Archive pour le 18 novembre, 2012

Encore des problèmes de voisinage !

18 novembre, 2012

« J’aime bien la chouette qui sort la nuit pour pousser son cri au lieu de hululer en plein jour, comme tout le monde. De manière générale, j’adore ceux qui font tout à l’envers, ceux qui ne comprennent rien à rien. Par exemple, vous quand vous prenez vos vacances d’été dans le Midi, au mois de novembre. C’est le seul moment où j’ai été tranquille, cette année.»

« J’avoue que nous nous sommes distingués par notre originalité. Il faisait un froid de canard. On s’est bien embêté. Colette a un peu râlé. Mais nous n’avons rencontré personne sur la route. Il y a peu de gens aussi spéciaux que nous.»

« J’aime bien aussi votre initiative de peindre votre portail en orange vif avec de gros points verts. On peut dire que vous avez le portail le plus regardé du quartier. C’est de mauvais goût, mais on ne passe pas devant chez vous par hasard.»

« Oui, là, nous avons fait fort. Colette aurait aimé des touches de violet pour exprimer notre angoisse devant la vanité humaine, mais je l’ai arrêtée. Le voisinage pourrait ne pas comprendre cette allusion métaphysique.»

« J’adore aussi vos goûts musicaux. La chanson que vous nous mettez dans les oreilles toute la journée. Personne n’oserait la chanter. Vous vous osez. Quelle belle aventure culturelle ! Comment ça fait déjà ? Ah oui : ah  gazou, zou-zou… ? »

« C’est vrai que nous aimons l’art d’avant-garde avec Colette. Je craignais que nos orientations musicales vous déroutent un peu. Mais je vois qu’on est entre connaisseurs. Colette sera ravie. »

« Il faut une sacrée veine pour tomber sur un voisin très intéressant, comme vous. Les autres n’ont pas cette chance d’être réveillés à trois heures du matin par un élevage de coqs aussi matinaux que les vôtres. »

« Oui, Colette y tient beaucoup. Moi, j’aurais préféré élever des otaries. Mais il faudrait que vous me louiez votre piscine. Je vois que vous ne vous en servez pas beaucoup. »

« Euh…. Pour tout dire, moi, j’ai des goûts assez classiques. Sous nos latitudes, je pense préférable de tenir compagnie à un poisson rouge dans un bocal. Je n’ai pas votre force de caractère. J’avoue qu’il faut un sacré mental pour cultiver un carré de canabis à cent mètres d’une gendarmerie. Si vous pouviez essayer de ne pas déborder sur ma propriété…  C’est pour votre consommation personnelle ?»

« Euh… Colette et ses copines aiment bien fumer un peu. Nous ne sommes pas du genre « petits bourgeois ». Eux boivent de l’alcool. Nous, du jus de fruits. Nous fumons peut-être, mais sobres ! »

« J’avoue que j’envie votre mode de vie. On voit bien que vous savez résister aux conventions sociales qui brident nos personnalités amorphes. Je n’oserais pas habiter en communauté avec des gens que je ne connais pas. Surtout avec des brigands recherchés par Interpol et toutes les polices du monde »

« Ils sont très sympas. J’ai justement un arrivage et je manque de lits. J’ai pensé que vous pourriez en loger un ou deux… »