Archive pour août, 2010

Le Commissaire Arien se mouille!

11 août, 2010

Le Commissaire Arien n’est pas du genre à se noyer dans un verre d’eau.

Pour encourager ses adjoints, il proclame souvent : « Ca baigne ! ».

Dans l’affaire qu’il traite aujourd’hui, la solution coule de source.

Tous ces holdups en cascade portent la même signature.

Cette fois, Prosper Arien sera  terrible : il ne mettra pas d’eau dans son vin.

Il ne restera pas en carafe.

Même si l’homme implore sa mansuétude, il le fera plonger en lui répondant :

« Compte dessus et bois de l’eau fraîche ! ».

Le voleur ira arroser ses géraniums derrière les barreaux !

Et le Commissaire Arien sera submergé par un torrent de félicitations.

Vol d’un objet helvétique

10 août, 2010

Julien Lemasson n’avait pas choisi l’enseignement. Il n’avait d’ailleurs pas choisi grand-chose dans sa vie, se laissant porter par les vagues successives de ses rencontres hasardeuses.

La grande roulette de l’existence avait décidé pour lui qu’il serait prof de maths. Son destin aurait pu être celui d’un dresseur de castors ou danseur de flamenco, on avait l’impression que l’homme eut été le même. Il allait être prof de maths et pour pimenter le tout, prof de maths dans le collège d’une banlieue réputée pour être propice aux incendies spontanés des voitures de ses habitants malchanceux.

Lorsqu’il fut affecté au Lycée Jules Vallès dans la couronne parisienne, sa seule précaution fut d’acheter un vélo. D’occasion. En tant que dernier venu, il allait hériter de la cinquième B. Avec un haut sens de la confraternité, les profs s’étaient entendus pour parquer les élèves les plus agités dans cette classe et la confier au nouvel arrivant, comme il se doit, c’est-à-dire à l’enseignant le moins expérimenté.

Le premier jour, Julien Lemasson fut reçu par Marcel Dulac, l’énergique principal de l’établissement. Marcel Dulac était un petit homme aux épaules voûtées, à la barbiche en pointe, sans cesse agité de tics et de tremblements. Son collège était célèbre d’une part pour l’excellent apprentissage du combat à mains nues qu’il procurait à ses élèves et d’autre part pour l’absence totale de chance pour la plupart d’entre eux de décrocher le brevet, encore moins une place en lycée général. La difficulté de son poste, doublé d’un léger retard dans son avancement professionnel, avait creusé sur le visage émacié de Monsieur Dulac les rides de l’amertume et les stigmates de l’aigreur.

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Aux armes!

9 août, 2010

Jean est le fer de lance de l’équipe des Crocodiles.

Aujourd’hui, il rencontre le team des Eléphants dont Marcel est le meilleur artilleur.

Il pleut des hallebardes sur le terrain.

La partie commence à fleurets mouchetés.

Mais les deux hommes sont à couteaux tirés.

Jean entame la seconde mi-temps la fleur au fusil.

Mais Marcel connait le défaut de sa cuirasse.

A la 80ème minute, il étale Jean d’un coup de coude reçu de plein fouet.

Le geste suscite une levée de boucliers dans le public.

Dans l’équipe de Jean, la fronde se lève contre Marcel.

Marcel  et Jean devront s’armer de patience avant de sortir de l’hôpital !

 

Entrevue salariale

8 août, 2010

 -          Vous plaisantez, mon cher ? 

Au prix d’un effort douloureux, Bertrand Mouton-Delatour vient de  redresser ses cent dix kilos sur son fauteuil de cuir. Il passe une main inquiète sur son crâne glabre tout en rajustant ses lunettes à fortes montures.  Il a en face de lui, Martin Bonnard, un manager hors pair. Plusieurs redressements d’entreprises en perdition à son actif. Un vrai magicien, capable de faire surgir des dividendes mirifiques là où ne poussaient que déficits abyssaux et endettements interminables. 

Martin Bonnard a sollicité un rendez-vous depuis plus de trois mois dans l’antre de Mouton-Delatour. C’est que cet homme ne se laisse pas déranger facilement. Bertrand Mouton-Delatour a hérité de l’empire de son père et de son beau-père : de l’acier lorrain au tourisme de luxe, il n’y a plus un secteur de l’économie française qui échappe à sa toute puissance. Bien entendu, il a ses entrées à l’Elysée et, certains le prétendent, un bureau à sa disposition auprès de qui-vous-savez. 

-          Le président va être furieux ! 

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Rigolades villageoises

7 août, 2010

Au village, on s’amuse

Jean plante un clou qui se déforme sous les coups : il utilise un marteau tordant !

Derrière lui, un sale gosse se gausse !

Le chinois de la commune se rend chez le chirurgien esthétique qui le déride.

Tandis que sa femme, assise sur un pouf, pouffe.

Le boucher montre sa marchandise à la cliente : il tient ses côtes.

La cliente décide de s’en payer une tranche !

Sur la mare, la cane ricane

Et le canard se marre.

L’arboriculteur vient de fendre une de ses pêches

Et la tend au dindon qui glousse de remerciements.

Au loin, la mère Georgette s’occupe de son linge : elle le plie en deux.

Jules regarde sa maison avec l’air soucieux : son toit se gondole !

Deux amis en vacances

6 août, 2010

Pendant  leurs congés d’été, l’utile se joignait à l’agréable pour un séjour à la campagne.

Ils séjournaient chez la fermière avec l’argent du beurre.

Ils participaient aux moissons pendant lesquelles ils séparaient le bon grain de l’ivraie.

Ils portaient souvent un chou à la chèvre qui paissait dans le pré.

A table,  les deux amis coupaient souvent leur poire en deux.

En n’oubliant pas de boire le vin quand il était tiré.

Au dessert, ils se prenaient en photo : en noir et blanc.

Puis ils piochaient dans la corbeille à fruits : tantôt une figue, tantôt un raisin.

L’hiver, ils voyageaient, allant de Charybde en Scylla.

Ils savaient qu’on  ne peut pas être et avoir été.

Encore une « affaire » !

5 août, 2010

Le jugement doit avoir lieu, ce sera le jugement dernier. Voilà trop longtemps que l’affaire devrait être dans le grand sac des choses jugées. Assez d’intentions ! Un procès ! Les deux parties sont revenues ! Les avocats sont mûrs ! Le dossier n’est plus suspendu ! 

Au jour dit le Tribunal siège enfin. Les murs du Palais ont fait leur toilette de printemps. Le plaignant expose ses doléances. Il est à la barre : fixe et droit comme un I. D’une voix monocorde, il est entré dans le ring. 

Son visage et son cou sont rouges de courroux. Selon lui, le prévenu ne vaut pas la moitié d’un homme. C’est un être qui ne manque pas de charme, mais il l’a honteusement manœuvré, lui un manœuvre. Il l’a appâté en lui offrant une vieille croûte. Puis, il lui a assuré que pour une bouchée de pain, il pouvait acquérir des œuvres de grands maîtres inconnus mais talentueux : Renard et Corbot. Leurs tableaux leur vaudraient un jour les honneurs des spécialistes. 

Dans un grand mouvement de manche, Maître Poisson, le défenseur de l’accusé, pioche dans son dossier et en appelle au bon sens du Tribunal. Son client n’est pas un fournisseur malhonnête. Il sort de l’école des Beaux-Arts. 

« Culinaires ..», ajoute perfidement Maître Laxent, son confrère et adversaire. « Justement ! C’est un homme de goût ! », répond l’avocat de la défense. 

Renard et Corbot sont des peintres du dix-septième. « Arrondissement ! », souffle le conseil du plaignant  astucieusement.

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Dans la forêt lointaine

4 août, 2010

Max n’a pas de boulot.

Le temps passe : il retire une à une les feuilles de son calendrier.

Pourtant il s’occupe : il a décidé de reconstituer son arbre généalogique.

Aujourd’hui, il va prendre mal à la racine.

Il se remet aux études en suivant le tronc commun de la licence de droit.

Il rencontre Marc à la fac : salut, vieille branche !

Mais Marc n’est pas du bois dont on fait les héros.

Il se prend une bûche aux examens !

Pour lui, sa reconversion professionnelle sent le sapin !

Max se retrouve seul, mais pas pleureur !

 

Les bonnes résolutions de rentrée

3 août, 2010

 Quinze septembre. En ce dimanche après-midi, il fait encore doux, mais on sent déjà qu’il ne faut plus trop en demander aux services de la météo.  Jean s’installe dehors. Les meubles de jardin sont encombrés de feuilles mortes emportées par les premières bises de l’automne.  Jean va écrire sur son bloc les bonnes résolutions qu’il s’engagera à respecter pour la nouvelle année.

Cette fois, il s’agira de véritables décisions qui vont le  changer en profondeur, il l’a décidé ainsi. Jean en a assez de se jurer qu’il fera du sport  ou bien qu’il mangera bio pendant douze mois. Il faut être sérieux. D’abord, Jean ne fera plus semblant de consulter son portable à tout bout de champ en ayant l’air d’attendre des communications importantes. Voilà une décision originale qui fera date ! Fini la comédie ! Fini de programmer son mobile pour qu’il sonne en pleine réunion permettant ainsi à son propriétaire de se lever avec l’air empressé en s’excusant vaguement du regard auprès de l’assistance. Maurice, son voisin de bureau ne va pas en revenir. C’est un expert de la façon de s’éclipser lorsque la discussion risque de le mettre en difficultés professionnelles. 

Pendant qu’on est sur les affaires de bureau, Jean est déterminé à faire encore plus fort. Il note fébrilement cette nouvelle idée. Il ne coupera plus la parole à ses interlocuteurs, cette manie générale qui consiste à signifier à celui qui vous parle que ce qu’il tente de dire n’a aucune importance à coté de l’opinion que vous lui assénez ! Maurice va hurler : Jean ne se rend pas compte, il va au suicide ! Si on accorde de l’intérêt aux réflexions de tout le monde, où va-ton ?

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Toute la maison

2 août, 2010

Marie reçoit ses amis pour une discussion de salon.

Louise adore la musique de chambre.

Claudine disserte sur la vie : elle pense que l’ascenseur social est bloqué.

Elvis parle du dernier livre qu’il a lu : c’est un vrai rat de bibliothèque.

Jérémy se plaint souvent d’être mis au placard par son patron.

Gérard va rentrer au séminaire : mais il parle un latin de cuisine.

Amandine est allée à un entretien d’embauche, elle a du faire antichambre pendant deux heures !

Julie affirme que, selon des bruits de couloir, ce serait bientôt la fin du monde !

Soudain on entend un cri puis un vacarme épouvantable : c’est encore Paul qui vient de se prendre les pieds dans le tapis de la salle de bains !

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