Archive pour décembre, 2010

Le dispositif

12 décembre, 2010

Il faudrait adopter un dispositif particulier pour mettre en place le règlement de fonctionnement. Le sujet mérite une réflexion approfondie, faisant intervenir tous les partenaires concernés, et même ceux qui ne le sont pas. Après cette phase indispensable de concertation, je prendrai les mesures appropriées à la situation. 

Parallèlement, l’étude des conditions de mise en œuvre du dispositif préalable devra faire l’objet d’un examen conduit sous la forme d’un projet dont l’animation sera confiée à une société spécialisée. Le choix de celle-ci devra être encadré par une équipe constituée à cet effet. 

L’organisation globale sera placée sous l’égide d’un comité de pilotage, institué au près du chef de service concerné qui, bien évidemment, me rendra compte régulièrement. 

Le cahier des charges sera écrit dans les meilleurs délais en tenant compte de l’avis du bureau compétent, en lien avec la cellule opérationnelle. 

La demande devra intégrer les conditions de sa propre évaluation, comprenant des indicateurs spécifiques permettant de mesurer l’atteinte des objectifs. 

Je compte sur l’engagement de chacun dans une entreprise délicate dont le succès  dépendra de la simplification de nos procédures et confortera les mesures prises dans l’intérêt de tous, dans la clarté et la transparence. 

Royal

11 décembre, 2010

Le roi ne se tenait pas à carreaux.

Il avait de la réussite dans beaucoup de domaines.

En aviron, c’était le leader de son huit barré.

Bertille était sa dame de cœur,

Avec laquelle, il aimait à batifoler dans les champs de trèfle.

Dans les courses automobiles, il était un as du volant

A la guerre, il aimait l’odeur du champ de bataille

Dans les cérémonies, son trône brillait comme un sou neuf.

En un mot, c’était un roi qui avait beaucoup d’atouts.

Chut!

10 décembre, 2010

Il ne faut pas hurler avec les loups.

Ni aller crier sur les toits.

Rien ne sert de meugler comme une vache.

Pas de tempête dans un verre d’eau.

Seule les vagues de la mer rugissent.

A la rigueur, le cerf peut bramer

Ou l’aveugle brailler.

Je m’époumone à le dire :

Le silence est d’or.

Un visiteur embarrassant

9 décembre, 2010

Ce matin-là, la rame du métro est bondée. Martial est adossé à la porte opposée à celle qui s’ouvrira au prochain arrêt. Autour de lui, la clientèle habituelle de la RATP patiente, le regard plongé dans le vide ou dans un survol expéditif des journaux à lecture rapide. A côté de Martial, un jeune black en survêtement violet se balance d’un pied sur l’autre au rythme d’une musique muette qu’un baladeur invisible distille dans ses oreilles. A sa gauche, une jeune fille rondelette, en blouson imitation de cuir noir et courte jupe plissée, serre précautionneusement son sac sous son bras. Deux ou trois personnes se bousculent devant Martial pour agripper la barre de maintien qui les préservera des cahots du wagon. Une vieille dame tremblante peine et s’assoit enfin sur un strapontin grâce à l’obligeance d’un ouvrier en salopette bleue qui mâchonne encore un mégot éteint au coin de sa bouche lippue et de son menton dévoré de pilosité. 

Ce peuple ordinaire est vêtu modestement. Tout ces gens semblent voûtés, comme courbés sous le poids de l’ennui, des problèmes de fin de mois et de la grisaille d’une vie sans relief. Par réaction instinctive à cette vision, Martial redresse sa haute taille. Il a l’œil noir et vif, les cheveux humides et peignés à la diable comme les portent les jeunes d’aujourd’hui. Sa carrure, cintrée  dans un costume taillé dans un tissu de qualité dénote un jeune homme sportif, aux revenus aisés. C’est un être humain que le langage populaire range volontiers sous le vocable de « jeune cadre dynamique ». Comme ses congénères, Martial sait que sa carrière professionnelle dépend plus de son allure et de son savoir être que de sa compétence. 

Soudain, c’est l’incident qu’il redoutait depuis quelques temps. 

-          Marsupilami ! 

Le cri de Martial a fait sursauter ses voisins qui le dévisagent avec anxiété. La jeune fille rondelette se faufile un peu plus loin dans la foule. Cette ligne de métro est connue pour la fréquence des agressions commises par les détraqués qui la hantent. Il faut être prudente ! 

Martial garde son sang-froid comme s’il n’avait rien dit  ou alors comme si évoquer le nom d’un héros de bande dessinée à haute voix au milieu de cette foule ensommeillée est une activité tout à fait ordinaire et convenable. 

Pourtant, Martial sait qu’il vient de révéler inopinément au monde un problème dont il souffre depuis longtemps.

(suite…)

Glagla!

8 décembre, 2010

Mauricette vend du poisson frais.

Elle s’installe sur les quais du port dans l’air frisquet de l’aube.

Elle n’est pas grande, Mauricette : ses collègues de travail la surnomme « petite caille ! ».

Elle  n’aime pas les clients timorés : elle leur jette un regard froid. 

Lorsque Louis se présente devant son étal, son enthousiasme est soudain refroidi.

Elle garde un silence glacé.

Elle n’est pas près de lui servir un rafraîchissement, à celui-là !

C’est que Louis est  banquier : il a gelé ses comptes !

Quand sonnent les cloches

7 décembre, 2010

 

En cette veille de Pâques, Monsieur Lenoir a invité Monsieur Leblanc dans son jardin pour goûter les rayons d’un soleil printanier qui perce enfin après les froidures de l’hiver. Les deux voisins sont installés sur les coussins des fauteuils en rotin de Monsieur Lenoir. 

Monsieur Leblanc à qui Monsieur Lenoir vient d’offrir un œuf en chocolat prend la mine du gourmand qui va, à son corps défendant, se laisser aller à son péché favori. 

« On devrait interdire le chocolat », minaude-t-il en gobant sans hésiter une magnifique réalisation de Monsieur Meunier, le chocolatier du quartier. 

 Monsieur Lenoir se récrie : 

« Vous ne trouvez pas qu’il y a assez d’interdits comme çà ? En fait, le chocolat, il faut en manger ni trop, ni trop peu. En toutes choses, Monsieur Leblanc, il faut respecter le juste milieu. » 

Pour renforcer sa démonstration, Monsieur Lenoir a une idée supplémentaire. Il élève l’index en direction de son voisin : 

« In medio, stat virtus ! Comme disaient les romains ! » 

Monsieur Leblanc reste un instant sidéré par la culture de son voisin.

(suite…)

Boum!

6 décembre, 2010

Le prof avait un discours assommant.

Il martelait ses mots.

Mais il se heurtait à l’indifférence de son auditoire.

C’était frappant : personne ne l’écoutait.

Certains étudiants battaient du pied en mesure.

D’autres tapaient le carton.

D’autres encore  tambourinaient sur leurs pupitres.

Ils auraient bientôt à se cogner au mur des réalités de la vie. 

Ils prendraient des coups, c’est sûr !

C’est ce que leur assénaient les anciens toute la journée.

Vagues à l’âme

5 décembre, 2010

Au loin la ligne d’horizon disparait dans les nuages noirs et la brume laiteuse. Les flots furieux de novembre s’écrasent avec un  fracas lancinant sur la côte abandonnée. Depuis la fin des vacances, le nettoyage de la plage de sable par les services municipaux est devenu aléatoire. Tout est morne. Seules les mouettes rieuses qui s’élèvent dans la bise glaciale qui fouette les visages, s’esclaffent encore. 

C’est juste après la Toussaint que Martin a décidé de venir ici. Pour hurler. Pour hurler tout : ses cinquante-cinq ans, sa réussite professionnelle, ses deux divorces, son arthrose, ses enfants partis, son manque d’appétit, les pilules du Docteur Patin. Tout, vraiment tout. 

Engoncé dans sa parka informe, il ne cherche plus à maitriser les mèches blanches que la houle affole sur son front usé par la fatigue. 

Au début, son cri ne ressemble à rien. Ce n’est pas si facile que ça de hurler son amertume face à la mer, contre le vent. En mettant les choses au mieux, on dirait qu’il hèle un taxi. Il se reprend. Il faut que ça viennent du ventre. Que ça sorte. Son braillement prend de l’ampleur. Mais par moment, il flageole, chancelle, se perd et, pire que tout, se meurt dans un lamentable gargouillis.

(suite…)

Clichés

4 décembre, 2010

Tout va mal !

La guigne me poursuit,

Un mauvais sentiment me taraude,

L’impatience me brûle,

L’injustice m’indigne,

L’inquiétude me gagne,

Le silence me pèse,

L’enjeu me paralyse,

La stupéfaction me fige,

Par conséquent, la prudence s’impose,

Pour qu’enfin, la chance me sourit !

Clichés

4 décembre, 2010

Tout va mal !

La guigne me poursuit,

Un mauvais sentiment me taraude,

L’impatience me brûle,

L’injustice m’indigne,

L’inquiétude me gagne,

Le silence me pèse,

L’enjeu me paralyse,

La stupéfaction me fige,

Par conséquent, la prudence s’impose,

Pour qu’enfin, la chance me sourit !

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