Archive pour le 14 février, 2013

Le calcul des Mayas

14 février, 2013

« Les Mayas avaient raison, tout ça finira un jour. Ils se sont simplement trompés de date. Ne leur en voulons pas. »

« Vous avez la nouvelle date ? »

« Euh… non, parce qu’avec les progrès de la médecine, on est sûr de rien. Les toubibs sont en passe de savoir remplacer toutes les pièces du corps humains. Bientôt, vous serez vous, mais plus vous. Votre corps sera un puzzle reconstitué à l’aide de morceaux venant d’autres personnes ou alors des machins synthétiques. Vous risquez donc de vous survivre. Le seul problème c’est que vous serez un autre. Les Mayas n’ont pas prévu cet inconvénient. »

« J’espère que mon remplaçant prendra soin de moi. Je suis très propre. Je n’aime pas le désordre. Il faudra qu’il range mes affaires comme il faut. J’ai aussi bonne réputation dans le quartier, si je suis surpris à faire n’importe quoi, ce sera la fin de ma popularité. »

« Euh… vous serez matériellement remplacé, mais peut-être que votre esprit sera encore là pour habiter et animer la machine. Ou pas. C’est un mystère. Les Mayas n’ont rien dit là-dessus. »

« Effectivement, si je suis moi, mais pas moi, je vais être déstabilisé. Déjà que je ne me reconnais pas toujours quand je m’énerve au bureau. »

« Les médecins nous allongent la vie, mais ne nous la facilitent pas. Je ne vois pas bien ce que je ferai à cent soixante ans. On va encore nous embêter avec le financement de la retraite. Il faudra inventer la super-retraite qui sera payée par les simples retraités. »

« Donc résumons-nous : on ne meurt plus, on est soi mais pas soi, et on attend la fin du monde sans connaître l’échéance.  Mais ce n’est même pas sûr que ce sera la fin puisqu’on sera remplacé par on-ne-sait-quoi. »

« En gros, c’est ça. Pour bien faire, il faudrait que les médecins nous ressuscitent un ou deux Maya. Puisqu’ils sont si malins, ils nous diront sûrement où on va.»

« Oui, mais il faudrait retrouver le Maya spécialisé dans le calcul de la fin du monde. S’ils font revenir à la vie le Maya-épicier de quartier, on ne sera pas beaucoup avancé. »

« En attendant, profitons de ce que nous sommes. Par exemple, moi je suis vivant et sympathique. Demain, je serai encore vivant, mais pas forcément sympathique si on me remplace des morceaux de moi-même par des pièces d’origine douteuse. »

« Finalement si les Mayas avaient prévu les progrès de la médecine et toutes leurs conséquences, ils se seraient sans doute plus appliqués dans leurs calculs. Mais j’y pense…. Ils ont peut-être déterminé une marge d’erreur. A-t-on recherché leur intervalle de confiance ? Si ça se trouve la vie va finir avant que les savants ne sachent la reconstituer. »