Archive pour le 19 mars, 2013

Avec qui partir en vacances ?

19 mars, 2013

« Je ne partirai pas en vacances avec vous car vous trainez les pieds. C’est un tic qui m’agace prodigieusement. »

« C’est sympa ! Vous ne m’aimez pas à cause de mes pieds ! « 

« Et vous ! Vous ne supportez pas Duchemin parce qu’il a l’habitude de finir les phrases de ses interlocuteurs. Je reconnais que c’est énervant, mais vous avez aussi vos têtes ! »

« Ce n’est pas pareil, on ne peut pas discuter avec Duchemin. Il interrompt toujours ma conversation au motif que je ne parle pas assez vite. Mais vous…  »

« Moi, rien que le bruit de vos savates sur le sol me crispe les nerfs, il ne faut pas compter que je vous parle dans ces conditions. »

« Vous n’allez tout de même pas partir avec Michelet, non seulement il traine les pieds mais il interrompt tout le monde ! C’est le bouquet ! »

« Vous avez raison, je vais plutôt choisir Rossignol. Lui, il ne fait rien, mais alors strictement rien. Il marche comme il faut et il attend que j’aie fini de parler pour s’exprimer. »

« Il doit attendre longtemps. »

« Oui, mais ce n’est pas grave parce qu’il n’a rien à dire. Il est plus poli que vous. Je vous conseille d’envisager un séjour avec Borniflon, il a un très joli trainé de pieds aussi, vous pourriez vous entendre ! »

« Si je vous comprends bien, pour vous, il vaut mieux côtoyer soit un être insignifiants soit un individu qui présente les mêmes défauts que soi. On n’est pas prêt de s’enrichir de nos différences avec ce genre de principe ! »

« Peut-être mais traîner les pieds n’est pas un principe, c’est une habitude horripilante. »

« Soit, mais vous vous privez de partager les nombreuses richesses de ma personnalité. Il faudrait que vous dépassiez quelques petits inconvénients apparents pour accéder à la profondeur de mon tempérament. »

« Je me sentirais mieux si je savais que vous accédez à la richesse de la personnalité de Borniflon. Vous ne seriez pas gêné par le bruit de ses pieds. Moi avec Rossignol, je n’accéderai pas à grand-chose, mais je ne serai dérangé par rien. En plus, je me sentirai valorisé puisque je lui ferai le cadeau de partager gratuitement à ma grande culture. »

« Comment pouvez-vous parler de votre culture ? Il n’y a pas de culture s’il n’ya pas de partage culturel ! »

« Vous n’arrangez pas les choses. Non seulement vous traînez les pieds, mais en plus vous dites des trucs compliqués. Les vacances doivent être infernales avec vous. Vous réfléchissez trop pour moi. Rossignol, lui au moins, il sirote son pastis en m’écoutant, il mange, il va à la sieste et il participe à la pétanque en me laissant gagner. Quel repos pour les autres ! »

« Bon, puisque c’est ça, je vais faire un stage pour apprendre à lever les pieds et à ne rien dire d’intéressant. »

« D’accord, ça me va. Vous voyez quand vous voulez… »