Archive pour le 4 septembre, 2011

Un drôle de type

4 septembre, 2011

Il va nous manquer. Il était très drôle. Il faisait tout à l’envers. Quand il faisait beau, il sortait son imperméable. Quand il avait faim, il arrêtait de manger

Il n’avait jamais d’idées très précises Il partait dans un sens et revenait dans l’autre. Pour ses vacances, il louait un appartement à Cassis et partait pour Pornic. Il prenait ses désirs pour des réalités et vice-versa d’ailleurs.

Un jour, il rencontra l’Homme qui avait des Objectifs. Celui qui savait toujours où il allait. Contre toute attente, ils sympathisèrent.

Le premier invita le second à diner. L’Homme à Objectifs Précis voulut savoir le menu avant d’accepter. Il lui répondit que ce n’était pas très poli.

« Comment ? Se récria l’Homme à Objectifs précis, savoir ce qu’on va manger est impoli ? Qu’est-ce donc que cette nouveauté ? Et votre adresse, on peut la connaître ? Quand je suis invité, j’aime bien connaître le lieu où je dois me rendre ! »

« Hé bien non, répondit notre héros qui ne l’était guère, ma rue n’a pas de nom et ma maison aucun numéro ! »

« Bon, alors de quoi discuterons-nous ? demanda l’invité potentiel. »

« Ce n’est pas très clair pour moi, répondit l’hôte. Littérature, peut-être ? »

L’Homme à Objectifs Précis voulut alors savoir de quel siècle littéraire il serait question, pour bien préparer l’entretien.

« Euh, et si on parlait plutôt de la place d’Internet dans notre société ? » répondit notre Indécis.

« Voilà qui est intéressant. Et çà va durer combien de temps ? Vous comprenez, il faut que je programme l’heure à laquelle je pourrai me coucher » rétorqua l’Homme Précis. 

« Bon, alors faisons plus simple. On pourrait faire çà chez vous. Vous avez surement une adresse ? »

L’Homme aux Objectifs Clairs et Nets acquiesça.

« D’accord, mais alors vous serez combien à table ? Parce qu’il faut que j’achète en conséquence, vous comprenez ? »

L’Homme Approximatif se gratta le crâne :

« J’en sais rien : 2,3,4… 10 peut-être… »

« Bon, et comment je fais moi, pour prévoir ? » demanda poliment l’Homme Sérieux.

« Pour simplifier, on pourrait aller au resto ! », conclut l’Autre.

« D’accord ! Mais alors, il me faudrait l’adresse, le nom, l’heure, le menu parce que vous comprenez… »