Archive pour le 3 juin, 2012

A bon entendeur…

3 juin, 2012

« Avez-vous entendu ce que je viens de vous dire ? »

« Non. Quand ça ne me plait pas je fais celui qui n’entend pas et je pars sur autre chose ».

« Ça n’est pas très correct. Ce n’est pas comme ça que nous allons pouvoir dialoguer ».

« Tout le monde fait comme ça. C’est la vie mon vieux. Et puis si votre discours m’énerve, je vais parler en même temps que vous de telle manière que vous n’allez même plus comprendre ce que vous êtes en train de dire. Faites attention ! »

« On ne va pas aller très loin avec ce genre pratique ».

« Qu’est-ce que vous croyez ? Je ne vais tout de même pas me laisser déstabilisé par des arguments qui ne sont pas les miens. Surtout si c’est vous qui avez raison. J’ai déjà du mal à être cohérent avec moi-même, s’il faut que je rentre dans votre cohérence, je ne m’en sors plus ! »

« Allons ! Allons ! Vous ne pouvez pas croire que vous avez forcément raison sur tout ! Il y a quand même des moments où vous devez donner raison à autrui.».

« Euh… bin non ! Ou alors, je ne lui dis pas. Il ne faudrait pas qu’il s’imagine qu’il peut m’imposer son point de vue. Je passerai pour un mou ! »

« Si je comprends bien, même quand on a tort, on a raison de persister ? »

« Hein ? Quoi qu’est-ce que vous dites ? Vous avez vu les nouvelles, le prix de l’essence ne baisse pas, celui de l’autoroute augmente… Comment je vais partir en vacances, moi ? C’est toujours pareil : ce sont les petits qui trinquent ! »

« Je disais que l’essentiel pour vous est d’avoir l’air de ne pas changer d’opinion. Vous vous intéressez plus à l’impression que vous laissez aux autres qu’à ce que vous dites. Vous ne progresserez pas beaucoup avec cette attitude ».

« Vous n’avez pas vu Dumoulin, ce matin ? Il n’est jamais là quand j’ai besoin de lui, celui-là. C’est vraiment un problème. Et quand par hasard il est là, il n’écoute jamais ce que j’ai à lui dire ! »

« Non, je n’ai pas vu Dumoulin. Je disais simplement que vous n’êtes pas très ouvert à un dialogue loyal puisque vous refusez toute contradiction ».

« Ce n’est pas à vous que je m’adressais. Veuillez m’excuser, mais je n’ai pas beaucoup de temps. Avec tout le boulot que j’ai !…. Passez me voir à l’occasion, nous pourrions reprendre cette discussion fort intéressante ! »

« Vous voyez : vous fuyez le débat dès qu’il vous dérange. Vous ne devez pas être très à l’aise avec vous-même ».

« Qu’est-ce qu’il y a à la cantine à midi ? »