Un accident bête!

J’ai eu une panne d’oreiller. Je n’ai pas eu de chance, ça s’est passé dans la dernière ligne droite. Pourtant, j’ai entendu clairement le speaker annoncer des nuages au-dessus du golfe de Gascogne. Il avait l’air d’en être désolé. 

A ce moment précis, je me souviens avoir décollé l’une de mes paupières. Le speaker est resté discret sur le sujet, mais moi j’ai bien vu qu’il était six heures trente. Dans un mouvement réflexe bien compréhensible, j’ai grogné en enfonçant ma tête dans l’oreiller. Je sentais cependant un sentiment de culpabilisation m’envahir. Comme un frisson insidieux qui parcourait mon échine dorsale de haut en bas. C’est très inconfortable, vous savez ! 

Vaincu par le sens du devoir, j’ai sorti un de mes bras des couvertures pour l’étirer vers le haut, ça m’a fait du bien. A cet instant, j’étais certain que j’étais sur la bonne voie. J’allais m’en sortir, si vous voyez ce que je veux dire. Je crois que j’ai même baillé à m’en décroché les mâchoires, ce qui est en général un signe qui ne trompe pas. 

Et puis, j’ai senti soudain l’intensité de la fraîcheur matinale sur ma peau nue. Par un geste maladroit, j’ai alors tiré les couvertures jusque sous mon menton. Vous voyez le tableau. Pourtant la situation n’était pas encore désespérée : en me retournant j’avais allumé la lampe de chevet qui semblait m’appeler à mon devoir d’un air sévère. 

J’étais prêt. En essayant de localiser la position de mes pantoufles auprès de mon lit, je m’aperçus qu’il était déjà six heures trente cinq. Tant que le nombre des minutes reste dans la trentaine, je ne m’affole jamais : ça me parait raisonnable.

Mais là, se situe un épisode crucial de l’histoire. J’entreprenais comme d’habitude la souple roulade qui devait me projeter en dehors du lit quand je ressentis comme une légère fatigue dans la tête. Comme un espèce de poids entre les omoplates qui me rejeta violemment en arrière. 

Je me suis bagarré, je vous prie de me croire. Je ne suis pas du genre à m’écouter comme certains ! J’ai vraiment essayé de ne pas me laisser impressionner par cette force mystérieuse qui m’appelait à rester allongé. 

Peine perdue ! J’ai été soudain confronté à un immense trou. Un trou noir comme vous n’avez pas idée. Lorsque j’en suis sorti, particulièrement éprouvé comme vous pouvez le penser, mon regard épouvanté s’est porté sur mon radioréveil. 

Eh bien, vous n’allez pas me croire, Monsieur le Directeur, il était déjà neuf heures quinze ! 

 

Une Réponse à “Un accident bête!”

  1. kreko dit :

    joli texte.peux tu jeter un coup d’oeil sur les miens,pour me dire,ce que vous pensez.merci d’avance!!!

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