Archive pour janvier, 2014

Notre leçon d’Histoire

11 janvier, 2014

L’homme refusait toute dépense pharaonique.

Un jour, il but son bourbon,

Dégusta une salade romaine

Et fuma une gauloise.

Puis il envoya son cousin se faire voir chez les grecs

Car il n’était pas franc.

Pour revenir, il faudra qu’il fasse sa révolution

Et qu’il connaisse une vraie renaissance.

Nos mauvais poèmes

10 janvier, 2014

Je suis spontané

Mais il ne faut pas me tanner

Car je peux piquer une colère momentanée

Puis me calmer de manière instantanée

J’ai aussi des problèmes cutanés

A cause de ces satanés

Impôts et de mes factures simultanées

C’est toujours la même chose, depuis vingt années.

Qu’est-ce qu’on fait ?

9 janvier, 2014

« Qu’est-ce que vous faites de vos journées ? »

« Rien. »

« Comment ça rien ? Vous ne faites rien. Ce n’est pas possible. »

« Euh… je mange, je bois, je fais ma toilette, je dors et puis je recommence. »

« Ça ne va pas du tout. Il faut faire quelque chose ! »

« C’est obligatoire ? Quand je vois tous les gens qui agissent n’importe comment, je m’interroge … D’ailleurs, moins les politiciens en font, plus ils sont populaires. Regardez X… »

« C’est obligatoire d’agir, sinon vous êtes un dérangé, un être à ne pas fréquenter, peut-être même un gauchiste. Vous allez droit à la dépression. Il faut être dans l’action. Tous les êtres humains ont envie d’agir. En-dessous de cette envie, on n’appartient plus à l’humanité. »

« Il n’y a pas de loi qui interdise de rien faire. »

« Peut-être, mais enfin ça dérange tout le monde. C’est un mauvais exemple qui peut faire tâche d’huile. Si tous les gens passent leur temps à ne rien faire, où va-ton ? »

« Nous serions peut-être dans une société plus sage parce que quand on fait rien, on est bien obligé de réfléchir. Il est très difficile de ne penser à rien. Même si on ne pense à rien, on pense encore qu’on ne pense à rien. »

« Et une fois qu’on a pensé, on est bien avancé. Je vois ce que c’est : du baratin et encore du baratin. Heureusement qu’il y a des hommes comme moi qui savent passer à l’action. Vous ne pouvez pas être qu’un penseur. Même le philosophe est obligé de se préoccuper d’acheter du papier et une plume. Certains vont même jusqu’à faire part de leurs réflexions sur ordinateur ! »

« Euh… on n’est pas obligé non plus de faire part de ses réflexions. »

« Comment ça ? Vous pensez des trucs dans votre coin et personne n’est au courant ? Ce n’est pas une vie. D’ailleurs, c’est interdit aussi. Vous devez partager vos réflexions. »

« Mais personne ne veut les partager. Tout le monde me dit que je dis des choses qui ne veulent rien dire. Cela ne m’encourage à faire étalages de mes pensées. »

« Oui, mais c’est ça c’est normal, ça s’appelle le débat. Il faut débattre. Le débat, ça consiste à démolir les opinions des autres tout en disant qu’on les respecte. Si vous n’envoyez pas des arguments dans la figure de votre interlocuteur, c’est que vous n’êtes qu’un asocial »

« Si je comprends bien, il faut agir. Quand on  n’a pas envie d’agir, il faut partager ses pensées. Quand on expose ses idées, on se les fait démolir et quand on n’a plus d’idées, il faut en avoir quand même pour participer aux débats. »

« Bon… c’est un peu simplifié, mais c’est à peu près ça. »

Sainteté

8 janvier, 2014

C’était une sainte-nitouche

Qui habitait Saint-Etienne

Elle ne faisait rien de la sainte journée

Sauf lire son sacrosaint journal.

Le Saint-Père s’écria

Ventre-saint-gris !

Ce n’est pas sain

Elle ne pourra trouver un emploi par l’opération du Saint-Esprit

Elle travaillera à la Saint-Glinglin

Leçon de vocabulaire

7 janvier, 2014

« Je connais des mots très rares qui ne figurent pas dans les dictionnaires. Je vous donne un exemple : cénote. Vous savez ce que c’est ? »

« Non. »

« Eh ben, je vais vous  le dire. C’est une sorte d’effondrement de terrain généralement rempli d’eau. C’est comme un puits qui se creuse naturellement. On en trouve surtout en Amérique du Nord. Même les mayas connaissaient ça. »

« C’est intéressant. Si ma maison disparait dans un trou d’eau, je saurais dénommer le phénomène. Je vous remercie. Vous en avez d’autres ? »

« Oui, la cuisine est pleine de mots inconnus des académiciens. Par exemple, les pakoras ! Ce sont quoi, je vous le demande… Ne prenez pas cette mine éberluée. Les pakoras sont des beignets de légumes.»

« Je demanderai à ma femme d’en faire. Je fais bien d’attendre le métro avec vous, j’apprends des trucs. C’est mieux que de regarder son téléphone. »

« Oui, quand les gens attendent quelque chose, ils ne font que des bêtisés : ils passent des SMS qui ne servent à rien, se curent le nez ou les dents, rajustent leurs cravates… Leurs visages se déforment vilainement : ils prennent l’air exaspéré ou colérique ou alors ils n’ont pas d’expression du tout comme s’ils allaient à un enterrement. Moi, je suis toujours très content d’attendre parce que c’est un moment où je m’instruis. Vous savez ce que c’est qu’une plosse ?… Non ? C’est une petite prune sauvage qu’on trouve dans le centre de la France. Remarquez, c’est du vocabulaire régional. Vous aurez du mal à placer ça dans une réunion de service. »

« Vous n’auriez pas un mot, un peu obscur que je pourrais placer devant mon directeur de façon à me faire bien voir. »

« Essayez : submarginal. Moi, j’ai essayé, il a fait semblant de comprendre, ça s’est très bien passé ! »

« C’est pas mal. C’est le genre de mot à l’allure technocratique que tout le monde fera semblant de connaître pour ne pas avoir l’air dépassé par la modernité. »

« Ça se place très bien. Par exemple, si vous une réclamation d’un client sur les bras, vous pouvez dire que c’est submarginal en prenant une moue dédaigneuse. Tout le monde comprendra que ce n’est pas important. Ou alors, si vous êtes embêté dites que le déficit de votre budget est parfaitement submarginal. Vous lirez le soulagement sur les visages qui vous entourent. »

« Très bien. Et qu’est-ce que ça veut dire submarginal ? »

« Près du bord, près de la marge… On peut parler d’un être submarginal, c’est-à-dire d’un homme proche de l’exclusion. »

Vive les jeunes !

6 janvier, 2014

« Vous les jeunes, vous allez avoir beaucoup de soucis. Et même un avenir un peu bouché. Il y aura de moins en moins d’emplois, de plus en plus de bruits et de fumées polluantes, moins de logements ou des logements plus petits, donc plus de promiscuité avec les autres, donc plus de scènes de ménage, donc plus de solitude… Enfin bref, vous êtes mal barrés. »

« Bon, alors on fait comment ? »

« Bin… il faudrait que nous vivions plus longtemps pour que vous restiez jeunes. Tant qu’on est là, on vous protège… »

« Euh… sauf qu’en vieillissant, vous coûtez de plus en plus cher, vous flanquez de plus en plus de pagaille sur Terre et au final, on aura encore plus de soucis une fois que vous n’y serez plus. »

« Peut-être, mais enfin, on est de bon conseil. On a de l’expérience à faire valoir. Vous pourriez en profiter. »

« Si c’est des conseils pour faire comme vous, je préfèrerais éviter. »

« Bon, bin alors ne faites pas pareil. Je suis curieux de voir ça. Qu’est-ce que vous proposez les jeunes ? »

« C’est pas compliqué. On va faire l’inverse de vous. Par exemple, pour économiser l’énergie, on va mettre des moulins à vent partout. C’est joli des moulins à vent le long des ruisseaux glougloutant. Et puis pour diminuer la pollution automobile, on supprimera des axes routiers. On plantera des forêts à la place. Pour l’emploi, on ressuscitera les anciens métiers : meuniers, pompistes, laveur de carreaux… »

«C’est vrai que laver mes vitres, ça ne m’intéresse pas vraiment. Si je comprends bien, votre progrès sera de revenir sur le progrès. Refaire le chemin de la civilisation en sens inverse, en quelque sorte. »

« Euh… oui, mais enfin en gardant ce qu’il y a de bien dans le progrès actuel. Vous me suivez ? Par exemple vivre en bonne santé jusqu’à 90 ans, ça nous convient très bien. Nous gardons aussi les cinq semaines de vacances et la RTT.»

« Et nous vous nous gardez ? »

« Euh… oui, mais alors, il faudrait arrêter avec les conseils. Vous vous trompez trop souvent. Occupez-vous autrement : jouer aux cartes, regardez le foot à la télé, buvez des coups, racontez-vous vos histoires du passé… »

« C’est que j’ai besoin de me sentir utile, moi. Où est ma place ? »

« Vous pourriez partager votre fortune avec nous, vu que c’est vous qui avez accumulé tout le magot des années de croissance. »

« J’en étais sûr ! Faites donc comme nous ! Endettez-vous et laisser l’ardoise à vos enfants. Vous voyez que vous avez besoin de nos conseils ! »

L’histoire de Jean et Jeanne sans dispute

5 janvier, 2014

Un jour Jean remonta les bretelles de son pantalon

Et invita Jeanne pour lui expliquer se gravures japonaises.

Ils se marièrent à Pâques, les cloches de l’église sonnèrent joyeusement.

Elle était lavandière, Jean lui passait le savon.

Puis elle préparait une salade sans oublier de l’assaisonner

Et un poisson qui ne devait pas être pourri.

Lui élevait des puces et leur faisait la leçon

En leur apprenant des noms d’oiseau

Parfois il devait les secouer un peu.

Entre nous

3 janvier, 2014

Jean était un bon danseur, fier de ses entrechats.

Entre deux représentations de son spectacle,

Il dégustait un entremet

Suivi d’une entrecôte

Puis il s’occupait de son entreprise

Car il avait de l’entregent

Et savait entretenir sa réputation.

Il accordait des entrevues à des journalistes

Pour avoir des entrefilets dans la presse.

Moche, faible et bête

2 janvier, 2014

« Aujourd’hui, il faut être beau et fort mentalement et physiquement. »

« Vous, vous n’êtes ni beau ni fort, mais vous êtes intelligent. »

« Etre intelligent n’est pas prioritaire. Vous devez être d’abord beau et fort. Intelligent ce n’est pas nécessaire, c’est même embêtant. »

« Oui je sais si vous êtes beau et fort, vous pouvez avoir un job de vendeur sans être intelligent. Si vous vous contentez d’être intelligent : vous êtes beaucoup plus difficile à caser. »

« Et si vous êtes intelligent et honnête, alors là… je ne vous dis pas la galère. »

« Vous ne trouvez pas que notre discours est un peu simpliste, voire caricatural. On peut parler d’intelligence sans forcément faire référence au monde professionnel. »

« Euh… même pour trouver un conjoint, il vaut mieux être beau et fort. Pour passer à la télé, c’est pareil. Il faut être beau et fort. Si vous êtes trop intelligent, vous passez à une heure du matin. Enfin, si vous passez…    »

« Euh… il y existe des vedettes de cinéma moches et intelligentes. Vous voyez de qui je veux parler ? »

« Oui, mais ce sont des exceptions, utiles pour mettre les beaux en valeur ou alors pour se moquer des moches. Si vous prenez les présentateurs de la télé, ils sont tous très beaux avec des dents blanches, les épaules larges pour les hommes et des courbes appétissantes pour les femmes. »

« C’est vrai que c’est difficile de faire carrière sans atouts physiques. Mais moche et malingre, ça peut aussi se cultiver. Moi, par exemple, je me moque de ma mocheté et de ma faiblesse, chaque fois que je peux. Mon sens de l’autodérision est loué par tous. »

« C’est encore un contre-emploi, ça marche parce que vous rassurez les forts et beaux, mais si tout le monde était moche et faible, votre truc ne fonctionnerait pas. »

« Bon alors si je comprends bien, quand on est beau et fort, il ne faut pas trop aller à l’école, pas trop lire, limiter sa culture à l’essentiel…. »

«C’est inutile en effet, ça peut même être contre-productif. En souriant de toutes vos dents immaculées, vous obtiendrez tout ce que vous voudrez. Vous évidemment, vous n’êtes pas dans ce cas. Comment faites-vous pour survivre ?  L’autodérision, ça va un moment, mais ça peut gaver vos interlocuteurs… »

« Pas forcément, si je m’adresse à des gens beaux et forts, mais pas très intelligents. En général, ils rigolent beaucoup. S’ils étaient un peu malins, il me ferait sûrement remarquer que j’en fais beaucoup… »

 « Et les autres, ceux qui sont moches, faibles et intelligents et qui ne pratiquent pas l’autodérision comment ils font pour se sentir bien dans leurs baskets ? »

« En général, ils ne mettent pas de baskets… mais le pire ce sont ceux qui sont moches, faibles et bêtes. »

« C’est pour moi que vous dites ça ? »

Tenir son rang

1 janvier, 2014

Nous sommes au vingt-et-unième siècle

Je le dis pour la centième fois

Et je ne suis pas la cinquième roue du carrosse

Il faut que Louis le comprenne en quatrième vitesse.

Sinon je vais atterrir au trente-sixième dessous.

Et acheter une voiture en seconde main.

Ce n’est pas le premier de ses soucis

Car son fils entre en sixième.

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