signale que j’ai mal aux dents. Là, maintenant ! Quand je vous parle. »

« Non, non ! Vous n’avez rien ! Vous vous écoutez trop. De toute façon, à coté de mon mal de dos, ce n’est rien. »

« Euh, oui, mais je souffre un peu. Je sais mieux que vous si j’ai mal. »

« Euh, non. Et puis, de toute façon, vous n’avez qu’à aller au dentiste. Votre douleur disparaitra. Tachez d’être en forme demain pour vous préoccuper davantage du problème de santé qui m’affectera. »

« Je compte sur vous pour le signaler. »

« Si vous pouviez aussi admirer mon courage et mon abnégation. Je viens tout de même travailler tous les jours, en dépit de toutes mes douleurs. »

« Vous avez raison. Les gens ne compatissent pas assez. Je vais donner des instructions pour qu’on diffuse votre bulletin de santé, chaque matin, dans tous les bureaux. Avec interdiction d’avoir des souffrances supérieures aux vôtres. »

« Il faudrait aussi interdire les pathologies rares. Le mois dernier, Mollard a eu une maladie que personne ne connaissait, je n’ai pas pu m’exprimer sur mon état de santé à la cantine. C’est très frustrant. Mon travail s’en ressent. »

« Je vais prendre des mesures. Il faut qu’on vous comprenne mieux. On dirait que certains font exprès d’être malade pour vous contrarier. Un peu de solidarité ne ferait pas de mal. »

« Je vois que nous nous comprenons. Bon … dans ces conditions, je vous concède que votre mal de dents, même si ce n’est pas grand-chose, c’est intéressant. Pas autant que celui que j’ai eu la semaine dernière, mais c’est quand même un début… »