Il y a plusieurs vérités

J’aime bien le mensonge. Mais alors le mensonge bien fait. Le menteur qui croit à son propre mensonge. Pas l’individu qui transpire à grosses gouttes dès qu’il profère une contre-vérité. Ou alors celui qui regarde ailleurs en espérant fuir le regard de son interlocuteur ? En un mot, le bon gros mensonge énoncé avec des yeux de la couleur du ciel et de l’innocence, profondément fixés sur celui qui va se dire qu’avec des yeux comme ça, on ne peut pas mentir.

Il faut aussi qu’un mensonge ait de la classe. Qu’il soit suffisamment élaboré pour être une quasi-vérité. Un mensonge présente l’intérêt de pouvoir s’améliorer contrairement à la vérité qui est ce qu’elle est. Le mensonge est grossier au début. Mais je peux le magnifier en me donnant la peine de le simplifier tout en lui gardant son caractère tellement convaincant que les frontières entre le mensonge et la vérité s’estompent.

Prenons un exemple. Je vous dis que j’ai passé cinq heures à écrire ce texte. Vous ne pouvez pas vous imaginer le nombre de fois où j’ai recommencé. C’est complètement faux.

Alors à quoi me servirait ce mensonge. Réponse : à valoriser mon travail parce qu’il en aurait sérieusement besoin vu le peu de temps que j’ai passé à écrire ces lignes.

Des esprits prétendument rigoureux disent que, finalement, les choses son très simples. On dit la vérité ou on dit un mensonge. Il n’y a pas d’autres solutions. Erreur. Je le démontre en reprenant l’exemple précédent.

Dans cette situation, il ya au moins quatre possibilités.

Ou bien vous croyez que j’ai réellement passé cinq heures sur ce texte : l’intensité et la durée de mon travail vous émeut au point d’abandonner tout sens critique et de me couvrir de louanges.

Ou bien, vous croyez toujours que j’ai passé cinq heures à produire cet article et vous vous demandez comment on peut sacrifier autant de temps à émettre des inepties.

La troisième solution est que vous croyez que je mens et que, du coup, la qualité de mon travail vous apparait extraordinaire ; comment écrire aussi bien en peu de temps.

La dernière hypothèse est que je n’ai pas passé plus de dix minutes sur ce texte et que ça ne vous surprend pas, vu sa nullité.

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