Archive pour le 18 septembre, 2011

Un partage

18 septembre, 2011

« Je suis un battant. Je ne lâche rien. Un vrai guerrier, je vous dis ! La crise ne m’aura pas ! Je suis solide comme un roc ! »» 

« Vous ne trouvez pas que vous en faites un peu trop ? » 

« Non, je lutte car la vie est dure avec les faibles. D’ailleurs, si on y réfléchit bien, c’est parce que les forts ont éliminé les faibles qu’on est là aujourd’hui ! » 

« Et la générosité ? Hein ? Qu’est-ce que vous en faites de la générosité ? Nous sommes entre êtres humains, je vous le rappelle ! » 

« Ah oui ! C’est vrai ! J’avais oublié ! Bon qu’est-ce que je peux vous donner ? Mon vieux four à micro-ondes ? C’est très pratique pour le petit déjeuner. Ma vieille peau de panthère ? Sinon, j’ai aussi mon costume de premier communiant !… » 

« Non, je ne suis pas la déchetterie municipale. Il faudrait me faire partager votre richesse intérieure . » 

« Parce que vous êtes pauvre intérieurement ?… Bon d’accord, je vous passe un petit peu de ma force de caractère. Il est vrai que je déborde d’énergie, c’est inutile dans mettre de partout. J’ai aussi un petit bout de hauteur de vue en trop, ça vous intéresse ? » 

« Euh, non ! J’ai le vertige ! Je prendrai plutôt un peu de largeur d’esprit, si vous avez… ou alors de l’intelligence du cœur, mais ça ne doit pas être votre fond de commerce ! » 

« Je vais voir ce qui me reste… Euh, pas grand-chose dans ce secteur ! Par contre, j’ai deux belles tranches d’esprit de compréhension envers autrui qui m’embarrassent un peu ! Je peux vous les mettre en bonus. C’est pas généreux ça ? C’est pas tout ça… Et vous qu’est-ce que vous partagez avec moi ? » 

« J’ai trois kilos de paresse intellectuelle en trop. Vous pourriez m’aider à maigrir. Ou alors cinq caisses de manque de volonté… » 

« C’est pas terrible… Vous n’auriez pas quelques bouteilles d’abnégation ou alors une bonbonne d’élégance ou bien deux ou trois paquets d’élévation spirituelle ? » 

« Ecoutez, je ne suis pas un supermarché, tout de même ! » 

« Finalement, vous n’avez pas grand-chose qui m’intéresse ! Allez, pour vous permettre d’avoir un meilleur commerce avec les autres, je vais vous laisser un peu de ma grandeur d’âme ! Faites en bon usage ! Ne gaspillez pas »