Archive pour le 2 février, 2012

Une vedette

2 février, 2012

Sa bassesse son absence de fierté et de dignité dégoutent tout le monde. D’une certaine façon, c’est donc un être intéressant. C’est vrai, comment peut-on descendre aussi bas ? Sa façon de ne tenir aucun de ses engagements le classe parmi les individus les plus lâches que je connaisse. Les leçons de courage qu’il donne autour de lui sont surnaturelles. Personne n’atteint si l’on peut dire une telle hauteur de vue dans le domaine de la médiocrité intellectuelle. S’abaisser à son niveau relève d’un exploit de souplesse.

Il faut le conserver, le mettre sous cloche. Un musée pourrait être élevé en son déshonneur. Son nom devra être donné à un boulevard. C’est un inventeur génial. Il a conçu une espèce de machine à produire de la veulerie. Une manette pour actionner un puissant souffle de trahison, un bouton pour mettre en route le moteur de la fausseté. Le tout étant conduit de main de maître par le volant de la suffisance.

C’est insensé, mais sa compagnie est recherchée. Il subjugue. On aime l’entendre dire qu’il est le plus fort. On adule sa façon de se prendre pour un spécialiste. Ses manières de se dégonfler lorsqu’il doit affronter l’adversité le rendent incontournable. Quant à ses trahisons de confidences arrachées à l’aide de sourires mielleux à quelques innocents, on en redemande partout.

C’est un homme irrésistible. On ne l’a jamais entendu faire preuve de franchise. Dans toutes ses tractations financières, il vole son interlocuteur, ne le paie pas, ne le rembourse pas. En cas de difficultés, il reporte avec aisance les fautes sur les autres. On dirait qu’il entretient à cette fin une cour de boucs émissaires potentiels.

Lorsqu’il se sent en sécurité, il plastronne. Il attaque les autres par derrière, c’est plus confortable. On a l’impression qu’il a théorisé la technique du croche-pied sournois. Ses interventions sur autrui, lorsque la personne est absente, sont malodorantes, injustes et lamentables.

 Il ne manifeste aucun remords, aucun  état d’âme. Personne ne l’a jamais entendu émettre la moindre autocritique de son attitude. Etre à ce point imperméable à sa propre vilenie relève de la curiosité touristique. On vient de loin pour assister à ses exploits. On dit que des envoyés de dictateurs impénitents auraient payé cher pour bénéficier de quelques leçons de mauvaise foi. De nombreux scénaristes de Hollywood se sont inspirés de ses hypocrisies pour corser leurs œuvres cinématographiques.  Il a élevé la déloyauté au rang du huitième art.

Qui est-ce ?