Archive pour le 4 septembre, 2012

Revoilà le sages conseils de Maître Jacot

4 septembre, 2012

« Je suis impatient ».

« C’est un vilain défaut. Il faut savoir attendre. Quand les choses ne dépendent pas de votre volonté, il faut savoir attendre qu’elles se produisent. Ou pas. Allez faire un tour tranquillement. Vous apprendrez la nouvelle quand elle surviendra. Qu’elle soit bonne ou mauvaise, vous l’examinerez sans vous énerver et vous en tirerez les conséquences qui s’imposent ».

« Ce serait sage, en effet ».

«Dans la vie, si vous voulez tout, tout de suite, vous allez vous trouver devant un tas de problèmes à régler et vous pleurnicherez en disant que vous ne pouvez pas tout faire à en même temps. Ce qui est vrai d’ailleurs. Vous ne pouvez pas être partout ! »

« Ah, cà ! Vous avez bien raison ».

« Moralité : allez donc vous promener avant d’affronter les choses de l’existence. Et puis, si la nouvelle que vous attendez n’est pas celle que vous espérez, dites-vous bien que ça n’a aucune importance car votre aspiration était, de toute façon, complètement  déraisonnable ».

« C’est beau, la sagesse ».

« Par exemple : vous n’avez pas gagné à la loterie. Dites vous bien que c’est normal. Avec une chance sur quatorze millions, c’est l’inverse qui aurait été surprenant. Autre exemple : vos analyses de sang sont mauvaises ? Vous vous en doutiez. Vous allez prendre sereinement des mesures pour réguler votre cholestérol. Faire un peu de sport : il ya longtemps que vous y pensiez ! Vous comprenez ? »

« Oui, je vois… »

« Il n’y a aucune raison d’être impatient d’apprendre des nouvelles que vous avez anticipées ».

« Et l’espoir, Maître ? N’est-ce pas l’espoir qui fait vivre ? »

« Parlons-en. L’espoir, c’est croire à un monde d’où tout ce qui est raisonnable a disparu. Un monde où un français gagnerait le Tour de France. Un monde où on vous augmenterait de 5% par an, les mauvaises années. Un monde où votre banquier vous prêterait de l’argent sans s’inquiéter de savoir si vous en gagnez. Un monde où vous pourriez être en bonne santé sans vous bouger. C’est ça, l’espoir ! Vous espérez des choses insensées et hop ! Elles se produisent ».

« Ce serait bien un monde avec de l’espoir, tout de même ! ».

« Je ne pense pas. Prenons un exemple, vous priez pour que votre nouveau voisin soit sympathique. Ce qui est totalement irréaliste. On sait bien que  tous les voisins du monde se barricadent chez eux. Bonjour, bonsoir ! Et puis c’est tout. Hé bien, dans une société avec de l’espoir, votre nouveau voisin arriverait chez vous avec le sourire aux lèvres et un gâteau de bienvenue à partager ! C’est ça que vous voulez ?».