Encore la crise

« Je sais me satisfaire de peu. Par les temps qui courent, il vaut mieux faire preuve de sobriété. Il n’y a plus d’argent dans les caisses. Il faut aussi rembourser la dette. Sans oublier de préserver les ressources naturelles. »

« Ce n’est pas très gai. Je ne me sens pas soulevé par une espérance quelconque. »

« C’est comme ça. Nous avons vécu  au-dessus de nos moyens. »

« C’est-à-dire que vu mes moyens, je ne vois pas bien comment j’aurais pu vivre en –dessous ! »

« Je fais de la macro-économie, là. Si on commence à ses préoccuper des cas particuliers, la vie va devenir impossible. »

« En même temps, elle l’est déjà un petit peu… Bon, je vois que je vous dérange avec mes problèmes. Revenons à la macro-économie. Qu’est-ce que vous préconisez ? »

« Réduire… réduire tout… Par exemple, vous partez en vacances ? Eh bien, disons que vous partirez dix jours au lieu de quinze… De toute façon, vous vous ennuyez dès les premiers jours. »

« C’est-à-dire que je n’arrive même pas à partir une semaine… »

« Bon… alors on va dire que vous allez vous rendre au travail en transports en commun au lieu de prendre votre voiture… on économisera de l’essence et ce sera bon pour combattre la pollution. »

« J’ai plus de travail depuis longtemps, mon pauvre… Quand à ma voiture, elle reste au garage. Vu le prix de l’essence… »

« C’est compliqué avec vous. Il faudrait quand même que vous fassiez des  économies quelque part pour participer à l’effort de redressement national. Par exemple, vous pourriez arrêter d’être malade… »

« J’ai une idée : je vais éviter de fêter Noel. De toute façon, ça me casse les pieds. C’est surfait. Et puis moi les fêtes de famille… »

« Non, ça ne va pas. Il faut réduire son train de vie, mais sauvegarder les traditions familiales. Celles qui resserrent les liens, qui rythment la vie… Vous voyez ce que je veux dire. Parce que si tout le monde se dispense de Noël, alors là… tout part à vau-l’eau… Le petit commerce mourra. Sous prétexte que vous n’avez pas de moyens, vous donneriez un très mauvais exemple ! Quand tout va mal il faut se serrer les coudes autour des symboles de la vie collective. »

« Si je comprends bien, il faudrait que j’économise sur des dépenses que je ne fais pas sans porter atteinte aux traditions d’un milieu que je ne fréquente pas ? »

« Il y a un peu de mauvais esprit dans ce que vous dites, mais en gros c’est ça… »

Laisser un commentaire