Archive pour le 25 novembre, 2012

Un conseil ?

25 novembre, 2012

« Moi, je ne supporte pas les critiques. Mon action ne doit pas être entravée par des remarques. Je suis assez influençable. » 

« Pourtant, il peut y avoir des critiques constructives. Il faut savoir écouter. »

« Certes, mais enfin il y a deux solutions. Ou bien mon interlocuteur a tort et il ne sert à rien. Ou bien il a raison et ses observations me déstabilisent. Surtout s’il intervient alors que j’ai commencé à agir. Certains me critiquent le lendemain quand j’ai fini ! »

« Leur analyse peut vous servir pour la fois suivante ! »

« Bin… non. Parce qu’en plus, je me trouve complètement anesthésié par leur intervention. Prenons un exemple concret au lieu de parler dans le vide. Imaginez que j’achète une Twingo et que vous me fassiez observer, huit jours plus tard, que ma voiture est pourrie. Eh bien je me trouve avec une épave sur les bras, une difficulté à la revendre et la peur de recommencer la même bêtise si j’en rachète une autre ! »

« En effet, vous seriez bien embêté ! »

« Vous voyez ! Il ne faut pas me critiquer. Ni me donner des conseils d’ailleurs. Les conseils, c’est ce que vous disent les gens qui n’osent pas vous critiquer parce qu’ils savent que ça va vous énerver. Mais, en réalité, c’est la même chose. »

« Vous ne voudriez pas un bon conseil ? »

« Un bon conseil, c’est encore pire qu’un mauvais. Je serai obligé de m’insulter moi-même : comment n’ai-je pas pensé à ce bon conseil ? Quel nigaud ! Et puis ça vous donnera un avantage psychologique sur moi. Je n’envisage pas de vivre au crochet des bons conseils que vous allez me donner. »

« Moi, mes conseils sont désintéressés, vous savez. Après tout, si vous faites n’importe quoi, je m’en fiche un petit peu ! »

« Vous dites ça, mais si vous intervenez dans mon existence, vous serez ravi de vous faire passer pour un vieux sage dont chacun guettera les avis avec impatience. »

« Bon, alors de quoi peut-on parler ? »

« Il faut que nous soyons sur un pied d’égalité. Si vous me donnez un conseil, je dois vous en prodiguer un autre. Comme ça, personne ne prendra l’ascendant psychologique. »

« Le problème, c’est que vos conseils sont moins bons que les miens. Je suis perdant à tous les coups. Il vaudrait mieux ne rien me dire. »

« Je pourrais au moins avoir un avis, non ? »

« Bon d’accord. Un avis. Mais n’oubliez pas de me le donner avec modestie pour ne pas me froisser. En précisant bien que ce n’est que votre avis et que vous pouvez vous tromper. Comme ça, je me sentirai plus à l’aise pour ne pas en tenir compte. »