Archive pour le 17 juin, 2012

Une rencontre difficile

17 juin, 2012

« Vous pourriez me draguer. »

« Bin… non. Vous ne me plaisez pas du tout. Mais alors ce qui s’appelle pas du tout. Vous n’êtes pas mon genre.»

« Vous pourriez faire semblant, ce serait courtois. »

« J’ai déjà du mal à vous regarder. Alors vous pensez, vous draguer… Il ne faut pas prendre vos désirs pour des réalités.»

« Je vois ce que c’est… On n’ose pas… »

« C’est ça. On n’ose pas. Je ne tiens pas à me couvrir de ridicule. J’ai une réputation à défendre. Je ne sors pas avec n’importe qui. »

« Et moi ? Vous croyez que ça  me plairait que vous me draguiez ? C’est bien les hommes, ça. Vous vous croyez tout permis. Sans même nous demander notre avis. Vous voyez bien que l’égalité des sexes, ce n’est pas encore pour aujourd’hui !»

« Mais puisque je vous dis que je n’ai pas envie de vous draguer. »

« C’est tout comme : vous y avez pensé. C’est même encore pire : vous n’assumez pas vos envies. Vous me décevez beaucoup. »

« Vous êtes surtout un peu têtue : je n’ai pas la moindre envie de vous draguer. Il faut vous le dire comment ? D’abord, vous avez de gros genoux qui vous donnent une démarche en canard. »

« Vous voyez que vous m’avez observée du coin de l’air. J’en étais sûre. Bon, je passe pour cette fois. Allons prendre un verre pour mieux nous connaître. Vous ne m’avez pas invitée, mais c’est normal : la première fois je fais beaucoup d’effet. Il faut dire que j’ai beaucoup d’allure, on n’hésite avant de m’aborder.»

« Bon, essayons de prendre les choses autrement. Vous êtes absolument adorable : j’aime beaucoup votre nez en trompette et votre coupe de cheveux complètement débridée. Bravo à votre coiffeur. »

« Je ne me suis pas encore peignée ce matin. Je n’imaginais pas que ça  fasse autant d’effet. Et puis je n’ai pas le nez en trompette, je suis un peu enrhumée. Je ne pensais pas non plus que mon appendice nasal soit aussi sensuel. Finalement, vous avez l’air d’avoir des goûts un peu pervers. Non seulement vous m’avez matée sans en avoir l’air, mais en plus vous n’avez remarqué que des détails sordides. J’ai bien fait de me méfier de vous. Je retire mon invitation et je vous conseille de revoir vos méthodes de drague sinon vous allez rester seul, mon pauvre. »