Archive pour juin, 2013

Notre jardinerie

19 juin, 2013

Vous n’avez plus un radis ?

Vous êtes dans les choux ?

Ça ne m’étonne pas, vous êtes des courges.

Vous êtes mou du bulbe.

Avec vous, il faut toujours manier la carotte et le bâton.

Aux fourneaux ! Au lieu de rester plantés en rang d’oignons.

Il est temps de casser la graine.

Faites revenir vos pommes de terre.

Sans me courir sur le haricot.

Et ne rougissez pas comme des tomates !

 

Croire ou ne pas croire

18 juin, 2013

« Je ne sais pas si je dois croire à l’au-delà. J’hésite ».

« A 70 ans, il faudrait vous décider. L’heure des comptes ne va pas tarder à sonner. Si vous y croyez, il faudra être clean. Si vous n’y croyez pas, vous risquez une surprise.»

« Si j’y crois, il faut que je sois sympa avec les autres. Mais si l’au-delà n’existe pas c’est peine perdue. Par contre s’il existe, j’espère que les autres seront corrects avec moi. A défaut, je pourrais prendre ma revanche sur ceux qui m’ont contrarié de mon vivant. »

« Euh… bin non, ça dépend des règles en vigueur dans l’au-delà. Il se peut qu’on soit tous obligés de s’aimer les uns les autres. »

« Il faudrait que j’aime tout le monde ? Même Dubout ? La vie va être infernale. Il faudrait un au-delà où je puisse régler son compte à Dubout. »

« Je crains que ce ne soit pas possible. Rendez-vous compte : l’au-delà, vous y êtes pour l’éternité. Vous n’allez pas passer votre temps à vous chamailler avec Dubout, alors autant arrêtez tout de suite ! »

« Il vaudrait peut-être mieux que l’au-delà n’existe pas et que je casse la figure à Dubout tout de suite. Ce serait plus sûr »

« Bin… non, ça ne va pas être possible non plus. Si tous ceux qui ont envie de battre leur voisin se laissent aller à leur agressivité, la vie sur Terre va être impossible. Vous ne pourrez plus faire un pas dans la rue sans craindre que quelqu’un vous tombe dessus. C’est d’ailleurs pour ça que la croyance en un au-delà existe. Comme ça, les gens comme vous ont un doute à l’esprit : ils hésitent à se venger tout de suite. Ils craignent de se tromper, car si l’au-delà existe contrairement à leur opinion, ils pensent que tous les Dubout du monde pourront y prendre leur revanche … »

« Donc, résumons-nous : si je crois dans l’au-delà, je serais probablement obligé d’aimer Dubout, si je n’y crois pas, je ne peux pas lui mettre une raclée dans la crainte que l’au-delà existe quand  même et que Dubout puisse se venger sur moi… Oui, mais… Vous m’avez dit que tout le monde devra s’aimer, donc Dubout ne pourra rien… je vais donc pouvoir lui régler son compte tout de suite ! »

« Euh… non ! J’ai dit que le principe d’amour était une hypothèse. En fait, personne ne sait s’il y a une vie dans l’au-delà, ni quelles seront les règles de vie commune. Donc, c’est le doute sur tout ça qui vous oblige à vous tenir tranquille sur Terre pour éviter d’éventuelles représailles dans une autre vie. »

« Donc moralité… ? »

« Vous faites bien d’hésiter quant à l’existence d’une vie post-mortem. Comme ça, vous ne penserez pas trop à vos démêlées avec Dubout qui n’en valent pas la peine. »

« Autrement dit, il faut que je vive avec un doute à l’esprit. Dubout va sûrement en profiter pour me toiser d’un air arrogant dès qu’il va me croiser.»

Nos mauvais poèmes

17 juin, 2013

 

Toto, c’est mon diminutif.

Je suis un grand affectif.

Même quand je me fais couper les tifs.

Je suis aussi un grand actif.

Mais aussi un être festif.

Par contre je ne suis pas très directif.

Je n’aime pas les compliments fictifs.

Je suis un vrai sportif.

Je bois du lait, c’est roboratif.

Nos bons conseils

16 juin, 2013

« Les conseilleurs ne sont pas les payeurs. »

« J’espère bien, c’est mieux comme ça. Si je devais payer chaque fois que je donne un mauvais conseil, je serais ruiné. »

« Pourquoi les donnez-vous s’ils sont mauvais ? C’est d’une grande imprudence ! »

« Non, c’est une preuve de ma profonde humilité. Le problème, c’est qu’au moment où je donne mon conseil, je ne sais pas s’il est bon ou mauvais. Je le donne, mais en prévenant bien qu’il s’agit là de mon avis sur la marche à suivre et que c’est peut-être pas ça qu’il faut faire. »

« Dans ces conditions, vos conseils ne doivent intéresser personne. »

« Détrompez-vous. Il faut simplement bien utiliser ce que je dis. Si vous me prodiguez un avis complètement idiot, vous m’aidez puisque ça réduit le champ des possibles. Autrement dit, je me trouve conforté dans l’idée qu’il ne faut absolument pas faire ce que vous dites. Comprenez-vous ? »

« Est-ce que le mieux, ce ne serait pas que vous vous absteniez de donner des conseils aux autres ? J’ai l’impression que vous les plongez dans l‘incertitude. »

« Vous ne savez pas que le doute est créateur ? Quand je donne un avis, beaucoup de gens n’en reviennent pas. Personne n’ose penser comme moi. C’est très original, ça suscite du débat. Et puis, si je ne donne plus de conseils, une grande voix va manquer. Qu’est-ce que je vais bien pouvoir dire ? »

« Vous pourriez au moins prodiguer des conseils utiles. » 

« Donnez-moi un exemple. »

« Eh bien, je viens de me faire voler mon porte-monnaie. Je suis très ému, je ne sais pas vers qui me retourner. Qu’est-ce que vous me dites ? »

« Que c’est bien fait pour vous, vous auriez du faire attention à vos poches. »

« Oui, mais ça c’est un conseil a posteriori. C’est facile. »

« C’est déjà pas si mal que ça. Les conseils qui sont dépassés par les évènements sont au moins des conseils sûrs ! On ne risque pas de se tromper. C’est un vrai cadeau que je vous fais. »

« Oui, mais enfin… je vais à la police ? Je crie : au voleur ! Je ne fais rien ! Qu’est-ce que vous me conseillez ? Un conseil utile évidemment. »

« L’affaire est bien trop grave pour que je me risque à dire quelque chose. Moi, je veux bien donner des conseils, mais sur des sujets complètement futiles. Si je me trompe, ça ne se verra pas trop. Et puis de toute façon, celui qui suit mes mauvais conseils est plus coupable que moi. Je ne manque jamais de le lui faire remarquer. Il est donc normal que je ne paie rien en cas d’échec. »

Essuie-tout

15 juin, 2013

Il ne va tout de même pas lui passer la brosse à reluire.

Il va passer l’éponge pour cette fois.

Il ne donnera pas non plus un bon coup de balai.

Pour  autant, il n’est pas une lavette.

Certes elle connait du beau linge,

Mais elle ferait mieux de parler chiffon

Et de ne pas mélanger les torchons et les serviettes.

Elle doit apprendre à ne pas vendre la peau du chamois avant de l’avoir tué.

 

Que d’eau ! Que d’eau !

14 juin, 2013

Elle a subi une vraie cascade d’ennuis.

C’est un manque de Pô.

On lui a volé sa rivière de diamants.

Elle en a fait toute une Seine.

Elle a versé un torrent de larmes.

Depuis, elle a mal au Rhin.

Elle a peur de tomber dans le ruisseau.

Somme toute, elle est malheureuse.

Ça ne rigole pas pour elle.

Son Destin n’est pas Doubs.

Nos nouvelles leçons d’économie

13 juin, 2013

« On dit qu’il ne faut pas vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué mais ce n’est pas aussi sûr que ça. Il est fréquent de trouver des gens qui vendent des choses qu’ils n’ont pas. Ça s’appelle de la spéculation. C’est risqué mais c’est rémunérateur. »

« Remarquez que si c’est un chasseur d’ours qui prend ce genre de pari, le risque est faible. Vous ne vous adresseriez pas à un chasseur de papillon pour acheter une peau d’ours. Il vaut quand même mieux avoir ce que l’on vend en stock. »

« Les traders ne s’embarrassent pas : ils vendent des trucs qu’ils n’ont pas pour acheter des machins qui n’existent pas non plus. L’essentiel étant d’acheter le rien du tout moins cher qu’on le vend pour dégager du profit qui sera réinvesti dans rien. »

« C’est un drôle de jeu. Avec ce genre d’économie, l’ours peu dormir tranquille. »

« Il faut comprendre qu’avec la crise, on produit moins de biens et services. Donc, si on veut maintenir le niveau des échanges, on n’est bien obligé de troquer des choses virtuelles. Par exemple, pour les 1000 balles que je vous dois, je vais vous signer une reconnaissance de dettes que vous pourrez revendre 2000. Je m’en fous je n’ai ni les 1000, ni les 2000. Comme on ne met plus les gens en prison pour dettes… Vous pourrez me faire un procès, mais avec tous les frais, ça ne va pas vous arrangez. Sans compter l’encombrement des tribunaux puisqu’il n’y a plus d’argent pour financer la justice. »

« Oui, enfin il ne faut pas exagérer, vous pouvez encore acheter un téléviseur en magasin.  C’est concret ça ! »

« Oui mais maintenant, on achète un téléviseur qui va durer deux ans au lieu de dix ans comme dans le temps, et on l’achètera plus cher. Autrement dit, on achète moins de temps de loisir pour beaucoup plus cher. »

« Peut-être, mais vous avez la dernière technologie à la mode. La qualité, ce n’est pas du vent ! »

« Euh… si on prend l’exemple du téléphone, l’essentiel est de s’entendre. On n’est pas obligé de jouer au poker quand on téléphone. La mode, c’est rien. Et on continue à acheter rien à un bon prix. »

« C’est un point de vue qui n’est pas très progressiste. Pendant  que vous y êtes, on pourrait se contenter de communiquer par des signaux de fumée comme les indiens. On communiquerait quand même. Et puis, on pourrait s’habiller comme les hommes préhistoriques… d’une peau d’ours ! »

« C’est un concept à lancer, ça réanimerait le marché de la peau d’ours. En fait, on peut vendre n’importe quoi ou rien, il suffit de déclarer que c’est à la mode. »

« Par exemple, je pourrais vous vendre mon point de vue sur la dette de l’Etat. »

« C’est que ça ne m’intéresse pas tellement. »

« Vous n’en savez rien puisque vous ne le connaissez pas. »

« Vous feriez mieux de rembourser vos dettes avant de vous occuper de celle de l’Etat.  Vendez les, comme ça vous serez tranquille. »

« Si je comprends bien, à part des points de vue sans intérêts, vous n’avez rien à donner. »

« C’est comme ça que je m’enrichis. »

Un gars du bâtiment

12 juin, 2013

Le Parquet s’est saisi de l’affaire.

Il va lui arriver une tuile.

Car il roule le pied au plancher.

Ce n’est pas de sa faute : il est bas de plafond.

Il jette l’argent par les fenêtres.

Si  je lui adresse un reproche, il va faire trembler les murs

Et le crier sur les toits.

Il est à la croisée des chemins.

Si ça continue, je le mets à la porte.

 

Nos mauvaises leçons d’économie

11 juin, 2013

 

« Vous êtes constipé du morlingue ? »

« Pardon ? »

« Oui, vous êtes un peu radin ! Vous avez des oursins dans les poches, quoi ! »

« Non, je fais attention à mes dépenses. Je ne me jette pas sur le menu le plus cher au restaurant comme vous. D’autant plus que vous ne finissez pas vos assiettes ! »

« Mais l’argent est fait pour être dépensé ! »

« Pas n’importe comment ! Si le consommateur était moins gaspilleur, l’économie tournerait mieux. Vous êtes un vrai terroriste économique ».

« Par exemple ? »

« Quand vous achetez les produits les plus chers, vous poussez à la hausse générale des prix et c’est le petit salarié qui fait les frais de votre snobisme ! »

« Je ne fais que soutenir les industries de luxe. Ce sont les seules qui tiennent la tête hors de l’eau en temps de crise. Si on les lâche, plus rien ne marchera ! Avec vos façons de thésauriser, c’est vous qui ruinez l’économie nationale ! »

« Je ne thésaurise pas. Quand je consomme avec modestie j’aide les entreprises à réorienter leur activité vers des produits accessibles à tous. Quand j’économise, je mets mon argent à disposition du banquier pour qu’il favorise les investissements industriels ».

« Il ne favorise rien du tout votre banquier, il joue votre fric en Bourse, ça lui rapporte beaucoup plus que vos machines-outils ».

« Alors là, évidemment, on n’est pas près de s’en sortir. J’ai une idée : il faut augmenter les taxes pour tous ceux qui ne placent pas leur argent de manière intelligente. L’Etat le fera mieux ».

« Bin… non…. »

« Comment ça, bin non ? »

« Bin non, parce qu’il faudra payer le fonctionnaire qui sera chargé de placer le fruit de vos impôts. Il voudra sûrement avoir des primes, des congés payés…. Il va passer son temps à ramer pour avoir de l’avancement ! Vous voyez le cirque ! En fait vous placez votre argent dans le but de faire fructifier la bureaucratie ! ».

« Si je comprends bien, il faut jeter mon argent par les fenêtres parce que, de toute façon, c’est là qu’il finira ! Vous n’êtes pas un peu de tendance ultralibérale ? »

« Euh… peut-être, mais je le vis bien moi… ».

Métaux en fusion

10 juin, 2013

Il n’a pas beaucoup d’argent.

Mais il est franc comme l’or

Et il a une volonté de fer.

Il ne plombe jamais l’ambiance.

Il est toujours d’une apparence nickel

Et très bronzé.

Même quand le mercure est bas.

C’est un musicien : il aime jouer des cuivres

Et écouter des disques sur sa platine.

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