Archive pour janvier, 2012

Boite à outils

11 janvier, 2012

Je suis scié.

Marius s’est fait pincer par la police.

Il avait mis ses valeurs au clou.

Il avait raboté ses dépenses.

Et donné un tour de vis à ses goûts de luxe.

Mais il est complètement marteau.

Il a pris le volant, rond comme un boulon.

Il a été pris en tenaille par les motards.

Puis s’est évadé de prison en limant les barreaux.

Révolutionnaire!

10 janvier, 2012

 « Il faudrait tout de même  tenir compte de mon avis. Vous décidez tout sans me consulter. Je sens bien que vous avez un tempérament dictatorial surtout quand vous me regardez avec cet air méprisant ! »

 « … »

 « Comment ça, vous n’avez pas que ça à faire ? Mais j’existe, Monsieur ! Je ne suis pas un jouet disponible au gré de vos humeurs ! Vous vous prenez pour qui ? Considérez-moi ! J’ai un avis à donner sur mon propre destin. Vous ne pouvez pas me faire faire n’importe quoi. Il faut que je puisse m’exprimer.

 Vous n’obtiendrez rien de moi si je ne suis pas un acteur de ma propre vie. D’ailleurs je peux généraliser mon propos. Les grands de ce monde qui se prennent pour je-ne-sais-quoi n’ont rien compris aux peuples. C’est le peuple qui a toujours raison : il est instruit le peuple ! A sa manière ! D’ailleurs grâce au journal de 20 heures, il sait parfaitement ce qu’il y a lieu de penser des grands problèmes du moment.

 Figurez-vous que mon avis a autant d’importance que le vôtre. Vous avez peut-être des arguments techniques. Mais moi, j’ai mon ressenti de citoyen. Ça compte aussi le ressenti ! Il n’y a pas que les études de technocrates !

 Vous ne voyez les choses que sous un angle comptable.  Heureusement, j’ai un coefficient émotionnel nettement supérieur au vôtre. Cela me permet de savoir ce qui est bon pour la collectivité beaucoup plus efficacement que vos petits chiffres.

 Soyez humain, que diable ! Finalement, c’est moi qui devrais avoir du pouvoir sur vous. Vous usurpez, mon vieux ! Vous usurpez ! Je vais vous donner une chance de vous rattraper. Accompagnez-moi au supermarché et portez mon sac de commission. Comme ça vous saurez ce que c’est que le peuple ! Enfin… un petit peu ! »

 

Tchou! Tchou!

9 janvier, 2012

Ben avait son certificat d’études pour tout bagage.

Il avait du mal à raccrocher les wagons.

Toujours un métro de retard, Ben !

Parfois même, il déraillait complètement !

Je lui criais : « Gare ! »

Heureusement, il a pris le train en marche.

Puis il a été bien aiguillé.

Tiré par une puissante locomotive,

Il est désormais sur la bonne voie.

Il vient de passer 1ère classe.

Je tiens à le souligner express-ément.

Une opération de financement

8 janvier, 2012

« Je vais mettre mes économies sous mon matelas. »

« Vous en avez beaucoup ? »

« Non, mais ce n’est pas une raison pour ne pas les cacher. »

« Vous ne devriez pas me le dire, je ne suis peut-être un voleur. »

« Vous avez raison. Je vais changer de cachette. Je vais les mettre dans un pot à confiture. »

« Vous ne préférez pas une banque ? On fait de très belles banques aujourd’hui ! »

« Bin, non ! Elles vont me piquer du fric au passage. »

« Oui, peut-être un peu, mais il faut bien qu’elles vivent ces pauvres banques. Et puis votre argent doit servir à financer l’économie nationale ! »

« C’est obligatoire ? On ne pourrait pas penser à me financer moi, d’abord. J’ai peut-être peu d’argent, mais j’ai de gros besoins de financement. »

« Vous devriez aller à la banque pour demander un crédit ! »

« Mais il faudra le rembourser ! Ils vont me faire un tas d’histoires ! Me demander des papiers à n’en plus finir ! »

« Oui, ils vont peut-être vous demander un bulletin de salaire. »

« C’est très inquisiteur comme démarche. Le montant de mon salaire ne regarde que moi. Vous ne pourriez pas me prêter de l’argent ? Ça m’éviterait d’aller à la banque. On n’aurait pas des tas de papier à remplir. Vous ne me demanderiez pas mon salaire. De toute façon, ça ne vous regarde pas. »

« Vous devriez commencer par utiliser l’argent qui est dans votre pot à confiture. « 

« Vous n’y pensez pas ! C’est ma réserve. Si je pioche dans ma réserve, qu’est-ce qu’il va me rester ? On voit bien que vous êtes riche pour tenir des raisonnements pareils ! Ça me donne une idée ! On va faire encore plus simple : au lieu de me faire un prêt, vous me faites un don ! Il n’y aura même pas de formalités de remboursement ! »

« Il faut voir… »

« Comment ça, il faut voir ? Je fais tout pour vous faciliter les démarches et c’est tout ce que vous trouvez à dire ? »

Tout va bien.

7 janvier, 2012

La crise économique n’est pas terminée

Moi ça m’énerve !

Politiquement la tension monte à l’approche des élections.

La construction européenne est dans l’impasse.

Nous atteignons un point de rupture.

J’ai encore perdu aux échecs.

Je suis très critique sur le film que j’ai vu.

Les français ont subi un nouveau revers en foot.

A la maison, il y a de l’électricité dans l’air.

 

 

 

Bagarres

6 janvier, 2012

J’ai été à l’exposition des gravures, Jean me les a expliquées.

Puis nous avons joué à la bataille.

Il m’a dit que j’avais un accroc à mon pantalon.

Je suis parti en voiture. Il y avait une chicane dans la rue.

J’ai heurté l’évêque qui venait chercher sa crosse.

Un policier m’a engueulé.

Un corbeau a fondu sur lui, je lui ai pris le bec pour le calmer.

L’évêque a dit qu’il fallait pardonner à ceux qui nous ont offensés.

L’évêque, le policier et le corbeau faisaient une scène surréaliste.

C’est alors que la pomme de discorde est arrivée…

Un grand

5 janvier, 2012

« Il faudrait arrêter, tout de même ! »

« Arrêtez quoi ? »

« Je n’en sais rien, je dis ça pour vous impressionner. Lorsque je dis cette  phrase, tout le monde croit que j’ai le courage de dénoncer les dérives du système et que je suis le seul à avoir une vision réaliste des choses. C’est très valorisant pour moi. »

« C’est important de vous valoriser ? »

« Bin… oui, il faut que j’ai une bonne estime de moi-même. Les autres peut-être pas, mais moi, oui. Imaginez un seul instant que je ne sois pas très content de moi, vous en subiriez forcément le contrecoup ! Je serai jaloux de vous tandis que là, je ne le suis pas du tout. Par rapport à ma dimension personnelle, vous ne faites pas le poids.

Essayez donc de vous valoriser un peu, mon vieux ! Mais pas devant moi, je vais me trouver dévaloriser. Et je vais avoir des tas d’histoires avec moi-même, vous ne pouvez pas savoir ! 

Donc je répète : il faut arrêter, tout de même !…. Si vous pouviez vous sentir ébloui par mon éclair de lucidité, ça m’arrangerait. Hmmm ?

Allons, allons. Vous êtes sûrement très intéressé par la pertinence de mes points de vue. D’ailleurs, si vous pouviez arrêter de me demander conseil sur tout et n’importe quoi … ça m’importune un peu. Prenez-vous en mains, que diable !

Je sais, je sais, c’est difficile pour tout le monde ! J’ai du lutter contre moi-même pour y parvenir. Seuls les grands accèdent à la sérénité qui permet de voir loin.

N’ayez pas l’air aussi impressionné ! Après tout, je ne suis qu’un homme, avec ses faiblesses et ses contradictions ! Travaillez sur vous-même et vous verrez bientôt le résultat ! Ne restez pas là à me regarder en espérant récupérer un peu de mon aura personnelle ! »

Il y a quelques répétitions dans votre texte

4 janvier, 2012

Le prix  du blé augmente, le meunier contrarié  vide son sac de grains en vidant son sac.

Le brigand déjeune tranquillement, il déjeune, mais il ne s’est pas mis à table.

L’écrivain pose des mots dans son prochain roman, mais il n’en a touché un mot à personne.

L’automobiliste entretien son véhicule et s’entretient avec le garagiste .

Le banquier compte les devises en devisant avec son collègue.

Le politicien confère avec le ministre qui lui a conféré la Légion d’honneur.

Le facteur lit l’adresse à l’adresse de la concierge.

Le conférencier traite du sujet des traites de fin de mois.

L’avocat cause du client dont il défend la cause.

Mise en ondes

3 janvier, 2012

« J’aime bien les gens qui ont les yeux qui s’allument de l’intérieur. Chez vous rien ne s’éclaire : c’est la nuit, le trou noir, une béance sombre. Vous êtes sûr que vous avez payé votre facture de l’EDF ? Vous y voyez quelque chose ? Essayez de rire pour qu’on voit ce que ça donne. »

« Non, même quand vous vous marrez, vous n’avez pas la moindre petite lueur au coin de l’œil. C’est consternant. On a l’impression que vous rigolez dans l’obscurité. »

« Et vous, vous vous êtes regardé. Je ne ressens aucune onde positive qui pourrait émaner de votre personne. C’est hallucinant. Comment pourrais-je lier des atomes crochus avec vous ? J’ai beau approfondir votre personnage, aucun rayonnement d’humanité ne me touche. A ce point là, il faudrait consulter, mon vieux ! »

« C’est que ma source de radiation se glace à la vue de votre regard complètement impersonnel. Il faudrait vous utiliser dans les centrales nucléaire. Votre simple présence anéanti tout rayonnement. Quand vous me voyez, j’ai l’impression que vous ne me regardez pas. »

« Je ne vous regarde peut-être pas, mais admettez que ce n’est pas très facile. C’est peut-être même dangereux. Je vous soupçonne d’émettre des ondes fortement négatives. La plupart des gens produisent des vibrations positives qui attirent leurs prochains. Vous c’est l’inverse : vous révulsez, mon vieux, vous révulsez ! »

« Bon, je constate que nous ne sommes pas en symbiose. Séparons-nous, sinon je vais être obligé de vous dire que je ne vous aime pas et que votre vue gâche ma journée. »

« D’accord. D’ailleurs, personnellement je vous trouve infréquentable. Ne le prenez pas mal. Ce n’est pas un jugement de valeur. C’est juste une affaire d’ondes. »

Nouvelle leçon de grammaire

2 janvier, 2012

Il est en liberté conditionnelle.

Mais il ne se pose point d’interrogation.

Il tire la langue sur le plan financier.

Mais ne mets pas sa vie entre parenthèses.

Il met l’accent sur ses loisirs.

C’est absolument impératif.

Tout autre projet participe du passé.

C’est un être vraiment singulier !

Il y aurait de quoi écrire un article sur lui.

Tout se conjugue pour en faire un héros de feuilleton.

 

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