Archive pour le 22 novembre, 2012

Bonne année !

22 novembre, 2012

« Qu’est-ce que vous faites pour le jour de l’an ? »

« Rien de spécial comme d’habitude. Pourquoi ? C’est obligatoire de faire quelque chose ? On ne peut pas rester chez soi pour regarder des âneries à la télé ?»

« Non, ce n’est pas très bien. Si vous n’avez rien d’intelligent en vue, vous pourriez au moins descendre dans la rue pour hurler comme un imbécile. »

« Pourquoi ferais-je une bêtise pareille ? »

« Pour exprimer votre joie de passer à une nouvelle année. Tout le monde le fait, ça se passe dans une atmosphère de liesse. Sauf quand il y a des bagarres avec la police. Mais, ça s’arrange vite. C’est très bon enfant ».

« C’est-à-dire que le fait de passer un année ne me rend pas spécialement heureux. J’ai toujours les mêmes ennuis que pendant l’an précédent. En plus, avec la crise, ça s’aggrave. Ne pourrait-on pas se réunir la nuit du 31 décembre pour pleurer sur l’année qui s’en va et qui sera, au train où vont les choses, meilleure que l’année qui arrive ? »

« Euh… non ! Ce n’est pas comme ça que ça marche. La nuit de la Saint-Sylvestre doit être l’occasion de célébrer l’espoir d’un futur meilleur. Laissons de coté les petits soucis de la vie quotidienne. Tournons une nouvelle page. Vous comprenez ? »

« Bien. Mais on ne pourrait pas faire ça un autre jour ? Le 6 janvier ? Ou alors tout regrouper le 14 juillet, il fait meilleur dehors. »

« Non, on ne va pas commencer l’année le 14 juillet parce que vous êtes frileux. C’est le 31 décembre. Le froid fait partie du folklore et puis si il neige, c’est encore mieux. »

« J’ai entendu dire qu’il faut aussi brûler des voitures… »

« Non, ça s’est interdit. Mais vous pouvez apporter des bouteilles de champagne et faire péter les bouchons au milieu des rires et des cris. N’oubliez pas de souhaiter une bonne année à tout le monde. C’est le jour où il est bon de se préoccuper de la santé de vos voisins. »

« Aux dernières nouvelles, ils vont très bien. Et puis, moi, je n’ai pas trop envie qu’on me souhaite une bonne année. Je préférerais qu’on m’apporte la certitude qu’elle sera bonne pour moi. Le fait de souhaiter implique qu’on n’est pas très sûr que je passe douze mois confortables. Vous comprenez ?  On le souhaite, mais on évite de trop s’engager… Moi, ça me déstabilise. »

« Vous êtes compliqué…. Alors dites que vous souhaitez la paix dans le monde, ça ne vous engage pas vu que, si les hommes se font la guerre depuis plusieurs millénaires, vous n’y êtes pour rien. Ou alors, dites que vous espérez que tous les miséreux mangeront à leur faim. »

« Et puis après, je vais réveillonner grassement… »

« Oui, vous avez raison, pas trop de cynisme quand même. Ne dites rien, ce sera mieux. Contentez-vous de hurler n’importe quoi, comme un sauvage. De toute façon avec les pétards et les feux d’artifice, personne ne vous entendra. Finalement, il n’y a pas de raison qu’on prête attention à la nature de vos espérances. Et puis, ce n’est pas le 31 décembre, avec votre petite coupe de champagne dans la main que vous allez trouver les mots pour révolutionner la marche du monde. »

« Allez ! On est le treize novembre ? Alors : bonne année ! »