Bonjour messieurs-dames !

« J’aime bien frauder. Un petit peu, pas trop, ça me donne l’impression d’accroître mon espace de liberté. Quand j’étais gamin, j’imitais la signature des parents pour faire ce que je voulais au collège ou au lycée. »

« Ce n’est pas très bien. »

« Non, mais on l’a tous fait. Vous n’avez jamais grillé de feu rouge lorsque les forces de l’ordre ne regardaient pas ? Hein ? Ou alors franchi tranquillement une petite ligne jaune ? Ou bien voyager sans billet dans le train ? »

« Bin… non. Si tout le monde fait comme vous, on ne peut plus vivre en collectivité. Ce n’est guère citoyen comme attitude ! Et puis moi, ne pas être en règle dans le train, ça me stresse pendant tout le voyage. »

« Vous n’en avez pas marre, vous le bon citoyen, d’être continuellement bridé. Je parie que vous descendez sur le trottoir devant chez vous pour fumer.  Bientôt, on vous dira où il est permis de boire un coup… »

« Peut-être mais d’abord je ne fume pas. Ensuite je trouve normal de ne pas gêner les autres. Faites n’importe quoi si vous voulez, mais n’embêtez pas votre voisin ! »

« Pff !!! Ce n’est pas très motivant. J’aime bien que les autres remarquent ma capacité à braver les interdits sociaux. Par exemple, si je traverse en dehors des clous, je ne dérange personne. J’ai le droit, d’après vous ? »

« Bin … oui et non…. Si vous vous faites renverser, vous vous rendez compte ? Vous dérangerez tout le monde : pompiers, ambulances, médecins… Et en plus, vous aggraverez le déficit de l’assurance-maladie. Vous comprenez ? Dès que vous transgressez une règle, c’est toute la société qui en pâtit. Par votre faute. »

« Bon et si je prends des distances avec les convenances sociales ? Par exemple, si je ne dis pas bonjour en arrivant quelque part, je ne creuse aucun déficit… »

« Oui, mais lors là, on touche au problème de la courtoisie. »

« A quoi ça sert la courtoisie ? »

« A reconnaître l’existence de votre interlocuteur. Vous lui dites que vous êtes là à son écoute et vice-versa. Si vous ajoutez : comment ça va ? C’est encore mieux. Vous allez me dire que vous vous en fichez complètement, mais c’est un passage obligé. Sinon, vous êtes malpoli. »

« Pff… je suppose qu’il faut aussi lui serrer la main ou lui faire la bise. Bref, échanger nos microbes. Ce n’est guère hygiénique. »

« Peut-être, mais enfin si vous ne le faites pas, vous vous donnerez l’impression d’être libéré des contraintes sociales, mais vous allez vous isoler. »

« Je comprends, il vaut mieux être comme tout le monde : malade, mais intégré.»

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