Archive pour janvier, 2011

Métaux hurlant

3 janvier, 2011

Jeannette vit au milieu des cuivres de sa cuisine.

Elle manie aussi son fer à repasser.

Avec l’argent des courses, elle remplit le frigo.

Son mari ne gagne pas de l’or en barre.

Il n’a pas un culot d’acier.

Il subit la loi d’airain du marché du travail.

Il s’est muré dans un silence de plomb.

Heureusement, il ne fréquente pas le zinc des bistrots.

Parfois, lorsque le mercure monte, il s’y arrête pour boire un verre d’eau.

 

Devinette.

2 janvier, 2011

Il est collant. Très collant. Il a toujours quelque chose à dire même lorsqu’il prend l’ascenseur avec vous. 

Parfois, il est malade, parfois il trouve qu’il y a beaucoup de circulation aujourd’hui, ou bien encore, il a perdu son parapluie (celui auquel il tenait) ou bien il a du emmener son chat chez le vétérinaire. De toute façon, il lui arrive toujours quelque chose dont il tient à vous faire part bien qu’il ne soit pas du genre a étalé sa vie privée. Il doit être écouté pour ne rien dire. 

Il est d’accord sur tout ce que vous lui répondez si vous avez le courage de lui répondre quelque chose, tout en vous rétorquant le contraire. Son discours regorge de clichés qui ont pour point commun de stigmatiser une partie de la population : « les gens roulent comme des fous », « les fonctionnaires ne fichent rien », « les jeunes ne veulent plus travailler ». Ces sentences sont énoncées  d’un air magistral et d’un ton irréfutable. 

Pour lui, c’est toujours les autres qu’il convient de dénoncer, il n’appartient à aucune des catégories susceptibles de reproches. Son interlocuteur, en l’occurrence vous, non plus. Du moins tant que vous êtes en face de lui. Si, par hasard, vous appartenez à la fraction de la population en cause, il va vous dire « mais heureusement, il y a des exceptions ! ». 

Il a toujours des exemples concrets d’aventures survenues à son voisin ou à son beau-frère pour appuyer ses démonstrations. Il n’a aucun défaut. Il n’a pas de conseils à vous donner, mais il vous en donne quand même en affirmant généreusement : « Moi, je m’en fiche, c’est pour vous que je vous dis ça ! » 

Il est toujours d’accord avec son interlocuteur à condition que ce dernier l’écoute sans broncher, en prenant l’air intéressé si possible. Si son interlocuteur entre dans la discussion, il voudra toujours aller plus loin. Lorsque vous lui direz quelque chose, il aura envie de « rebondir » sur ce que vous venez de lui dire et vous assénera quelque vérité bien sentie qui n’auront aucun rapport avec ce qui précède. 

A la fin, il trouvera que ça fait du bien de se parler franchement entre gens intéressants. Qui est-ce ? 

Poème désastreux

1 janvier, 2011

J’irai à Mantes voir mes tantes.

Ce sont des démentes,

Qui chantent

Et qui mentent en buvant leur tilleul-menthe.

Tout  en vivant de leurs rentes.

A Nantes, je me vante

De suivre leur pente.

En lisant Kant.

J’irai donc voir mes tantes ardentes

Dont le souvenir me hante

Mais que je trouve épatantes.

 

1234