Archive pour le 4 novembre, 2012

Notre rubrique financière

4 novembre, 2012

« A la radio, ils ont annoncé que la dette de l’Etat représente plus de 25 000 euros par habitants. C’est inquiétant. Vous n’avez pas l’air dérangé par cette nouvelle ».

« Bin… non, moi je suis créancier de l’Etat alors…. » .

« Ah bon, et vous êtes content ? Vous avez un bon placement ? »

«Bin… non, je suis pas content. L’Etat augmente mes impôts pour rembourser ma créance. Autrement dit, je rembourse moi-même le prêt que j’ai accordé. C’est fortiche ! ».

« Moi, de toute façon, je n’ai pas 25 000 euros pour rembourser ma part, je suis tranquille».

« Je pourrais vous envoyer l’huissier, ce serait plus pratique pour moi, parce que envoyer l’huissier à l’Etat, je ne vous dis pas la galère… ».

« Ne craignez rien, l’Etat emprunte à l’étranger pour vous rembourser ».

« Autrement dit, il faudra que je rembourse les étrangers une fois que j’aurais retrouvé mon capital augmenté de mes intérêts. On progresse ! ».

« Euh… si je comprends bien, vous êtes créancier et vous voulez être exonéré d’impôts ? ».

« Je me sentirais beaucoup mieux en effet, si ça ne vous dérange pas trop ».

« Tout de même, vous utilisez les routes et les hôpitaux pour votre usage personnel ».

« Oui, mais la dette publique est plutôt destinée à payer les fonctionnaires. A propos vous êtes fonctionnaire ? Donc, c’est bien ce que je disais, vous me devez de l’argent… »

« Vous avez de drôle de raisonnements. Au nom de la solidarité nationale, vous pourriez abandonner votre dette par exemple au lieu de chercher de nouveaux avantages ».

« Bin moi je veux bien mais plus personne ne prêtera à l’Etat. Ce n’est pas souhaitable. Prenons un exemple simple. Si vous voulez que je vous prête de l’argent, il faut commencer par me rembourser celui que vous me devez. Vous comprenez ? »

« Si j’ai besoin d’argent, je ne vois pas comment je vais vous rembourser ».

« Nous y voila. Réduisez votre consommation, vendez votre maison, votre voiture. Soyez pauvre, comme tout le monde ! ».

« Mais si je suis pauvre, vous ne me prêterez plu puisque je n’aurais plus de capacité de remboursement. Si tout le monde est pauvre, vous ne pouvez plus prêter à personne. Vous voyez bien que je dois être un petit peu riche. Enfin bref, il faut que le créancier croit que le débiteur soit un petit peu riche, sinon son argent lui reste sur les bras ».

« Si je vous suis, il vaudrait mieux que je prête mon argent à des gens qui n’en ont pas vraiment besoin  pour être sûr qu’ils me le rendront ».

« Euh… là, je crois que notre raisonnement commence à s’embrouiller un peu… »