Mes trois jours

Le curé psalmodie. Au lieu de suivre la messe, j’ai l’esprit qui vagabonde. Je m’attache aux détails : un enfant de chœur qui baille, la tante Marthe qui bavarde derrière moi. Je jette un œil sur le coté : Marine a l’air, elle, concentrée. Elle est prise dans une merveilleuse robe blanche. J’ai un peu de vague à l’âme en me souvenant de son prix, mais je me sermonne : ce n’est quand même pas le moment de ressasser mes relevés bancaires. Je fixe mon attention  sur celle qui va être ma femme. Je crois que j’ai bien choisi : physiquement, elle est charmante, je dirais même troublante. Son regard sombre se pose paisiblement sur les êtres, doux, délicieux et parfois malicieux. Son visage, ouvert à la vie, respire le bonheur. Notre connivence a été évidente et immédiate. Nous nous comprenons bien, nous nous entendons merveilleusement. Par contre, je ne comprends pas très bien pourquoi l’Eglise tolère des robes aussi largement décolletées : celle qu’a choisie Marine est particulièrement sexy en dépit ou à cause de sa simplicité. Je me reprends, ce n’est peut-être pas le lieu d’avoir des pensées érotiques.

Le prêtre se tourne vers nous : c’est le moment d’échanger nos vœux. Il unit le troisième couple du week-end, une légère fatigue voile sa voix. Je n’ai jamais été très doué pour parler de sentiments, d’amour et d’éternité. Marine, non plus, d’ailleurs. Nous avons bataillé pour écrire quelque chose de particulièrement mièvre. Je récite mon texte avec beaucoup de peine dans le micro tendu par un enfant de chœur, qui me semble-t-il, me regarde ironiquement. J’espère que ce morceau de bravoure passera pour un moment attendrissant par sa maladresse même.

Vient le moment fatidique du passage des anneaux. La seule chose intéressante que j’ai retenue de la préparation, c’est le symbolisme de l’anneau qui n’a ni début, ni fin. C’est obsédant un truc sans commencement ni terminaison. Je n’avais jamais vraiment réfléchi à l’aspect éternel du cercle. Toute sortes idées me traversent l’esprit : le gag des anneaux oubliés par les témoins, par exemple. J’ai envie de rire. Mais Eric, mon témoin est là. Il sort, ravi, les anneaux de sa poche et les dépose sur le plateau d’argent. Il n’ y a même plus le moyen de s’amuser.

Dehors, il fait chaud. La lumière éblouit les invités en se reflétant durement sur le parvis de l’église. Je me suis crû astucieux en retenant la date du 14 juillet pour me marier parce que je pensais plus facile de ne pas oublier cet anniversaire. Je n’avais pas prévu un temps caniculaire. La fraîcheur de l’église était agréable. Mais, nous ne pouvons y passer la soirée.

Le photographe est là. Il n’a pas de temps à perdre et nous le fait savoir. Le ballet commence. Les mariés, avec les parents de la mariée. Puis les mariés avec les parents du marié. Puis avec les témoins, les oncles, les tantes, les copains ….. L’oncle Alexandre a du mal à suivre, il se retrouve deux fois de suite dans le groupe photographié. Il est éjecté sans ménagement par le photographe qui est le seul à s’y retrouver dans la cohue. Je me fais engueulé parce je ne souris pas assez. Je sais que je ne souris pas bien, j’essaie de faire des efforts. Plus j’en fais, plus ça va mal… Le photographe me dit qu’il vaut mieux arrêter les efforts….. Marine, elle, n’a pas ce souci. Elle sourit pour un oui, pour un non …. Ses yeux sourient en même temps. Ses pommettes rosissent. Elle est encore plus mignonne. Elle fait vraie.

Départ au restaurant pour passer la soirée. Vaste cafouillage. Le tonton Alexandre dit : « Bon, alors où on va maintenant ? ». J’avais pourtant essayé d’anticiper : le nom et l’adresse du restaurant étaient soigneusement mentionnés au dos du faire-part. Bien entendu, la plupart des invités ont oublié le faire-part. Je ne vais tout de même m’énerver aujourd’hui. Je fais un tour des groupes en distribuant des instructions précises. Je ne suis pas sûr d’être écouté. Tante Marthe se jette à mon cou en me disant qu’elle est heureuse pour moi. Les copains me donnent une grande bourrade : « Alors ! Ça y est, tu y es passé ! ». Je fais le maximum pour expliquer le chemin du restaurant tout en répondant d’un air poli aux félicitations et aux plaisanteries.

Tant pis pour ceux qui n’ont rien compris, je rejoins Marine dans la voiture nuptiale, soigneusement décorée de voiles et des roses blanches pour la circonstance. Le frère de la mariée donne du klaxon tout au long du chemin. Pour un type comme moi qui n’aime pas se faire remarquer en public, c’est très intéressant. Au passage, je croise le regard d’un brave homme attablé à une terrasse devant un ballon de rouge. Il me dévisage en secouant la tête d’un air navré.

Nous avons choisi la formule « buffet debout ». Tout le monde s’assied quand même. Je me demande comment tout ça va démarrer. J’ouvre le bal avec Marine dans un slow classique, D’ailleurs, je ne sais pas vraiment faire autre chose. J’ai longuement négocié pour qu’on commence par « White Shade of pale ». C’était ma seule exigence musicale : l’air me rappelle un lointain souvenir heureux. Les gens nous applaudissent : nous sommes mignons. Ça ne m’arrive pas souvent d’être catalogué « mignon ».  

Les plats succèdent aux plats. Les musiques aux musiques. Je me dévoue vaillamment pour faire danser les unes et les autres. Notre passage avec Tante Marthe dans un paso-doble endiablé est très remarqué. Marine va d’un groupe à l’autre. Elle à l’air heureuse, ça au moins ça me fait plaisir.

Eric, mon témoin, demande un moment de calme pour placer le discours qu’il a préparé. Je crains le pire. Il est capable de ne pas reculer devant quelques plaisanteries de corps de garde. Je me trompe : il est chaleureux, sympa. Quand il veut bien laisser de coté son cynisme légendaire, Eric est un type charmant, intelligent, cultivé.

L’oncle Alexandre a le teint empourpré, le visage en sueur. Il a tombé la veste, retroussé les manches et probablement desserré la ceinture depuis longtemps. Il réclame, à son tour, le silence pour entonner « Nuit de Chine, nuit d’amour »…. Tout le monde rit et applaudit… Moi aussi. Je ne me vois pas dire au tonton Alexandre qu’il devrait faire modérer son goût pour l’alcool.

L’inévitable pièce montée arrive dans des grands « Ah ! » arrive sur la table. Marine et moi-même procédons à la distribution. A vrai dire, je n’ai plus vraiment faim. Je fais un effort pour mordre dans un chou dont la crème m’écoeure un peu.

Deux heures du matin. C’est une heure décente pour arrêter les frais. Les enfants endimanchés se sont endormis sur les chaises. Le tonton Alexandre a commencé à distiller ses souvenirs d’Algérie. Les copains partent un par un, en disant qu’ils ont passé une bonne soirée. Marine a les yeux cernés. Je règle la note.

Nous revoilà dans la chambre du petit appartement que nous habitons depuis huit jours. Bien entendu, nous avons consommé notre nuit de noces depuis longtemps. Nous tombons de fatigue. J’ai l’impression d’avoir été le spectateur de la journée d’un autre que moi-même. Je me souviens qu’un copain m’a dit qu’un jour pareil, il vaut mieux ne pas réfléchir à ce qu’on fait. J’évite de raconter une ânerie pareille à ma femme, je ne pense pas que ça la ferait rire. Dans le lit, elle reste un instant dans mes bras en silence, c’est le premier moment de communion intense de ces dernières 24 heures. D’ici quelques temps, nous dirons que ce fut une belle journée.

Le premier jour  J’ouvre un œil. Trente secondes pour me remettre les idées là où elles doivent être. Plus aucun doute : je suis marié. La femme qui dort à coté de moi est la mienne. Elle est d’ailleurs charmante quand elle dort. J’exagère : quand elle ne dort pas aussi. Mais lorsqu’elle ferme les yeux, la courbe parfaite des ses paupières et de ses sourcils épousent l’image de deux grandes ailes de papillon posées sur une fleur des champs. De quoi rêver en se réveillant.

Elle bouge faiblement. Puis, elle sourit. Un instant d’infini entre nous. Et puis le retour aux réalités. Le problème du petit déjeuner se pose dans toute son acuité. Un lendemain de noces, je dois me dévouer. Direction, la cuisine. Depuis que nous vivons ensemble, ce n’est pas la première fois que je fais le café. Mais un problème me taraude l’esprit : « Est-ce que je ne suis pas en train de lui donner l’habitude d’être servie au lit chaque matin ? ». Pour aujourd’hui, je me dis que la question est mal séante. Je la range dans un coin de mon cerveau.

En dépit d’une certaine langueur physique due aux excès de la veille, je trouve le café, la confiture et le beurre. J’ai appris à faire marcher la cafetière après quelques échecs cuisants. Il faut dire qu’à la maison, c’est maman qui s’en occupait et puis je n’aurais jamais imaginé que les nouvelles cafetières puissent avoir autant de fonctions. Coup de chance : il reste un bouquet de fleurs de la journée d’hier. J’attrape un vase, y glisse une fleur et retour à la chambre. Elle sourit de nouveau, s’assied et remonte le drap sur sa poitrine nue :

- C’est gentil, dit-elle.

Il y aura un moment de charme et de doux plaisir, puis le lever définitif, enfin pour aujourd’hui. Il me revient à l’esprit que mes parents et les siens nous attendent au restaurant pour déjeuner :

- N’oublie pas que les parents nous attendent pour déjeuner, me lance-t-elle depuis la salle de bains.

- Oui, oui… ! 

C’est le même restaurant que la veille. D’ailleurs par commodité, tout le monde a couché ici puisque nous avions fait en sorte que l’établissement soit aussi un hôtel de qualité. Nos géniteurs respectifs sont déjà attablés quand nous arrivons. Mon père tente un bref commentaire à peine égrillard sur la raison qui a bien pu motiver une demi-heure de retard sur le rendez-vous prévu. Ma mère le pousse du coude discrètement. Les convives font semblant de ne pas avoir entendu.

La conversation s’engage mal. Nos parents ne sont pas de même milieu. Pauline est issue du milieu médical. Mon père est concessionnaire automobile. Ma mère est femme de concessionnaire automobile. Les sujets de préoccupation communs ne sont pas  priori très nombreux. Le père de Pauline tente courageusement une percée :

- Alors, ça marche en ce moment l’automobile ?… 

Mon père hésite sur le choix de l’angle d’attaque :

- L’occasion, ça va encore, les gens sont bien obligés de renouveler leurs épaves, mais le neuf… 

Les mères en viennent rapidement au seul sujet qui les intéressent parce qu’il les fait encore rêver un peu : le voyage de noces.

- Tout est prêt ? S’inquiètent-t-elles.

- Mais oui, maman, tout est prêt, répète Pauline. 

Nous avons opté pour huit jours à Cannes, largement financés par le papa de Pauline. Le départ est fixé le mercredi suivant, il faut que nous finissions d’emménager auparavant. Pauline aurait aimé partir à l’étranger. Il faut dire que son père a été plus que correct en nous offrant l’appartement plus le voyage de noces. Je m’imagine mal allant revendiquer deux billets d’avion pour Athènes.

Le reste du déjeuner passe en commentaires sur la cérémonie de la veille. La messe était très bien, parait-il. Le curé aussi : son sermon sur la fidélité a beaucoup plu. Je serais bien incapable d’en réciter le moindre mot, mais j’acquiesce en me disant que, de toutes façons, ce n’est pas après 24 heures de mariage que je peux argumenter sur le thème de la fidélité. Je m’inquiète de savoir, à tout hasard, si le tonton Alexandre est bien rentré chez lui. Ma mère me rassure.

Mon père finit le repas en beauté : il conseille mon beau-père sur l’achat de son prochain véhicule en lui laissant la carte de visite de son garage. Le beau-père remercie poliment : je ne suis pas sûr qu’il soit emballé. Mais les deux hommes se retrouvent sur un point commun en échangeant « un bon cigare ».

Retour à l’appartement. Pauline a le souci de répondre à tous ceux qui nous ont offert un cadeau. Il est vrai que la pièce qui doit être notre bureau commun est envahie de paquets à peine défaits. Nous nous mettons au travail. Je me creuse la tête pour glorifier l’arrivée dans mon logis de plusieurs poêles à frire, d’un lot de petites cuillers en argent, d’un presse-agrumes. Pour le nécessaire à raclette du cousin Paul, je suis dithyrambique : je lui fais savoir qu’il a fait des folies. Pour la cousine Berthe qui a cofinancé un lot de trois fourchettes avec sa fille et son gendre, Pauline a une hésitation. Devant sa carte blanche, elle mordille son stylo à bille avec une moue que j’aime bien :

- Qu’est-ce que je lui mets ? 

A la fin, un problème imprévu surgit :

- T’as des timbres ? 

Eh bien non ! Nous venons d’écrire une cinquantaine de cartes de remerciements et nous n’avons pas de quoi les poster. Et puis comme on est dimanche !…Pauline est déçue. Il est convenu que, dès potron-minet, j’irai chercher des timbres au tabac du coin en me levant le lendemain. Ce n’est pas encore demain que j’aurais le déjeuner au lit.

Le début de soirée est consacré à une ballade la main dans la main, le long des quais. Enfin un moment de paix, comme je les aime. La ville est presque désertée, l’air est clair et léger, le soleil se couche lentement derrière la cathédrale. Dans une lumière translucide, je regarde Pauline dans une petite robe d’été blanche, ses cheveux ondulés s’épandent harmonieusement sur ses épaules blanches et souples. C’est un miracle : j’essaie d’inscrire ce moment là dans le registre de ceux qu’il sera bon de revivre… plus tard.

Le second jour               Je n’ai toujours pas le courage de proposer qu’une alternance s’instaure entre nous dans la préparation du premier repas du jour. Nouvelle arrivée hésitante dans la cuisine. A peine réveillé, je réussis de nouveau un café convenable. Mais il n’y a plus de fleurs. La qualité du service va baisser d’un ton. Marine fait mine de ne pas s’en apercevoir quand j’apporte le plateau dans la chambre. Je me dis que je ferais mieux d’oublier les petits déjeuners préparés amoureusement par ma mère.

Seconde corvée du matin, il faut que je sorte pour poster le courrier que nous avons produit la veille. La journée sera belle, mais il fait encore un peu frais. Il y a simplement trois mois, j’aurais passé toute la matinée au lit en rêvassant. Ce matin, en plein été, je frissonne un peu.

Le vide du frigo nous pousse à une grande décision : l’expédition à l’hypermarché s’avère de rigueur. L’affluence est faible, Marine le constate : « Les gens sont partis ». Je traduis mentalement : « Les gens sont partis s’entasser dans d’autres lieux de vacances ».

En plein mois de juillet, les fournitures scolaires ont déjà envahi les rayons. Quelques mères de famille sont là, listes à la main pour « éviter les bousculades de la rentrée ».

Je me concentre sur nos problèmes ménagers. J’essaie de me souvenir si nous avons encore du produit pour la vaisselle, Marine, qui a une mémoire infaillible, dit que oui. Par contre, elle me demande d’attraper le papier toilette. Je réussis un saut de basketteur pour happer un paquet de rouleaux roses perché au sommet d’un rayon. Je suis ma femme, tout en poussant le chariot. Je tombe toujours sur un caddie dont les roulettes grincent. Nous passons des légumes à la poissonnerie, sans oublier la boulangerie et le coin des yaourts. Je suis sidéré par l’imagination des industriels du lait : quinze mètres de yaourts multi couleurs s’étalent devant les clients Comme d’habitude, Marine sait très précisément ce qu’elle veut. J’admire. Moi, j’ai toujours fait les courses au feeling. A la caisse, comme tous les hommes, je choisissais toujours la caissière la plus mignonne. Aujourd’hui, il faut revenir à un peu plus de rationalité. Marine choisit la queue la plus courte. La caissière n’a pas vraiment le profil qui me convient, mais je feins l’indifférence.

Depuis deux jours, je cultive un certain détachement, mais je ne me cache pas que je suis troublé et probablement ému par les promesses de cette vie nouvelle qui s’est ouverte devant nous. Je viens de lier le reste de mon existence à celle d’une femme, j’ai du mal à me concentrer sur ce caddie qui grince péniblement sur un parking de grand magasin. Les hommes sont plus sentimentaux que les femmes, j’en suis convaincu. Au retour de nos courses, je me demande si mes préoccupations romanesques sont bien d’actualité. Le frigo est trop petit ! La salade prend trop de place. Marine dit qu’il faut organiser le repas de midi pour manger ce qui ne tient pas dans le frigo. Elle se met immédiatement à trier la salade, responsable directe du problème.

Le déjeuner permet de régler momentanément le lancinant sujet du rangement de vos victuailles. Mais nous en tirons une grande conclusion pour l’avenir de notre vie commune : il faudra faire nos achats de nourriture plus souvent, en plus petite quantité. Je pourrais, par exemple, acheter le dîner du soir en revenant du bureau à la supérette de quartier.

Je regarde ma femme. Elle est très sérieuse en s’affairant dans les problèmes ménagers. Moi, j’ai du mal à faire un rapprochement efficace entre mon engagement amoureux et la question du dimensionnement du frigo.

J’essaie de l’attirer un instant contre moi. J’ai besoin de retrouver la sensation de nos premiers émois. Elle se dégage souplement et gentiment :

- On a du boulot !!… 

Eh oui ! Nous avons du pain sur le plancher. J’ai oublié qu’une nouvelle épreuve nous attend. Il faut acheter une bibliothèque pour ranger nos caisses de bouquins qui traînent, à même le sol, dans la salle à manger.

L’après-midi nous surprend donc dans les allées de Conforama. Jeunes mariés, il n’est pas envisageable de nous ruiner en meubles. Il va falloir faire modeste et efficace. De simples rayonnages nous suffirons. Dans ces conditions, le choix est relativement vite fait. Le plus compliqué est de trouver un vendeur qui veuille bien prendre en compte notre commande. En bon contrôleur de gestion, j’apprécie la politique de maîtrise des coûts salariaux du magasin.

Evidemment nous emportons nos rayonnages en petits morceaux, trop grands pour rentrer complètement dans la voiture, trop longs pour prendre l’ascenseur de l’immeuble. Lorsque j’arrive avec eux dans la salle à manger, je suis en nage, épuisé…  Une pensée fugace me traverse les sens : « Et l’amour là-dedans ? ».

Vers 21 heures, l’essentiel est fait. La bibliothèque est montée, je reste avec quelques vis supplémentaires sur les bras par rapport aux indications de la notice. Mais j’ai connu pire, toutes les pièces du puzzle ont trouvé un emplacement vraisemblable. Marine regarde l’ensemble. Elle est ravie : j’en profite pour réclamer ma promenade du soir « en amoureux ».

Il fait encore bon ce soir le long du fleuve. Les passants sont rares. Au milieu du pont, je la prends dans mes bras. Je la serre avec beaucoup de tendresse et cache mon visage dans la tiédeur de son cou. Je savoure un instant d’enchantement. Je l’entends murmurer :

- Ca va ?…

Le troisième jour 

Je me réveille en sursaut. Marine est debout devant moi, souriante. Le plateau du petit déjeuner entre les mains, orné d’une fleur fraîche.

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