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Plier les genoux

20 janvier, 2011

Je n’ai jamais su twister. Je suis incapable de plier les genoux en cadence. C’est important de savoir plier les genoux. Pour skier, par exemple. Parce qu’il est fondamental d’aller au ski l’hiver, sinon vous êtes un déclassé social. C’est un peu comme si vous n’aviez pas de télé ou de téléphone portable. 

Au ski, je sais descendre, mais je n’ai pas de style. Il faut savoir glisser avec élégance. Mais j’ai horreur de glisser. Je ne sens pas à l’aise lorsque je n’ai pas les deux pieds dans la glaise. Et puis, il fait froid, je n’aime pas. Quand il fait froid, je ne sais pas faire autre chose que d’avoir froid. 

Le ski, passe encore, mais il faut y aller. La mise en œuvre est terrible. C’est qu’il faut arriver entier à la station ! Evidemment, vous arrivez au plus mauvais moment possible. La montée est enneigée ou glissante. Le montage des chaînes sur les pneus de votre voiture est une scène d’anthologie d’autant plus que vous avez oublié le mode d’emploi à la maison. 

Arrivé à la station, il faut trouver l’appartement qui se trouve justement à l’autre bout du village. Le trajet est en sens interdit, vous devez le faire plusieurs fois, de lourdes valises à la main. Il fait toujours aussi  froid. 

Vous n’avez pas pu faire les courses. Le premier soir, c’est spaghettis à la tomate. Vous détestez. 

Le lendemain matin, il faut se lever tôt. Vous ne croyez tout de même pas que vous êtes venu là pour rester au lit ! Petit déjeuner frugal. Il faut s’harnacher de vêtements compliqués à mettre et à ôter. 

Départ pour aller acheter les forfaits. La queue au guichet. Il faut une photo. Comment ça, vous n’avez pas de photo d’identité sur vous ? C’est très embêtant. 

La queue aux remonte-pentes ou « aux œufs ». 

Vers 10 heures enfin les premiers pas sur la piste. Vous êtes crevé, il fait toujours aussi froid. Les autres rigolent de votre chasse neige, tout en pliant élégamment des genoux en cadence. Vous êtes dépassé par les gamins et par les évènements. 

Enfin midi. Avec vos grosses chaussures qui vous donnent une démarche guerrière, vous entrez au restaurant d’altitude en bousculant tout le monde. Vous vous jetez sur un bol de frites graisseuses. Evidemment, il n’y a plus de place pour vous vautrer sur la terrasse ensoleillée… 

Les autres disent qu’ils ont pris leur pied en descendant la noire. Vous, vous n’avez rien pris du tout. Enfin si, quelques gamelles sur la verte… 

Non ! Tout ça, c’était il y a longtemps ! Quand vous étiez jeune ! Maintenant, ça se passe beaucoup mieux !