Archive pour février, 2012

Les très mauvais conseils du grand Jacot

9 février, 2012

« Vous parlez beaucoup, mais vous ne dites pas des choses très intéressantes. Il vaut mieux se taire et être passionnant. »

« Ah ! Bon ! Parce que vous vous trouvez passionnant ! »

« Oui, j’ai des silences qui en disant long ou alors des regards pleins de malice ou de reproches en fonction des situations. Vous n’avez pas remarqué ? C’est bien l’indice que vous ne vous intéressez qu’à vous-même ! »

« Si vous croyez que c’est facile d’intéresser les autres ! Si je me tais je suis transparent, si je parle personne ne comprend rien. Alors qu’est-ce que je fais moi ? Hein ? »

« Je reconnais que dans votre cas, c’est compliqué. Il faut avoir une espèce de charisme ou alors de présence physique que vous n’avez absolument pas. Vous ne m’impressionnez pas du tout quand vous êtes là. Essayez un regard magnétique, peut-être ! Ou alors un sourire entendu !»

« Vous n’êtes guère encourageant. J’ai du strabisme, de grandes oreilles,  je suis petit, un peu maigrichon…alors pour la présence physique, reconnaissez que c’est pas simple !  Je pourrais peut-être essayé de raconter des blagues pour attirer l’attention sur moi ! »

« Oui, mais alors pas des blagues pourries comme la dernière fois. Vous ne racontez pas très bien. C’était désastreux. Je n’ai pas ri du tout. C’est difficile d’être marrant. Pour bien faire, il faudrait qu’il vous arrive quelque chose d’un peu extraordinaire. Je ne sais pas, moi ! Soyez un peu imaginatif : organisez une course de kangourous en Australie ou alors mariez vous avec Sophia Loren ! »

« Elle doit avoir au moins soixante dix ans… »

« C’était un exemple. Pour être en vue dans la société, il faut se distinguer de la masse. A mon avis, comme vous n’avez aucun talent particulier, il faut que vous développiez celui d’applaudir les autres. C’est très noble vous savez ! Il en faut des spectateurs pour admirer ceux qui brillent de mille feux ! « 

« J’aurais préférer briller si ça ne vous dérange pas ! »

« Ce n’est pas que ça me dérange, mais je vous vois mieux ans le rôle du fan. Poussez des cris d’admiration ! Ovationnez-moi à tout rompre pour voir l’effet que ça me fait ! Couvrez-moi de louanges ! »

« … »

« Bon, y’a du boulot ! Mais vous voyez que ce n’est pas donné à tout le monde ! »

Nos mauvais poèmes

8 février, 2012

Dans l’église

Elsa vocalise

Aux cotés d’Elise

Tandis que Jean et Pierre disent

Qu’elle n’est pas venue, Eloïse.

Il faudrait mieux qu’ils relisent

L’Evangile que leur tend Arthémise.

Louis rêve de faire ses valises.

 Pour voir la Tour de Pise.

Mais devant le curé, il balise.

Il est devant le Tout-Puissant, il faut qu’il réalise.

Vous reprendrez bien du dessert ?

6 février, 2012

Mon chou,

Je suis dans le pâté.

Je suis sur le flan.

Je n’ai plus un radis.

J’ai taillé une bavette avec mon directeur.

Qui manie si bien le bâton et la carotte.

Je lui ai dit que nous avons un rythme de travail trop haché.

Il m’a répondu qu’on ne peut pas avoir le beurre et l’argent du beurre,

Qu’avoir un emploi, c’est du pain béni,

Et qu’il ne faut pas faire de mon salaire une pomme de discorde.

Heureusement que nous avons Jean, le fruit de nos amours.

Des mots, encore des mots…

5 février, 2012

« Aujourd’hui, il y a des phrases à prononcer. »

« C’est obligatoire ? »

« Bin… oui. Je vous donne un exemple : nous entrons dans un monde nouveau, il faut abandonner les anciens paradigmes. »

« J’ai déjà dit ça, il y a vingt ans. Il faut le redire ? Et puis, je ne sais pas bien ce que c’est qu’un paradigme. »

« Bon… alors dites qu’il faut changer nos habitudes de consommation. Si vous le sentez bien, ajoutez que l’homme doit ménager la nature. Il en va de la survie de la planète. »

« Bon, ok. Qu’est-ce qu’il faut dire encore ? »

« Soyez un peu astucieux. Parlez de ce monde de violence. Dites que vous ne vous sentez plus en sécurité comme dans le temps. Ou alors, au contraire, ne regrettez rien du passé, affirmez que vous êtes un homme d’avenir. »

« Pourtant avant c’était mieux. Il y avait de la place pour se garer en ville. Le facteur passait deux fois par jour. On se saluait dans la rue entre voisins. »

« Oui, mais ça, c’était avant. Depuis on a beaucoup progressé.  Par exemple, vous avez tourné une demi-heure pour trouver une place de parking avant de venir chez moi. Vous avez pesté. Et ça nous a donné un sujet de conversation intéressant. Pendant que j’y pense, vous pourriez dire aussi un peu partout que les programmes de télé sont débiles. »

« J’en sais rien, je ne les ai pas regardés. »

« Personne ne les regarde. Tout le monde s’en fout. J’ai aussi un très beau couplet à vous proposer : dites que les jeunes d’aujourd’hui perdent leurs repères et que ce n’est pas de leur faute parce que c’est plutôt de la responsabilité des parents dont l’autorité part en quenouille. »

« Moi, mes gamins sont très sympas. Je ne peux pas dire ça ! »

«Vous voyez ! Vous faites encore l’original ! Ça ne va pas du tout !  Bon. Alors on va faire plus simple : parlez du temps. Le mois de juin a été beaucoup plus pluvieux que l’an dernier. »

« C’est que météorologiquement  parlant, ce n’est pas tout à fait vrai. »

«  On s’en fout, personne ne se souvient du mois de juin de l’an dernier. Vous aurez l’air d’être informé de quelque chose ! Et puis, débrouillez vous pour avoir un cousin qui travaille dans les services de la Météo Nationale et qui vous aura dit que le niveau des nappes phréatiques est très inquiétant. Vous pourrez angoisser tout le monde avec ce genre d’informations. Plus vous êtes catastrophistes, plus vous serez sollicité et intéressant. Les gens aiment bien ça. »

Sans queue, ni tête

4 février, 2012

La lettre de cachet d’aspirine.

Il fait grise mine de charbon.

C’est une femme de caractère d’imprimerie.

Il lui sert la main courante.

Ils sont brouillés entre eux, les œufs.

Il ne payait pas de mine de rien.

Louis fait la manche à balai.

Chanson de matelot

3 février, 2012

Le matelot habitait un mas.

Il aimait monter au mât. Chez lui, il avait un amas de mâts.

Il avait le teint mat, tout en aimant faire des maths.

Il élevait aussi un lama.

Le matelot vivait sur un matelas.

Il vit Emma et mata ce joli lot.

Il aima Emma.

La Mama d’Emma s’appelait Martha. Elle mangeait des magnolias. En salade.

A son premier repas chez Martha, le matelot se marra en mangeant une mara, une variété de fraises cultivée par la Mama d’Emma.

Pendant leurs vacances, la Mama d’Emma garda le lama.

Mais le matelot était un matamore.

Emma n’aima pas ce malade-là.

Une vedette

2 février, 2012

Sa bassesse son absence de fierté et de dignité dégoutent tout le monde. D’une certaine façon, c’est donc un être intéressant. C’est vrai, comment peut-on descendre aussi bas ? Sa façon de ne tenir aucun de ses engagements le classe parmi les individus les plus lâches que je connaisse. Les leçons de courage qu’il donne autour de lui sont surnaturelles. Personne n’atteint si l’on peut dire une telle hauteur de vue dans le domaine de la médiocrité intellectuelle. S’abaisser à son niveau relève d’un exploit de souplesse.

Il faut le conserver, le mettre sous cloche. Un musée pourrait être élevé en son déshonneur. Son nom devra être donné à un boulevard. C’est un inventeur génial. Il a conçu une espèce de machine à produire de la veulerie. Une manette pour actionner un puissant souffle de trahison, un bouton pour mettre en route le moteur de la fausseté. Le tout étant conduit de main de maître par le volant de la suffisance.

C’est insensé, mais sa compagnie est recherchée. Il subjugue. On aime l’entendre dire qu’il est le plus fort. On adule sa façon de se prendre pour un spécialiste. Ses manières de se dégonfler lorsqu’il doit affronter l’adversité le rendent incontournable. Quant à ses trahisons de confidences arrachées à l’aide de sourires mielleux à quelques innocents, on en redemande partout.

C’est un homme irrésistible. On ne l’a jamais entendu faire preuve de franchise. Dans toutes ses tractations financières, il vole son interlocuteur, ne le paie pas, ne le rembourse pas. En cas de difficultés, il reporte avec aisance les fautes sur les autres. On dirait qu’il entretient à cette fin une cour de boucs émissaires potentiels.

Lorsqu’il se sent en sécurité, il plastronne. Il attaque les autres par derrière, c’est plus confortable. On a l’impression qu’il a théorisé la technique du croche-pied sournois. Ses interventions sur autrui, lorsque la personne est absente, sont malodorantes, injustes et lamentables.

 Il ne manifeste aucun remords, aucun  état d’âme. Personne ne l’a jamais entendu émettre la moindre autocritique de son attitude. Etre à ce point imperméable à sa propre vilenie relève de la curiosité touristique. On vient de loin pour assister à ses exploits. On dit que des envoyés de dictateurs impénitents auraient payé cher pour bénéficier de quelques leçons de mauvaise foi. De nombreux scénaristes de Hollywood se sont inspirés de ses hypocrisies pour corser leurs œuvres cinématographiques.  Il a élevé la déloyauté au rang du huitième art.

Qui est-ce ?

Magie,magie!

1 février, 2012

Il buvait un litre de vin par jour.

Dans sa cave, construite toute en voûtes.

Juste avant d’attaquer son fro-mage.

A onze heures et demie,  c’était un brie coulant, à minuit camembert, au quart  tomme ancienne.

Puis il racontait toujours la même histoire : il disait la « bonne aventure ».

A la fin, il se déguisait en chanteur de charme.

Avant de s’affaler devant la télé-vision.

Il aimait la fête. On disait de lui que c’était un pro-fête.

Il pensait que la vie, ce n’est pas sorcier !

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