Archive pour le 1 avril, 2012

Encore la crise

1 avril, 2012

« C’est la crise ! »

« Ah, elle a bon dos la crise. Dites-moi plutôt qu’on est entouré d’incompétents. »

« J’en sais rien moi. Tout le monde dit que c’est la faute à la crise. Tu sais, moi, je n’y connais rien, hein ! »

« Moi non plus, je n’y connais rien. D’ailleurs tout le monde n’y connait rien. C’est bien ça le problème. On se demande d’où vient la crise. Personne n’est responsable. C’est peut-être une malédiction divine. Les dieux sont mécontents de nous. Ou alors, ils n’ont rien d’autre à faire, alors ils nous envoient la crise ! »

« Bon, c’est pas tout ça, mais il va falloir en sortir. Quelle mesure proposez-vous ? »

« On pourrait commencer par réduire votre salaire. »

« C’est une mesure très impopulaire. Je préférerais qu’on augmente vos impôts si ça ne vous dérange pas. »

« Si, ça me dérange un peu. J’ai prévu de partir cet été. La crise, c’est bien gentil, mais vous comprenez bien que j’ai besoin de me retrouver avec ma femme, sinon je vais encore avoir des histoires. Pour la crise, on verra après. »

« Bon, alors augmentons la TVA. On pourrait inventer aussi un impôt nouveau. On l’appellerait la TVA Bougnol. »

« Du nom de notre chef de service ? »

« Oui, il serait le seul à payer cet impôt sur tous ses achats. Il n’a pas d’enfant, il est brouillé avec sa femme. Ce serait un impôt social, non ? »

« Je ne sais pas. Il faudrait avoir son autorisation. Je vais en parler en réunion de service. »

« Surtout pas, il va encore nous en faire un roman ! »

« Bon, on a réglé la crise, maintenant parlons de la dette. Il faut la rembourser. Vous aviez bien un livret d’épargne ? Avec celui de votre fils, ça pourrait faire l’affaire. »

« Bin, non… Vous devriez plutôt vendre votre Laguna pour une voiture plus petite. Il va falloir apprendre à vous serrer la ceinture. »

« Non, j’ai besoin de ma Laguna pour frimer un peu dans mon quartier. Si on faisait plutôt payer Bougnol ? Il n’a pas besoin d’un appartement aussi grand que le sien. Si vous voyiez le luxe dans lequel il vit ! »

« Il sera sûrement d’accord. Dès qu’il y a quelque chose qui ne va pas, il prétend que c’est la faute à la dette. Allons lui en parler ! »