Archive pour le 5 octobre, 2010

Le petit homme jaune.

5 octobre, 2010

Le petit homme jaune à la calvitie précoce court dans tous les sens. Il a l’air furieux et il ne cesse de siffler. C’est curieux : chaque fois qu’il se fâche, il se met à siffler. Le petit homme jaune est-il malade ? Quand mon père se mettait en colère, ça bardait mais ça ne sifflait pas ! Le petit homme jaune est entouré de deux acolytes, en jaune aussi. Ils me dévisagent d’un air soucieux. Je n’ai pourtant pas dépassé les limites de vitesse. Et puis même si j’étais en faute, je ne comprends pas pourquoi les forces de l’ordre sont désormais vêtues de jaune canari. 

Il y a ce rugissement ininterrompu qui va et vient comme les flots de l’océan pendant les tempêtes de novembre. Je ne comprends rien : l’Atlantique n’a pas pu s’avancer jusqu’à Toulouse ! Ou alors il y a un tsunami en cours. C’est comme à
la SNCF, on n’est jamais informé convenablement !

J’ai mal partout. Il y a longtemps que je n’ai pas connu une douleur aussi intense.

Le petit homme jaune fait des signes incompréhensibles en écarquillant ses yeux bleus et en soulevant ses deux poings fermés comme s’il soulevait quelque chose de lourd. Pourquoi ne parle-t-il pas ? S’il veut quelque chose, il pourrait me le demander d’abord ! Ce serait courtois.

Soudain, j’aperçois Hernandez. Lui non plus n’est pas content. Mais la colère est une seconde nature chez Hernandez. Il dit qu’on m’a assassiné. J’en déduis que je suis mort. Mais comment puis-je avoir trépassé puisque je vois Hernandez en furie ? A moins qu’il soit décédé lui aussi. Dans ce cas, le Tout-Puissant aurait pu m’épargner sa compagnie. Et puis, cette situation n’est pas très nette. J’aimerais quand même bien savoir si je suis vivant ou mort. C’est la moindre des choses !

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