Archive pour le 13 janvier, 2011

Mondialisons

13 janvier, 2011

« Il me reste 10 jours de RTT à prendre. Plus 3 jours de semaine supplémentaire. Plus… » 

« Avec tous ces congés, vous avez encore l’intention de travailler cette année ? » 

« Je vous voir venir ! Figurez-vous que lorsqu’on travaille, on a droit à des congés ! C’est comme ça ! C’est la loi, Monsieur ! » 

« …. » 

« D’ailleurs pour être encore plus clair, il faudrait parler de contrat de congés plutôt que de contrat de travail. L’employeur et l’employé se mettraient d’accord sur les congés. Et puis s’il reste un peu de temps, l’employeur pourrait attribuer quelques jours de travail à l’employé. » 

« C’est intéressant comme réforme. On va aller loin avec ça ! » 

« Le travailleur serait transformé en consommateur. Je vous vois encore venir. Où se ferait la production ? Allez-vous me demander ! » 

« Euh ! oui… » 

« Dans les pays à bas coût salariaux ! Pour eux, le marché deviendrait énorme ! Rendez-vous compte : dans tous les pays occidentaux, on ne travaillera plus, on ne fera que consommer ! On consommera de la littérature, du sport, de la détente, de la religion ! «  

« N’y-a-t-il pas là un danger d’oisiveté, mère de tous les vices, cher ami ? » 

« Alors là, je dis stop ! Vous ne m’avez pas compris. Le contrat de congé devra veiller à cette dérive possible. Il y a aura des contrôles. La personne qui ne lira pas trois ouvrages par mois, verra sont temps de travail amputé de trois jours ! De même pour celui qui n’aura pas fait cinq heures de sport : dix jours de travail en moins sur l’année ! Et hop !  L’industrie du loisir sera la seule autorisée sur le territoire national » 

« Oui, mais je vois un autre problème : tôt ou tard, les pays producteurs satureront les marchés et souffriront de chômage à leur tour ! » 

« Et alors ? Nous importerons de nouveau de la main-d’œuvre pour s’occuper de nous ! Des masseuses thaïlandaises ou alors des nounous africaines pour les enfants ! Il faut que nous soyons libérés de toutes contraintes et très en forme pour bien consommer ! Vous comprenez ? » 

« Je me demande quand même si la consommation est un but convenable pour une civilisation comme la nôtre ? Est-ce bien là la voie du bonheur auquel nous aspirons ? » 

« Bon, vous n’avez rien compris ! Il ne s’agit pas d’être heureux, il s’agit que chacun tienne son rôle pour faire tourner l’économie internationale et justifier ainsi la mondialisation. Sinon, on ne s’en sort pas ! »