Archive pour le 11 juin, 2013

Nos mauvaises leçons d’économie

11 juin, 2013

 

« Vous êtes constipé du morlingue ? »

« Pardon ? »

« Oui, vous êtes un peu radin ! Vous avez des oursins dans les poches, quoi ! »

« Non, je fais attention à mes dépenses. Je ne me jette pas sur le menu le plus cher au restaurant comme vous. D’autant plus que vous ne finissez pas vos assiettes ! »

« Mais l’argent est fait pour être dépensé ! »

« Pas n’importe comment ! Si le consommateur était moins gaspilleur, l’économie tournerait mieux. Vous êtes un vrai terroriste économique ».

« Par exemple ? »

« Quand vous achetez les produits les plus chers, vous poussez à la hausse générale des prix et c’est le petit salarié qui fait les frais de votre snobisme ! »

« Je ne fais que soutenir les industries de luxe. Ce sont les seules qui tiennent la tête hors de l’eau en temps de crise. Si on les lâche, plus rien ne marchera ! Avec vos façons de thésauriser, c’est vous qui ruinez l’économie nationale ! »

« Je ne thésaurise pas. Quand je consomme avec modestie j’aide les entreprises à réorienter leur activité vers des produits accessibles à tous. Quand j’économise, je mets mon argent à disposition du banquier pour qu’il favorise les investissements industriels ».

« Il ne favorise rien du tout votre banquier, il joue votre fric en Bourse, ça lui rapporte beaucoup plus que vos machines-outils ».

« Alors là, évidemment, on n’est pas près de s’en sortir. J’ai une idée : il faut augmenter les taxes pour tous ceux qui ne placent pas leur argent de manière intelligente. L’Etat le fera mieux ».

« Bin… non…. »

« Comment ça, bin non ? »

« Bin non, parce qu’il faudra payer le fonctionnaire qui sera chargé de placer le fruit de vos impôts. Il voudra sûrement avoir des primes, des congés payés…. Il va passer son temps à ramer pour avoir de l’avancement ! Vous voyez le cirque ! En fait vous placez votre argent dans le but de faire fructifier la bureaucratie ! ».

« Si je comprends bien, il faut jeter mon argent par les fenêtres parce que, de toute façon, c’est là qu’il finira ! Vous n’êtes pas un peu de tendance ultralibérale ? »

« Euh… peut-être, mais je le vis bien moi… ».