Archive pour mars, 2013

On s’amuse

11 mars, 2013

Le paysan a creusé une rigole

Il ne veut pas de mare devant sa porte.

Il ne faut que ses volets se gondolent d’humidité.

Il veut pouvoir fendre sa pêche tranquillement.

Après s’être payé une bonne tranche de rosbif.

Ou alors s’être offert une tête de veau.

Ensuite  il fumera devant chez lui, mais il ne faut pas qu’il fende sa pipe.

Et puis il doit s’asseoir sur une chaise pour ne pas se taper le cul parterre.

Ce n’est pas très bon pour lui, ça lui dilate la rate.

Il sera obligé de se soulager en se tenant les côtes.

Faut-il changer ?

10 mars, 2013

« Il ne faut pas changer. »

« Comment ça ? C’est interdit ? »

« Oui. Par exemple, si vous êtes d’un naturel bavard et que vous devenez plutôt silencieux, c’est inquiétant. On va vous demander si vous n’êtes pas malade. Ou bien, si vous êtes prodigue après avoir été avare, c’est encore pire. Vous pouvez être interné.  »

« D’accord, alors je vais me débrouiller pour ne pas changer de tempérament, comme ça je serai tranquille. »

« Non, ça ne va pas non plus. Si vous ne changez pas, c’est que vous êtes un être figé dans vos habitudes, incapables de la moindre remise en cause. C’est très grave. »

« Bon, alors je fais quoi ? »

« Vous pouvez à la rigueur évoluer, mais très lentement pour ne pas effrayer votre famille. Par exemple, vous êtes égoïste. En cinq ans, vous pouvez envisager de devenir généreux. Ce sera bien vu, on dira que vous avez muri. Ce n’était d’ailleurs pas trop tôt, depuis le temps qu’on vous serinait de changer de comportement ! »

« Ah bon ? »

« Oui, il faut comprendre que si vous changez de manière positive, c’est grâce à votre entourage qui a toujours été à vos côtés. Par contre, si vous modifiez votre comportement négativement, c’est de votre faute : vous avez mal tourné. C’est sûrement dû à vos mauvaises fréquentations ou alors aux programmes de télé que vous regardez ! »

« Autrement dit, moi je compte pour du beurre ! C’est motivant ! »

« Vous avez une autre solution. C’est de jouer au type qui se fout de ce que les autres vont penser de lui. C’est une manière de vous valoriser. Vous allez passer pour un esprit fort et indépendant. Le genre de mec à qui on ne la fait pas. Mais il y a des risques !!! »

« Ah bon, lesquels ? »

« Si, par hasard, vous avez besoin de quelqu’un pour vous aider, on vous fera remarquer que vous avez fait votre malin, mais que vous êtes bien obligé un jour ou l’autre de compter sur la bienveillance des autres à votre égard. Vous serez donc bien attrapé ! Et vous serez obligé de prendre en considération ce que les autres pensent de vous pour ne pas avoir à demandé un service à quelqu’un qui pense que vous n’êtes qu’un gros c… »

« C’est compliqué. Résumons-nous. Je ne dois pas changer. Enfin pas trop et pas trop vite. Si je le fais quand même sans tenir compte de l’opinion publique, je m’isole et si je m’isole je ne peux plus compter sur les autres. Et si je change en expliquant que j’ai pris conscience de m’être trompé ? »

« Surtout pas ! Vous allez passer pour un quelqu’un d’indécis, de louvoyant. Un être inconsistant et versatile. Autrement dit pas fiable, voire très dangereux !! »

Un végétal

9 mars, 2013

Salut vieille branche !

Alors, il parait que Jean lit toujours Racine

Dans sa feuille de chou préférée ?

Je l’ai vu juste avant Pâques, le dimanche des Rameaux.

Jean n’est pas du bois dont on fait les flûtes.

Il ne met jamais le doigt entre l’arbre et l’écorce.

Il sait éviter les montées de sève quand on l’énerve.

Avec lui, il n’y a jamais de sac de nœuds.

Il est solide comme un chêne.

D’ailleurs, il se balade souvent en forêt.

Un homme mesuré

8 mars, 2013

John va arriver en retard sur sa Yamaha cinq cent centimètres cube.

Il n’a pas un gramme de jugeote dans la tête.

Ce n’est pas Monsieur Cent Mille Volts.

Il a une tonne de choses à faire.

On ne lui demande pas de courir le 100 mètres.

Ni d’arrêter de boire des litres de café.

Mais il pourrait secouer ses kilos de paresse.

Son travail n’a pas avancé d’un centimètre depuis hier.

Il faut qu’il s’y mette sans perdre une seconde.

L’utilité et le besoin

7 mars, 2013

« Existe-t-il des choses complètement inutiles ? »

« Je ne pense pas. Par exemple, la Tour Eiffel, on lui a trouvé une utilité a posteriori. Le relais de la télé, le restaurant, l’attraction des touristes…  Il y avait un besoin de regarder la capitale de haut qui a été ainsi satisfait. Par hasard peut-être, mais satisfait quand même.»

« On pourrait dire que, pour qu’il y ait utilité, il faut qu’il y ait besoin. Même si le concept de besoin est parfois un peu bizarre. Dans le cas de la tour Eiffel, cela révèle un besoin de se faire peur en s’élevant très haut dans les airs. C’est comme le train fantôme à la fête foraine. On dirait que les gens sont ravis de s’auto-flanquer la frousse. »

« Vous avez raison. L’utilité est liée au besoin, ce dernier pouvant être parfaitement irrationnel. Lorsque je fais pousser des géraniums sur le bord de ma fenêtre, c’est a priori parfaitement inutile. Sauf que ça fait joli et j’ai le besoin d’enjoliver ma fenêtre. Quand on y réfléchit, c’est assez inquiétant. »

« Ou alors, vous avez le besoin de vous créer un contrainte horticole. C’est inquiétant aussi. On peut très bien vivre sans. »

« Il y a peut-être quand même des choses inutiles. Par exemple, attraper la grippe ne sert à rien. On s’en passerait volontiers. »

« Si, ça sert à faire marcher l’industrie pharmaceutique. On est dans un cas où il n’y a pas de besoin a priori, mais où il y en a un a posteriori qui (au passage) engendre des retombées favorables pour certains. Rares sont les personnes atteintes de grippe qui ne ressentent pas le besoin de guérir de leurs maux. »

« C’est comme ça qu’on peut expliquer les excès de la société de consommation : des gens fabriquent des besoins, se proposent de les satisfaire à l’aide de prestations qui deviennent d’une grande utilité et en retirent des profits colossaux. Suivez mon regard ! »

« Nous voilà bien pessimistes tout à coup. Il y a quand même des trucs qui paraissent inutiles, mais qui sont utiles sans pour autant entraîner des bénéfices scandaleux. Par exemple, si vous souriez aux gens que vous croisez dans la rue, c’est apparemment inutile, mais utile quand même car vous les mettez de bonne humeur, et pour autant, c’est complètement gratuit. »

« Oui et non. Car vous en tirez quand même une satisfaction individuelle. Tout le monde a besoin du regard des autres. Comme vous avez souri à vos rencontres, vous vous prenez pour un individu généreux qui sait mettre ses compatriotes en confiance en leur offrant un moment agréable. Au final, vous avez fait quelque chose de spontané qui semble inutile, mais utile quand même pour les autres, dont vous retirez une gratification puisque ça satisfait votre besoin de convivialité.»

« Résumons-nous parce que je suis un peu perdu. Rien n’est inutile. Tout est utile. Quand quelque chose parait inutile, on peut lui trouver une utilité a posteriori, il suffit de fabriquer un besoin ou de se trouver un besoin inconscient pour que la chose inutile deviennent utile ce qui permet d’en tirer un profit monétaire ou non. »

« Oui, c’est à peu près ça. »

Le zoo quotidien

6 mars, 2013

Je compte les moutons pour m’endormir.

Après quoi, je roupille comme une marmotte.

Le matin, je me lève au chant du coq.

J’ai une haleine de hyène.

Et une faim de loup.

Dans le métro, on est serré comme des sardines

Au bureau on m’annonce que la secrétaire a une fièvre de cheval

C’est chouette, me dis-je avec amertume.

Maintenant, j’ai le bourdon.

Avec tout le boulot que j’ai, je vais devenir chèvre.

Prenons le taureau par les cornes !

Tous coupables

5 mars, 2013

« C’est de votre faute. »

« Comment ça, de ma faute ? Qu’est-ce que j’ai encore fait ? »

« J’en sais rien, mais c’est sûrement de votre faute. Il faut toujours des coupables. Et vous avez une bonne tête de coupable. Par exemple, s’il neige, c’est de la faute des services de déneigement qui n’ont pas enlevé la neige. Ou alors, si je n’ai pas de courrier, c’est parce que le facteur ne veut pas le distribuer ou alors qu’il fait grève. Ou bien s’il y a des bouchons sur la route des vacances, c’est à cause de tous ces abrutis qui partent en même temps que moi. Vous voyez, c’est simple.»

« Oui, tous coupables sauf vous… Et moi, je suis accusé de quoi ? »

« De me faire perdre mon temps. Vous me faites parler alors que j’ai tant de choses plus importantes à faire. Vous êtes également responsable de ne pas me parler quand j’ai envie de faire la conversation avec quelqu’un. Si vous pouviez également éviter de vous habiller en rose bonbon, on se croirait en plein carnaval. »

« Je peux prendre des carottes râpées à la cantine, ce midi ? »

« J’en était sûr. C’est vous ! Il n’y en a jamais plus quand j’arrive alors que j’en ai tant besoin pour ma santé. On voit bien que vous ne tenez absolument pas compte des autres. C’est un grave problème de comportement. »

« C’est tout ? »

« Non, si vous pouviez aussi arrêter de monopoliser la photocopieuse quand j’en ai besoin. Vous ne faites pas attention à mes urgences. »

« Non, pour la photocopieuse, ce n’est pas moi. C’est Dumortier qui la squatte. Il passe son temps à reproduire  les pages  de son journal sportif. »

« C’est complet, en plus vous rejetez la faute sur les autres. Il faudrait quand même assumer mon vieux ! Décidément entre les services de déneigement et vous, vous faites la paire ! »

« Bon, et à part nous, vous avez sûrement d’autres lascars dans le collimateur ? La direction, par exemple ? »

« Evidemment, ça va de soi. La direction est coupable de tout, par nature. Elle n’écoute pas le personnel. Elle ne pense qu’à son bien-être. Heureusement qu’elle est là d’une certaine façon. Lorsque je ne sais plus qui accuser, il y a encore la direction.»

« Oui, c’est vrai. Mais il faut faire attention  parce qu’elle pourrait décider de prendre une bonne stratégie et nous priver de bouc-émissaire. »

« Il n’y a pas de problème. Il resterait le gouvernement. J’ai voté pour. Il n’osera tout de même pas se défiler devant ses responsabilités. Il faut qu’il me serve de coupable si je viens à en manquer. Mais avec vous, j’en tiens un beau. Je vous remercie chaleureusement. »

Que d’eau! Que d’eau!

4 mars, 2013

Je suis tourmenté.

Nous sommes inondés de mauvaises nouvelles.

Les évènements déplaisants s’enchainent en faisant boule de neige.

Les ennuis pleuvent en cascade.

Une grande tempête souffle sur les places boursières.

Il y a eu un raz-de-marée électoral.

Des torrents d’insultes se déversent.

Une vague de mécontentement soulève le peuple.

Mais je ne vais pas attendre le dégel

J’ai encore de beaux jours devant moi.

 Je vais donc me battre contre vents et marées.

Notre rubrique cinéma

3 mars, 2013

« Moi, j’aime les comédies sentimentales qui se finissent bien. L’homme et le femme sont faits l’un pour l’autre. Tout le monde le sait vu que ce sont les deux vedettes du film qui tiennent les rôles, mais eux font semblant de l’ignorer. Ils se disputent pendant une heure et demie, on pense qu’ils vont se manquer  et à la fin ils se retrouvent devant le rayon des conserves de leur supermarché et ils se marient. »

« Oui, ce n’est pas comme dans la vraie vie. Moi, quand je me suis disputé avec Mauricette, elle s’est mariée avec Gérard. Et il n’y a jamais personne qui m’attend devant le rayon des petits pois ».

« Et elle est heureuse Mauricette ? »

« Bin, non. Elle a divorcé. Ce n’est pas pour autant qu’elle fréquente le même supermarché que moi. »

« C’est une comédie sentimentale qui finit mal. C’est très rare. Mais le film n’est peut-être pas terminé. Vous devriez la rappeler. »

« Bof ! C’est qu’elle a trois gosses maintenant et qu’elle n’est guère avenante. En plus, elle a des difficultés de fin de mois. Elle n’a même plus de téléphone. »

« C’est vrai que dans les comédies sentimentales, on parle rarement des problèmes sociaux. Les gens sont riches et bien propres sur eux. Mais, on pourrait innover.  Vous retrouveriez Mauricette après vingt ans de séparation, elle est dans la dèche, mais votre inclinaison pour elle est intacte et vous la sauvez de la misère… J’en pleure déjà. »

« Oui, mais alors qu’est-ce que je fais de Ginette ? »

« C’est un peu embêtant en effet. Mais elle pourrait s’effacer avec élégance avec ses deux enfants pour assurer votre bonheur avec Mauricette. Si Ginette tient à vous, ça ne devrait pas lui poser de problèmes. Au cinéma, c’est comme ça… »

« Bin, c’est qu’elle n’est pas vraiment d’accord. Elle dit qu’on n’est pas au cinéma et qu’il faudrait que je fasse attention à  ne pas la tromper, sinon elle va s’occuper de Mauricette. »

« Oui… bon, alors là, on n’est plus dans la comédie sentimentale, on est dans le drame passionnel. C’est moins intéressant, on ne sait jamais comment ça va se finir. Vous êtes sûr qu’elle n’a pas d’amant Ginette, ça arrangerait tout le monde. »

« A cinquante-cinq ans, ça m’étonnerait. »

« Vous pourriez inventer la comédie sentimentale pour préretraités. Ce serait nouveau. »

« Sauf que Ginette n’est pas spécialement portée sur la comédie, elle préfère les films de gangsters ou de guerre. »

« Finalement, vous ne devriez pas aller voir des comédies sentimentales qui finissent bien, vous n’allez rien comprendre. »

Quel cirque !

2 mars, 2013

Jean est un acrobate de la diplomatie.

Il sait jongler avec les mots.

Il saute d’une idée à l’autre avec facilité.

Il est un peu comédien.

Ses tours de passe-passe dans les réunions sont célèbres.

Il aime jouer les funambules entre des positions apparemment contradictoires.

Il en déduit souvent des synthèses brillantes avec virtuosité.

Si nécessaire, il est capable de faire volte-face sans vergogne.

Il dompte les interlocuteurs récalcitrants.

Par des pirouettes, il se sort des situations les plus périlleuses.

Bref, c’est un cirque ambulant à lui tout seul.

 

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