Archive pour le 5 juin, 2012

Infiniment

5 juin, 2012

C’est loin, mais j’y suis arrivé. Où ? A l’infini. A force d’entendre parler de choses géométriques qui tendent vers l’infini, on a envie d’aller y voir.  Le voyage est un peu long, il faut partir de bon matin. En me retournant je voyais le point zéro qui s’éloignait de plus en plus, ça faisait bizarre.

J’ai  pris des photos de l’infini. J’ai la preuve que contrairement à ce qu’on dit, les parallèles se coupent à l’infini. A l’infini, il n’y a personne. A part des parallèles qui se coupent, il n’y a personne, on dirait un hall de gare désaffecté.

J’ai fait un grand voyage. J’ai visité « plus l’infini » et « moins l’infini ». C’est comme s’il y avait un « grand infini » et un « petit infini ». C’est plus facile d’aller au « grand » qu’au « petit », si on en a besoin. On sait où il est le « grand ». Il suffit de lever la tête, le « grand infini » est quelque part dans le ciel ou alors juste derrière.

Le « petit » se cache mieux.  Lorsque vous découpez une feuille de papier en deux, et puis encore en deux, et puis encore… vous finissez par y arriver. Le « petit infini », c’est ce qui vous reste entre les doigts. J’y suis allé aussi jusqu’au « petit infini ». On a l’impression d’un grand vide entouré de confettis, issu de la feuille de papier que je me suis acharné à découper.

J’ai jeté les papiers et gardé l’infini. Puis, j’ai découpé une nouvelle feuille de papier pour avoir deux petits infinis. Mis côte à côte, ils se ressemblent. En ajoutant plusieurs « petits infinis », j’obtiendrais peut-être un « grand infini ».Ainsi chacun pourrait se fabriquer son éternité ou alors quelque chose de grand, comme il y a dans le ciel ou juste derrière.

A la réflexion, il vaudrait mieux ne pas ébruiter ce projet. Si tout le monde se fabrique son « grand infini », on ne pourra jamais les caser tous dans l’univers. Et puis, ça va encore gâcher du papier. On a besoin de la forêt amazonienne, tout de même !