Une négociation difficile

« Je veux bien qu’on essaye de vivre ensemble, mais il faut partager les tâches. Je suis assez exigeante sur ce point. Qu’est-ce que vous faites ? »

« Je passe l’aspirateur et je descends la poubelle. »

« C’est tout ? Vous changez les draps du lit, aussi ? »

« Une semaine sur deux, il ne faut pas exagérer ! »

« Et pour la caisse du chat ? »

« Alors là, non ! »

« Négocions : je vous échange la caisse du chat contre le ménage dans les toilettes. »

« Bon… ajoutez  le changement des ampoules lorsqu’elles claquent et c’est bon. Je ne suis pas du genre à mégoter. Passons aux sorties. »

« Avec moi, c’est marché obligatoire le samedi matin. Je suis une fille active, pas du genre à trainasser au lit toute la matinée. »

« Alors là, ça va être délicat. Moi, j’aime bien l’odeur des oreillers froissés, jusqu’à midi au moins. Je vous propose une médiation : va pour le marché, mais je reste au lit le dimanche matin. Vous pourriez aller à la messe pendant ce temps. Ou faire votre jogging. »

« Bon… Un point important maintenant. Lorsque je rentre en disant que je suis fatiguée de ma journée, vous vous précipitez en prenant l’air inquiet ou vous restez, vautré dans le fauteuil à jouer avec votre console ? »

« Euh… c’est-à-dire que je suis souvent fatigué aussi… »

« On pourrait être fatigués un soir sur deux. Sauf les week-ends évidemment ! »

« Bon d’accord. Pour la télé, je vous propose un marché. Je suis assidument la Ligue des Champions et je vous laisse les films du jeudi soir. »

« Ça ne va pas être possible, le jeudi c’est mon jour de relations sociales. Je sors, je vais au concert, dans les expos… Je me tiens au courant de l’actualité. Je suis branchée, quoi… »

« Il faut que je vienne aussi ? »

« Évidemment, ce n’est pas moi qui vais m’ouvrir les portes toute seule. Un peu de galanterie, que diable ! »

« Oui, mais alors, il va falloir que ça ne tombe pas un jour où je suis fatigué. Et pour les visites chez votre mère, c’est obligatoire ? »

«Tous les quinze jours. Elle fait du veau marengo. Il faut vous débrouiller pour aimer sinon elle le prend mal. Et ça fait des tas d’histoires ! »

« Moi, je suis plutôt lapin à la moutarde…il va falloir ouvrir une autre négociation… »

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