Gérer son chef

« Il ne se prend pas pour rien, celui-là ! Regarde moi ça ! » 

« Comment pourrait-on lui démonter qu’il n’est pas grand-chose ? » 

« On pourrait commencer par lui dire qu’il est petit. En général, ça vexe beaucoup ! » 

« Oui, mais Napoléon était petit ! Ce n’est pas forcément synonyme d’insignifiance ! » 

« Ou alors culpabilisons le. Disons lui qu’il ne tient jamais compte de l’avis des autres et qu’il n’est, par voie de conséquence, qu’un arrogant débordant de suffisance » 

« Mais il va être ravi ! Il ne tient effectivement compte de personne ! » 

« On pourrait le mépriser en le regardant d’un air hautain ! » 

« … » 

« Ca y est, je l’ai toisé de haut ! Il m’a demandé si je me sentais bien. Pris d’une rage subite, je lui ai dis en pleine face qu’il m’était complètement indifférent. Ce à quoi il m’a répondu que le fait qu’il me soit indifférent l’indifférait. Après quoi, il m’a envoyé lui chercher un café. » 

« Bon, faisons autrement. On pourrait le rendre jaloux, en lui disant que Marchand son adjoint est plus compétent que lui… » 

« … » 

« Ca y est ! Devant lui, j’ai complimenté Marchand. Je lui ai affirmé qu’on avait confiance en lui, et que, lui au moins, il savait écouter son personnel ! » 

« Quelle tête il a fait ? » 

« Il m’a dit que c’était bien de féliciter Marchand et qu’il pensait la même chose. Puis il m’a envoyé lui chercher un café » 

« J’ai une autre idée. On pourrait trafiquer ses dossiers pour qu’il perde sa crédibilité. Comme ça, il la ramènera un peu moins ! » 

« … » 

« Alors comment ça s’est passé ? » 

« J’ai mélangé le dossier Berthier avec un autre, perdu quelques pièces et inventé des bordereaux d’envoi. » 

« Et alors ? » 

« Il m’a dit : Juliette, vous avez de l’expérience maintenant. J’aimerais que vous me donniez votre avis sur les dossiers. Tiens par exemple le dossier Berthier ! » 

« Et alors ? » 

« J’ai été lui chercher un café ! » 

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