Archive pour novembre, 2010

A la plage…

9 novembre, 2010

« Je vous fais 9 euros de réduction » 

« Je veux bien, mais réduction sur quoi ? » 

« Sur un coup de soleil » 

« Il faut payer maintenant pour attraper un coup de soleil ? C’est nouveau ! » 

« Ecoutez, moi je vous fais ça en professionnel. Si vous voulez faire ça tout seul, vous allez faire n’importe comment. On voit n’importe quoi ! Si vous préférez, je vous fais -10% sur une indigestion de moules ! Ou alors sur une petite piqure de méduse ! » 

« J’aime bien l’aventure, mais c’est cher pour des rapporter des ennuis de vacances ! » 

« Vous êtes marrant, vous venez à la plage pour ne rien faire. Vous vous demandez ce que vous allez pouvoir raconter d’original à vos copains en rentrant ! Je vous apporte plein de petits soucis sur un plateau ! Et vous renâclez ! » 

« Bon, bon… Prenons le problème autrement. Et si je vous aidais dans votre job. Vous avez l’air débordé par la demande. Vous embauchez ? »

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Tout va pour le mieux!

8 novembre, 2010

Elle a passé un ravissant tee-shirt.

Pour se rendre au gala de bienfaisance,

Qui se tient dans une villa coquette,

Dans un cadre enchanteur,

Près du port de plaisance.

Un petit cordial lui est offert.

Par un serveur distingué.

Puis un cavalier charmant la fait danser.

En lui racontant des historiettes divertissantes.

Quelle soirée touchante !

Les conseils du grand Jacot (2)

7 novembre, 2010

Dans ma vie, j’ai eu la chance de faire des tas de rencontres intéressantes ! Des gens absolument merveilleux d’authenticité ! Ainsi, j’ai eu l’insigne honneur de rencontrer le Grand Jacot. Je vais vous conter une anecdote qui montre la hauteur de vue du Grand Jacot. 

C’était notre premier rendez-vous, dans l’arrière salle du « Père François » un troquet que nous fréquentions souvent avec ma bande. J’avais pris soin d’arriver en avance pour ne pas risquer d’écourter notre conversation. 

Le Grand Jacot arriva avec vingt minutes de retard. En dénouant l’écharpe rouge qu’il nouait autour de ses épaules, il me jeta : 

« Mon pauvre, il faut toujours être en retard ! » 

« Dis-toi bien que tu es plus important que tes interlocuteurs. Ce sont eux qui doivent t’attendre en regardant fiévreusement leurs montres ! » 

« Pense à te protéger ! Attendre est stressant et met ta santé en danger ! » 

« Et lorsqu’enfin tu arrives à ton rendez-vous, laisse le temps aux gens d’admirer ton entrée ! » 

« De plus, être en retard, te permet de trouver quelque chose à dire en arrivant : les embouteillages, le temps exécrable, etc … » 

« N’hésite pas à faire semblant d’être essoufflé, ton interlocuteur croira que tu t’es donné beaucoup de mal pour être à l’heure. Peut-être même qu’il te priera de prendre quelques minutes supplémentaires pour te reposer ! » 

« Souvent, être en retard donne l’air d’être décontracté. Le type qui ne se laisse pas impressionner par de basses considérations matérielles : tu vois ce que je veux dire ? » 

« Ou alors, ça peut donner l’impression d’être un être très occupé. En affaires, c’est avantageux. Tes interlocuteurs n’oseront pas mettre en doute la bonne marche d’une entreprise dont le responsable croule sous les rendez-vous !» 

« Et puis, si on te cherche des noises, n’hésite pas à sortir des arguments de mauvaise foi. Si tu arrives avec trente minutes de retard à un rendez-vous programmé à 9 heures, c’est parce que ta secrétaire s’est trompée. Elle a inscrit 9 heures 30 dans ton agenda. Quel savon tu vas lui passer ! » 

« Autre avantage : être en retard oblige ton vis-à-vis à être concis. Il est convaincu qu’il n’est pas possible de faire perdre son temps à un individu aussi occupé que toi ! »

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Aller et venir

6 novembre, 2010

Je pars du principe par le train de 15 heures 45.

Je reviens de loin en vélo, c’est moins fatigant.

Je regagne mes pénates aux cartes après les avoir perdues aux dés.

Je quitte l’autoroute et mon pantalon.

Je retourne ma veste car elle est réversible, c’est nouveau et c’est très tendance.

Tu vas voir !!!… Mais non, ne t’en va pas, c’est une expression !

Je me taille mon crayon tout en restant sur place.

Je rentre dans mes frais car j’ai eu chaud.

Je ne recule devant aucun sacrifice parce que les sacrifices, il vaut mieux les écraser et qu’on en parle plus !

Je vais et je viens d’un point à un autre en ligne droite, c’est plus court.

Proverbes

5 novembre, 2010

Chien qui aboie ne mord pas et chat qui miaule ne boit pas son lait, d’ailleurs ce n’est pas très pratique de faire les deux choses à la fois.

Abondance de biens ne nuit pas, surtout si c’est moi qui en profite.

L’appétit vient en mangeant ou alors quand on a faim.

Que chacun balaie devant sa porte et les vaches seront bien gardées.

Tout vient à  point pour qui sait attendre le beefsteak qu’on a commandé  à  point. Justement.

Bien mal acquis ne profite jamais, mais c’est toujours ça de pris.

On ne saurait faire boire l’âne qui n’a pas soif, d’ailleurs on ne voit pas bien à quoi ça servirait.

Les absents ont toujours tort, les présents souvent.

Qui a bu boira, mais on peut toujours essayer une cure de désintoxication, si on veut.

Effets spéciaux

4 novembre, 2010

 

Max Justin s’est retiré dans ce trou perdu de Savoie pour écrire en quinze jours le scénario qu’il a promis. Le chalet domine la vallée qui s’endort dans les tons mordorés de l’automne naissant. Les volets voisins se sont refermés sur les vacances fanées des estivants enfuis. 

Il a installé son ordinateur portable sur la terrasse du chalet. La matinée est fraîche, mais un rayon de soleil agréable tombe sur ses épaules. Emmitouflé dans son écharpe rouge traditionnelle, il sera dans les meilleures conditions pour écrire. Son regard anxieux s’attarde sur son clavier muet, sa main fourrage dans sa barbe de huit jours. Il plonge encore le bec dans une tasse de café noirâtre. Le constat est là, présent, palpable, sévère : l’inspiration est défaillante. 

Mais Max est un scénariste d’expérience. Il a déjà vécu cette angoisse. Comme tous les auteurs qui n’ont plus d’idées, Max va écrire sur lui-même. Ce sera l’histoire d’un écrivain qui manque d’inspiration. Pour construire le texte, il va puiser dans un sujet inépuisable : la psychologie féminine. 

Max n’a pas de temps à perdre à imaginer des préliminaires inutiles, on va mettre tout de suite les protagonistes face à face. Le héros, si on peut le nommer ainsi, a besoin d’un modèle à observer : il a jeté son dévolu sur Mélissa. Mélissa, c’est bien, c’est moderne, un tantinet exotique. Pour le prénom du héros, on verra plus tard. 

La première scène se passe dans un bistrot parisien. Ce n’est pas original, mais c’est encore là où l’on peut le mieux exposer et s’exposer. Les deux personnages font connaissance ; l’ambiance est mi-figue, mi-raisin. On ne sait pas trop ce que pense la jeune femme. Il faudra choisir une comédienne connue pour l’ambigüité de ses regards.

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Allons à la plage

3 novembre, 2010

A l’issue d’une séance houleuse tenue au réfectoire,

Les syndicats ont décidé d’une grève perlée

Qui prendra effet sur la plage horaire du matin.

Ils ne se contenteront pas de vagues paroles.

Et pour ceux qui auraient les oreilles ensablées,

Ils répètent que les salariés écument de rage,

Et qu’une marée humaine se formera bientôt,

Qui n’acceptera pas de promesses vaseuses.

 

Sans avenir

2 novembre, 2010

Il est bien embêté Justin. Il ne sait pas pourquoi il est assis en face de cet homme qui gratte les quelques cheveux blancs qui s’ébouriffent sur son crâne parsemé de tâches de rousseur tout en répétant : « Oui, oui, bien sûr … ». 

En un mot, il ne sait pas pourquoi il est là, Justin. Ni comment il y est venu. Pour être quelque part, il faut l’avoir voulu. Et pour désirer se rendre dans un lieu, il faut se projeter dans l’avenir immédiat. 

Or Justin a perdu son futur comme d’autres, qu’on nomme amnésiques, ont égaré leur passé. Justin est incapable d’imaginer ce qu’il fera dans le quart d’heure suivant sa réflexion. Justin n’a pas d’avenir devant lui. Il sait qu’il faut prendre cette expression dans son sens littéral. Il serait inexact de dire qu’il est promis à une situation personnelle désastreuse ou brillante puisqu’il n’a pas d’avenir. Du tout. En réalité, Justin ne peut prendre son avenir entre ses mains puisqu’il s’échappe entre ses doigts comme une poignée de sable fin. 

Il tente d’entrevoir mentalement ce qu’il fera dès sa sortie du cabinet du docteur Mouchardeau, le plus talentueux des psychiatres locaux. Mais au moment où Justin se lance dans cet effort de concentration, un blanc laiteux apparait à son esprit. Et puis, rien. Désespérément rien. 

Le docteur Mouchardeau n’a pas, visiblement, la moindre idée sur l’origine et encore moins sur la thérapie à appliquer au cas qui lui fait face. Il est en train de se dire qu’il n’aurait pas du céder à l’insistance de l’une de ses jeunes assistantes qui l’a supplié de recevoir son frère cadet. 

Ce qui trouble le médecin, c’est qu’un être dépossédé de son avenir présente les mêmes symptômes que celui qui ne souvient plus de son histoire. Il n’y a aucune raison pour qu’un tel homme se souvienne des motifs de ses actes puisqu’il ne les a pas commandés, étant dans l’incapacité de formuler un futur.

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Le bloc-notes du papa de Nestor

1 novembre, 2010

Le papa de Nestor  élève sa petite famille avec rigueur.

Il est agent de police : il dispose donc d’un vaste répertoire de sanctions.

Il joue souvent de son carnet à souches pour impressionner ses enfants.

Quand Nestor lui apporte son cahier de textes,

Il sort son calepin pour prendre des notes d’un air sévère.

Quand la sœur de Nestor lui tend son classeur, il consigne ses impressions sur un grand registre.

Le papa de Nestor à un agenda de ministre.

Mais pour lui, l’éducation des enfants est un dossier épineux.

Dans le grand livre de la vie, il écrit ce chapitre avec soin.

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