Archive pour le 23 février, 2012

Voisinage

23 février, 2012

« Le vent d’automne a entraîné les feuilles mortes jusque dans la piscine. »

« C’est très romantique. »

« Peut-être, mais comment je nettoie tout ça, maintenant ? »

« J’en sais rien. Moi, je n’ai pas de piscine. Je me méfie. Plus vous investissez, plus vous êtes obligé d’entretenir. Je préfère venir chez vous pour me baigner quand l’eau est propre. Enfin ne vous en faites pas, vous avez onze mois devant vous ! »

« Ça vous ennuierait de m’aider un peu ? »

« Oui, moi j’ai mon aspirateur à nettoyer. Bertille a horreur qu’il s’encrasse. Chacun sa croix ! Je ne vais quand même pas vous emprunter aussi le vôtre. »

« Comme je vous connais, ça ne vous dérangerait pas beaucoup. Vous êtes un voisin très encombrant. Votre télé est-elle bientôt réparée ? Parce que moi, je ne suis pas tellement amateur de foot le dimanche soir. »

« Je presse le réparateur. Ce n’est pas très intéressant de suivre le foot avec vous car vous n’êtes pas très porté sur la bière. Le foot, ça se regarde avec des canettes sous la main. Sinon, ce n’est plus du foot à la télé. Et puis, il n’est guère possible de hurler chez vous, votre femme fait des tas d’histoires ! »

« Je confirme ! Elle me demande souvent de vos nouvelles et des mille euros que nous vous avons prêtés. »

« Pour ce qui est de mes nouvelles, vous pouvez la rassurer. Je viens d’attraper un petit rhume, mais ce n’est rien du tout. Quant à votre prêt, il était un peu juste pour m’acheter la machine à laver de mes rêves, il faudrait vous forcer un peu. Avec mille euros, on n’achète plus grand-chose. Enfin, pour vous faire plaisir, on a décidé de s’offrir un gueuleton avec votre prêt. Je vous rapporterai le menu.»

« Je vois que nous nous comprenons. »

« Entre voisins, c’est la moindre des choses. Pour cette semaine, je vous demanderais simplement le prêt de votre grille-pain. Bertille dit que le nôtre ne dore pas assez ses tranches de pain de mie sur les deux cotés. Ses petits déjeuners passent mal et elle est contrariée pour le restant de la journée. »

« C’est navrant en effet. Mais j’en ai besoin chaque matin aussi ! »

« Vous pourriez venir griller vos pains chez nous puis les rapporter chez vous pour prendre votre café tranquillement. Mais venez avant six heures, Bertille n’aime pas être dérangée à l’heure du petit déjeuner. »