Archive pour le 9 septembre, 2012

Un bon paroissien

9 septembre, 2012

« Je vais vous raconter mon histoire en moins de deux ».

« Prenez votre temps. J’ai des tonnes de rendez-vous, mais j’ai mon temps. En moins de quatre, ça me va très bien. Pourquoi les gens sont-ils toujours pressés ? »

« Je me rendais à l’église à brides abattues… »

« Vous avez un cheval ? »

« Non, c’est pour dire que j’allais très rapidement à la messe car j’étais en retard. C’est pour vous situer le cadre de mon histoire. Imaginez un paroissien endimanché qui court à perdre haleine sur le trottoir ».

« Vous l’avez retrouvé votre haleine ? »

« Oui, car quand j’arrive à bout de souffle, la porte du lieu saint est fermé. Que me dit-on alors ? »

« Que c’est lundi. Et que vous vous êtes trompé de jour ».

« Ne brulez pas les étapes. Sinon, je vais m’embrouiller ».

« Je ne suis pas un pyromane. J’essaie de vous aider ».

« On me dit que le curé est en grève. Ah bon ! Dis-je d’un air étonné ».

« Il y en a pour longtemps, j’ai un petit boulot à terminer… »

« C’est vous qui m’avez dit de ne pas aller bon train. J’essaie de vous faire sentir mon état d’esprit dans une scène authentique. Sur ces entrefaites,  je vois arriver le père Decizo à fond la caisse ».

« Il était dans une caisse ? ».

« Non, il n’a pas de voiture. Il survient à pied en courant à toutes jambes ! Vous ne comprenez pas grand-chose à ce que je dis…  C’est alors que le père Decizo nous dit que le vigneron Dejambes ne veut pas négocier le prix du vin de messe… ».

« Ce n’est pas possible : Dejambes ? Celui qui a inventé un jeu ? »

« Il est marchand de jouets ? ».

« Vous ne connaissez pas le jeu Dejambes ? Ah, ah ! Non, je rigole. Finissez votre histoire parce que là, il va falloir que je file le pied au plancher ».

« Ça va être difficile, nous sommes sur un carrelage. Enfin bref, le père Decizo l’avait mauvaise ».

« Quoi ? »

« Quoi quoi ? »

« Qu’est-ce qui était mauvaise ? »

« Bon, je vous la fais courte. Je n’ai pas été à la messe dimanche dernier. C’est pour ça que je n’ai pas pu venir au boulot de toute la semaine pour ne pas prendre le risque de commettre des péchés. Vous savez ce que c’est la lutte entre collègues pour faire carrière est sans pitié ».

« Bien ! Hé bien, mon cher Martin, je vais peut-être prendre un billet pour l’enfer, mais je vais vous retenir huit jours sur vos congés à cause du père Decizo… ».

Un homme de l’ombre

9 septembre, 2012

Max était un beau ténébreux.

Il était arrivé comme passager clandestin.

Il avait fait de la prison : dans un fort intérieur à son pays.

Il s’était enfui par une porte dérobée.

Max entretenait un jardin secret.

Mais il ne dissimulait pas sa gourmandise.

Il mangeait souvent des mystères en dessert.

Tout en écoutant de la musique en sourdine.

Sa maison avait un certain cachet.