Les affaires des autres

« Je ne suis pas du genre à me mêler des affaires des autres. Chacun sa croix et les vaches seront bien gardées. »

« Vous croyez ? il faut bien de temps en temps se pencher sur les problèmes des autres. Nous sommes tous frères après tout»

« Euh… j’en sais rien. On a tous le droit à son jardin intime. Est-ce que je vais vous demander pourquoi vous êtes fâché avec votre belle-mère ? »

« Vous pouvez… Elle ne m’a jamais supporté. Elle voulait un mari d’un niveau social plus élevé pour sa fille. Alors, un instituteur de maternelle, vous pensez… un métier de femme… et trois mois de vacances…   »

« Je compatis, ce n’est pas très correct, mais vous noterez que je ne m’en mêle surtout pas. Vous devriez quand même en parlez avec elle pour aplanir les différents. »

« Je vous remercie de votre discrétion. J’ai essayé d’ouvrir le dialogue avec elle, mais elle a souri d’un air hautain et a refusé d’ouvrir la discussion avec un homme qui passe ses journées avec des gamins de trois ans au prétexte qu’un tel être ne peut pas avoir de conversation d’adultes. »

« Quelle mauvaise foi ! Je n’ai pas de conseil à vous donner bien entendu, mais vous ne devriez pas en rester là. Si vous ne pouvez pas lui parler, écrivez lui… une longue lettre où vous lui exposeriez toutes vos rancœurs et lui proposeriez de fumer le calumet de la paix. »

« Je vous remercie de votre soutien. Je vais y penser. C’est agréable de pouvoir compter sur quelqu’un qui n’est pas toujours en train de fouiner dans les affaires des autres. »

« Ce n’est rien. Je vous en prie. Pour le découvert que vous avez en banque, ne vous en faites pas, j’ai vu votre chargé de clientèle. Il s’est montré très compréhensif. Nous avons examiné vos comptes en toute discrétion évidemment et il vous a consenti un délai supplémentaire pour rétablir votre équilibre financier. Tout ça reste entre nous, bien sûr. »

« C’est sympa. Il n’y en a pas beaucoup qui de gens comme vous qui savent m’aider en respectant mon intimité. »

« Ta ! Ta ! Ta ! Quand on est amis, ça ne veut pas dire qu’on peut mettre son nez n’importe où ! Moi, je sais soutenir les autres avec tact. D’ailleurs, c’est ce que j’ai dis à votre maîtresse. J’ai essayé de lui faire comprendre qu’elle doit rester dans l’ombre pour ne pas vous mettre mal à l’aise en société. Elle n’aurait pas du paraitre à votre bras au dernier vernissage de l’exposition de Dumoulin. »

« Ah bon ? Vous connaissez Gina, aussi ? »

« Oui, je me la suis fait présenter depuis qu’elle a remplacé Michèle. Vous avez bien fait, la précédente n’était pas à votre niveau. Je ne me mêle pas de vos affaires de cœur bien entendu, mais si je peux me permettre, vous devriez rester dans un certain milieu social. »

« Vous avez raison. Je devrais vous engager comme conseiller personnel. »

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