Archive pour le 14 juin, 2012

Léon

14 juin, 2012

« ll faut que les choses finissent un jour. Tout ce qui est commencé doit être fini. Si une chose ne finit jamais, alors c’est que cette chose c’est Dieu ».

« Nous, les êtres humains, nous sommes programmés pour vivre 150 ans. Ce n’est pas l’immortalité, mais c’est déjà beaucoup. On peut dire que nous sommes des demi-dieux. Mettez-vous à la place d’une fourmi. Pour elles nous sommes des géants extravagants. Imaginez que nous tombions nez à nez –si j’ose dire- avec des créatures d’une taille gigantesques. Comme les fourmis, nous n’aurions plus qu’un seul but : vivre en évitant qu’ils nous écrasent sous leurs pieds. Sans le faire exprès bien entendu. Les fourmis sont peut-être des êtres intelligents qui en sont réduits à gagner leur pitance tout en essayant de ne pas disparaitre ».

« Je veux bien que nous soyons des demi-dieux. Mais avouez que par moments, nous sommes un peu crétins pour des demi-dieux. Elles doivent se marrer les fourmis quand elles nous entendent nous chamailler pour des bêtises. Quoique je n’ai jamais entendu une fourmi s’esclaffer ».

« Et le génie humain qu’est-ce que vous en faites ? Nous sommes sur le point de reconstruire le monde. Bientôt, les chirurgiens pourront remplacer votre visage ou votre cerveau fatigués. Vous serez comme neuf ! Nous avons inventé l’hologramme et bientôt l’hologramme palpable ! A mon avis, nous avons dépassé le niveau du trois-quarts de Dieu. Le père de toute Créature n’a qu’à bien se tenir à la rampe, nous arrivons ! »

« Vous vous prenez pour le Bon Dieu ? Voilà bien de l’outrecuidance ! Au Moyen-âge, on vous aurait brulé pour moins que ça. Après les tortures d’usage bien entendu ».

« Non, nous sommes pas le Bon Dieu. Nous sommes quelqu’un d’autre. Quelqu’un qui sera bientôt au même rang hiérarchique que le Créateur Originel. Je ne sais pas comment l’appeler… On va dire qu’il s’appellera Léon. On trouvera peut-être quelque chose de plus fin plus tard. Dans le langage courant, on pourra dire « Grâce à Léon » à la place de « Grâce à Dieu ».

« Vous ne blasphèmeriez pas un peu, par hasard ? ».

« Si, mais grâce à Léon, nos enfants vont avoir une autre vie. La communauté des hommes vivra en paix, se multipliera, mangera sainement, ira en bonne santé jusqu’à des âges avancés ».

« Bon d’accord. Mais qui c’est ce Léon. Où est-il ? Il faudrait qu’il se montre pour que j’y croie. C’est un peu facile de se prendre pour l’égal de Dieu ».

« Vous n’avez rien compris. Léon, c’est une entité immatérielle comme son Alter Ego. Il est en vous, il est en moi, c’est le génie humain ! »

« Mais Bon Léon ! C’est bien sûr ! ».