Archive pour le 12 février, 2013

Les aventures de Martial, le martien

12 février, 2013

« Hier Martial, le martien a posé sa soucoupe volante dans l’un des plans d’eau du parc du château de Versailles. Son engin est tombé en panne. Il ne pouvait pas atterrir ailleurs. Au passage, il a démoli une grande partie de la principale roseraie du parc. »

« Et alors ? Qu’est-ce qu’il a fait, Martial? »

« Il a demandé à voir Louis XIV. Le Conservateur accourut et lui dit que Louis XIV est mort depuis longtemps. Alors, Martial a répondu : c’est vous le nouveau patron ? Ça change tout le temps chez vous ! »

« Il a réparé et est reparti ? »

« Bin…non. Il lui manquait une pièce de rechange. Il a du prendre sa sous-soucoupe pour aller la chercher à Paris. Chez Claudius le mécanicien. »

« Sa sous-soucoupe ? »

« Oui, tous les martiens transportent une sous-soucoupe dans leur soucoupe pour ne pas être immobilisés en cas de panne. C’est assez ingénieux. » 

« Donc Claudius a dépanné Martial… »

« Bin… non. Il y avait un délai car il fallait commander la pièce. Peut-être dans dix jours, mais ce n’était pas sûr car la Poste ne fonctionne pas bien en ce moment. Alors Claudius a conseillé à Martial de patienter au Château. Le conservateur lui a donné asile et l’a couché dans le lit de Louis XIV. »

« Il devait être content Martial. »

« Bin … non parce que ce matin, il n’a pas pu sortir de sa chambre car l’employé préposé aux clés avait pris une journée de RTT pour mener son chat au vétérinaire. Le Conservateur a du évacuer Martial par la fenêtre et le long d’une corniche. »

« Et après, ils se sont arrangés entre eux ? »

« Oui, mais le Brigadier Boulardon est arrivé. Il n’était pas content. Il a demandé à Martial, d’un ton rogue, s’il se rendait bien compte du bazar qui régnerait si chacun garait son véhicule dans les fontaines du parc du château de Versailles. »

« Martial était embêté, je suppose … »

« Un peu. En plus, il avait oublié de poser un triangle à terre pour signaler qu’il était en panne. Vu la situation, le Brigadier a téléphoné au Commissaire Michon pour avoir des instructions. »

« C’est normal, il faut que la hiérarchie assume ses responsabilités. Qu’a dit le Commissaire ? »

« Il a dit qu’il était en train de réprimer une émeute dans une banlieue sensible et qu’il invitait fortement le Brigadier a se débrouiller avec son histoire. Le Brigadier Boulardon a raccroché en marmonnant que lui aussi était sensible. Puis il a décidé de convoquer le martien au Tribunal pour s’expliquer devant le Juge. »

« Bon, alors ça va se régler à l’amiable. »

« Bin… non, parce qu’il y a un délai. Les tribunaux sont encombrés. Et puis la greffière est en congé maternité. »

« Martial était légèrement agacé. Il a donc fait appel au Médiateur de la République qui lui a répondu qu’effectivement son souci donnait une mauvaise image de l’accueil dans l’administration. D’ailleurs, il ne manquerait pas de le signaler dans son prochain rapport. Martial a demandé : alors qu’est-ce que je fais, moi ? Le Médiateur a déclaré qu’il comprenait sa question mais que pour sa réponse, il fallait instruire son dossier et compter un délai de six mois environ. Ne vous inquiétez pas a-t-il ajouté, je suis le dossier, je vous tiens au courant. »